
Il y a deux ans on voulait assassiner la paix
Il y a exactement deux ans jour pour jour, un avion de type Fokker 100, transportant le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro et une cinquantaine de personnes a été pris pour cible par des terroristes tapis dans les herbes de l'aéroport de Bouaké. Bilan, 4 morts et plusieurs blessés. Devoir de mémoire sur ce jour où tout a failli basculer en Côte d'Ivoire…
Les cas Juvénal Habyarimana ou des avions pris pour cible par des bandits, les Ivoiriens ont toujours regardé ces histoires de loin par le canal des films Hollywoodiens ou des médias internationaux.
La forte délégation de personnes civiles et militaires qui attendaient Guillaume Soro à l'aéroport de Bouaké ainsi que les passagers du Fokker 100 étaient loin d'imaginer qu'ils vivraient en direct et grandeur nature un scenario digne du grand réalisateur Steven Spielberg.
Quand il se pose sur le tarmac aux environs de 10 heures, le Fokker 100 est salué par des éclats d'obus et des rafales de mitraillettes. Bilan : les deux protocoles, Chérif et Doumbia, le Chef de Sécurité du Chef de gouvernement, Ouattara Drissa et son compagnon Diomandé Siaka passent de vie à trépas. De nombreux blessés dont le caméraman Cissé Lassina dit Palenfo et Alain Lobognon qui malgré sa blessure prenait les dispositions pour l'évacuation des blessés.
On ne répétera jamais assez le sang froid avec lequel l'équipage de l'avion a géré cette situation. C'est aussi le lieu de saluer la bravoure de ceux qui ont pu ouvrir leurs hublots pour dissiper l'immense fumée occasionnée par les éclats d'obus.
Je vois encore les chrétiens et musulmans présents dans l'avion invoquer à l'unisson le Créateur Suprême. C'était beau, cette synchronie.
Nous dédions ces quelques lignes à la mémoire des personnes décédées à cette occasion. Et c'est aussi le lieu de rappeler aux Forces Nouvelles de l'impérieuse nécessité de conduire le processus de sortie de crise à son terme car c'est pour la paix que ceux-là ne sont plus de ce monde.
Le Premier ministre l'a compris, lui qui quelques instants après le drame a réaffirmé sa détermination à aller au bout de ses actions gouvernementales. Cette victoire n'est plus loin car tous les grands chantiers de l'APO ont été mis en place : réunification du pays et restauration de l'autorité de l'Etat, identification, questions militaires. Nous attendons la cerise sur le gâteau le 29 novembre prochain qui doit être un moment de fête pour les Ivoiriens.
C'est à ce prix là que nous auront vengé la mort de ceux qui ont péri ce 29 juin 2007.