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Bars et night clubs abidjanais: Voici la vie des serveuses Jack Louamy [ 4/8/2008 ]
De plus en plus de jeunes filles s'adonnent au métier de serveuse ou hôtesse de bars climatisés dans la capitale économique ivoirienne, faute d'emploi. Un monde où drogue, alcool, et sexe règnent en maître absolu. Incursion dans cette sphère bouillante de la nuit.
Ce n'est désormais un secret pour personne. Obtenir un job en Côte d'Ivoire relève du miracle, tant le marché de l'emploi se fait rare. Pour ne pas rester oisif donc, certains jeunes ivoiriens se lancent dans des activités autrefois jugées avilissantes. Chez les jeunes filles, c'est la ruée vers les maquis, bars, et autres boites de nuit. C'est justement dans cet univers que nous avons décidé de jeter un regard critique cette semaine.
Elles sont jeunes et belles. Très sexy et le plus souvent en uniforme, ces serveuses ou hôtesses de bars commencent leur travail aux environs de 16heures, pour ne rentrer chez elles qu'après 6heures le lendemain matin. Toute la nuit, leur travail consistera à servir les clients, parfois capricieux, et même à leur tenir compagnie si ces derniers le désir. Alors s'en suit une série de drague et de tripotage. La serveuse devient comme un objet à la merci du client. D'ailleurs, que peut elle bien faire ? Elle écoute religieusement son homme d'un soir, et se laisse aller à ses désirs.
Certains férus de la nuit qui déferlent sur Abidjan n'hésitent pas parfois à faire des propositions indécentes à ces serveuses. « Je me souviens qu'un soir, un benguiste (Ndlr : quelqu'un qui vit en Europe) qui venait d'arriver, m'a dit de le rejoindre à son hôtel après avoir ingurgité plusieurs verres d'alcool. Il a remis une importante somme d'argent au manager de la boite, et m'a promis que je serai bien récompensée si je suis gentille », confie une jeune fille travaillant dans un night club en zone 4. A la question de savoir si elle cédé à cette proposition, Virginie, notre interlocutrice, joue les timide, et préfère ne rien pas en dire plus.
A l'instar de cette jeune fille, de nombreuses serveuses se livrent à ce nouveau type de prostitution et ce, avec ou sans la caution de leurs patrons. Marina, une autre serveuse officiant dans un bar à Yopougon-Niangon, ne nie pas le fait qu'elle couche avec certains de ces clients. « Cela me permet d'arrondir mes fin de mois », affirme t elle, avant de nous expliquer dans les détails sa méthode de "travail". Pour ne pas paraître grossier, nous préférons faire l'économie des propos qu'a tenu cette jeune fille qui visiblement, n'a pas froid aux yeux.
Le travail de la nuit pour ces serveuses, semble bien rémunéré. Certains établissements payent entre 3000F et 5000F par jour. D'autres plus. Ajouter à cela les pourboires et autres faveurs des clients, elles s'en tirent avec un beau pactole. « Quand je fais mes comptes, je peux me retrouver à la fin du mois avec en moyenne 150 000Fcfa. Je suis gagne donc plus que certains agents de l'administration ivoirienne », révèle Tania, hôtesse dans un night club hyper branché dans la commune de Cocody.
A l'aube, lorsque les derniers clients ont quitté le bar et qu'il n'y a plus rien à faire, certaines serveuses prennent la direction de leur domicile. D'autres par contre empruntent le chemin d'un restaurant africain, pour se régaler du bon placali de 6h du matin, ou d'un délicieux plat d'attiéké. La fatigue accumulée la veille se lit encore sur leur petit visage. Après le repas, elles vont regagner elles aussi leur maison, et passer toute la journée à dormir afin de récupérer, et être disponible le soir venu.
Comme on le voit, la vie de serveuse de bar n'est pas une chose aisée. Elles travaillent toute la nuit, souvent au risque de leur vie, et ne rentrent que le matin, au moment où les autres s'apprêtent à vaquer à leurs occupations quotidiennes. Une vie tumultueuse qu'elles acceptent néanmoins de braver, pour faire face à leurs besoins, ainsi qu'à ceux de leur famille.
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