
Retirer de l'argent en fin de mois : un calvaire pour les clients des banques à Abidjan
Devant les agences bancaires, les files d'attente font partie désormais du décor à partir du 25 de chaque mois, début des virements de salaires sur les comptes ouverts dans les différentes banques en Côte d'Ivoire.
En général les distributeurs automatiques de ces établissements tombent assez souvent en panne en cette période de retrait des salaires, a constaté APA à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.
A la fin du mois, les différents clients des banques ivoiriennes éprouvent d'énormes difficultés à débiter leur compte par le truchement des guichets automatiques ou distributeurs automatiques de billets (DAB).
La souffrance commence d'abord dans la file d'attente devant l'agence bancaire.
« C'est toute une matinée perdue quand vous avez la chance sinon c'est une journée entière que vous perdez dans le rang en intégrant courageusement une queue de plus de 100 mètres, avant d'espérer faire une opération bancaire », a expliqué, amer, Jean Paul Gossan, enseignant dans un lycée d'Abidjan.
Manque d'argent ou panne technique réelle ? Bien malin qui répondrait à cette question.
Après des heures d'attente dans le rang, M. Gossan rentre enfin dans le grenier, et comme par hasard, l'écran de la machine affiche « hors service ».
Une autre machine se trouve dans la même cabine, M. Gossan reprend sa carte magnétique et l'introduit dans cette dernière qui affiche à son tour « pas de transaction ».
«Je ne comprend plus ce dysfonctionnement de la logistique. Cette mauvaise organisation a besoin d'être corrigée. S'il n'y a pas d'argent, il faut le dire tout simplement », a-t-il lancé, déçu, avec une fatigue qui se lit sur son visage.
A un jet de pierre de là, M. Karim Coulibaly se trouve dans l'agence d'une autre banque devant laquelle s'allonge une file de clients.
M. Coulibaly intègre « courageusement » la queue et le vigile l'informe par la suite que le distributeur est en dérangement, les autres ayant choisi d'aller à la caisse.
«Nous n'avons pu traiter votre transaction » affiche un autre DAB visité par M. Karim Coulibaly.
«C'est pratiquement une journée que je viens de perdre. Et rien ne prouve que demain ça ira. Il faut s'en remettre à Dieu le bienfaiteur », a-t-il ajouté en signe de consolation.
«Après plusieurs jours et d'anxiété on se demande si le virement a été fait ou pas », renchérit M'Bra Kouamé.
L'échec dans les DAB, oblige les clients qui pensaientn gagner du temps en s'abonnant à la carte magnétique à se rendre à la caisse. Mais là aussi ce n'est pas la fin de leur calvaire. C'est plutôt le début d'un autre chemin de croix.
Un nouveau langage commun aux institutions bancaires les accueille.
«Veuillez nous excuser, nous avons un problème informatique. Les machines sont plantées, patientez un instant, le temps que nos maintenanciers mettent tout en œuvre pour vous satisfaire ».
A 16 heures, l'heure de la fermeture des guichets, il n'y plus d'autres solutions que de repasser demain.
Voilà, le nouveau système de certaines banques ivoiriennes tant décrié par les clients.
Par Lassina SERME