Blalè, résistant baoulé à la colonisation française
L'histoire méconnue des résistants baoulé à la colonisation française avec Blalè, chef des N'Gban, exécuté en prison à Toumodi, en juillet 1902.
Blalè. L’évocation de son seul surnom faisait trembler toute une garnison de militaires français, installés à Toumodi. Entre 1898 et 1901, il faisait partie des « rebelles » à capturer, mort ou vif. Blalè signifie en Baoulé: le fer. Blalè était le nom de guerre d’Akafou, qui durant trois ans, a pris la tête de la résistance baoulé entre Didiévi, Toumodi et Tiassalé.
Blalè chef des N’Gban
Blalè était en effet, le chef des N’Gban et ne supportait pas la tentative de déstructuration du royaume baoulé, entreprise par le gouverneur colonial Henri Roberdeau. La politique de ce dernier constituait à désagréger les « n’vlé » (petits royaumes placés sous l’autorité du grand royaume baoulé dont le siège était à Walèbo – Sakassou), pour les remplacer par des tribus, à la tête desquels il plaçait des obligés.
Blalè qui doit son surnom à son invulnérabilité aux lances et coupe-coupes de l’époque, avait pris la tête d’une armée de guerilleros baoulé, issus majoritairement des N’Gban, des N’Zikpkli (Didiévi), des Agba-Katchènou (Bocanda), etc.
Blalè inspire la résistance des Nananfouè de Yamoussoukro
Peu avant sa capture en 1902, à l’issue d’un guet-apens, son combat avait inspiré la résistance des Nananfouè de Yamoussoukro, qui, entre 1902 et 1911, réussirent à plusieurs reprises à assiéger le poste militaire d’Aman Salèkro. Plusieurs capitaines français furent humiliés et défaits par des résistants nanafouè qui combattaient à armes inégales. Ce n’est que le 1er février 1911, que la colonne Bergeron réussit à mater la résistance nanafouè, après une vaste offensive menée durant deux semaines.
Blalè fut exécuté en prison à Toumodi, en juillet 1902, peu après son arrestation, sur ordre du capitaine Bastard, un officier colon réputé sanguinaire.
Suite demain de « L’histoire méconnue des résistants baoulé à la colonisation française », avec le chef de guerre Kuamé Djè.
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