Réorganisation familiale des Godié de Côte d’Ivoire
Chez les Godié, le "lolokpa" (clan) désigne l'ensemble des personnes qui se réclament du même ancêtre et qui ont souvent le même interdit alimentaire.
Le « go » désigne à la fois le lignage et l’emplacement qu’il occupe au sein du village; son chef, le « göba », s’occupe de l’organisation intérieure du « go », de la gestion des biens communs et de leur répartition; il rend la justice et contrôle l’éducation des enfants.
A l’intérieur du « go », vivent plusieurs « butu » ou ménage étendu, dont le chef est le « bubuta », chefs de famille marié à une ou plusieurs femmes, avec sa parenté.
Les Godié constituent une société patrilinéaire. Autrefois la filiation était assurée par les femmes mais une légende raconte qu’une femme trompa son mari en lui faisant enfreindre un interdit alimentaire et que depuis ce temps les hommes ne font plus confiance aux femmes. Cependant la femme conserve une grande importance dans cette société où l’homme reste toujours en étroite relation avec le lignage de sa mère.
Le vocabulaire de la parenté consanguine, utérine, et par alliance, est très riche et précis chez les Godié.
Actuellement l’institution de la dot qui est très forte en pays godié (90.000 à 120.000 F CFA), est en butte à l’hostilité des jeunes hommes. D’autre part, les femmes refusant souvent de se fixer pour longtemps dans le « go » de leur mari, leur famille a souvent du mal à rembourser les fortes sommes touchées pour la dot. La polygamie est largement pratiquée en pays godié.
Les femmes sont un facteur de richesse et de prestige, par leur travail propre et par les enfants qu’elles mettent au monde. Elle est cependant en repression, en raison du montant de la dot et de l’exode rural.
Chez les Godié, persiste l’institution des « zokpa », sorte de classes d’âge, qui réunissent les personnes nées dans la même année. Les jeux guerriers entre « zokpa » d’un même village ou de villages différents sont très fréquents et représentent les plus grandes distractions du village.
Cahiers d’études africaines, 1967, VII, n° 27, pp. 399-433.
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