
Prostitution à Abidjan: Voici les gos VCD et DVD
L'exercice à Abidjan du plus vieux métier du monde a enregistré depuis quelques années, l'entrée en scène d'une nouvelle race de prostituées. Il s'agit des gos VCD et des gos DVD. Enquête !
La prostitution a pris de l'ampleur en Côte d'Ivoire. Elle n'a cessé de se développer au cours de cette dernière décennie, colonisant plus récemment des territoires tels que l'Internet, ou cette activité est beaucoup plus discrète. Un rendez-vous bien ficelé, on fixe le prix de la passe, on échange les numéros de téléphone, et le tour est joué.
Autrefois, pratiquée par les « Sahos », femmes d'un certains âge, originaires de pays voisins, surtout anglophone, la prostitution est aujourd'hui l'affaire des ivoiriennes. Contrairement aux « Sahos » qui vivaient dans des quartiers précaires, et attendaient discrètement leurs clients le plus souvent habituels et fidélisés, devant la porte de leur "entré-couché", qui servait en même temps de chambre de passe, la nouvelle génération de prostituée va à la recherche de ses clients. Elles ont su s'imposer dans le milieu avec leur allure provocante, leur fraîcheur, et surtout leur audace. On les appelle communément les gos VCD pour certaines, et DVD pour d'autres. VCD qui signifie dans le jargon abidjanais, Ventre et Cul Dehors, est attribué aux prostituées qui laissent entrevoir à travers leur habillement, le pubis, le ventre, et une bonne partie du postérieur. Les gos VCD portent très souvent des chaînes aux reins. Quant à DVD qui signifie Dos et Ventre Dehors, il est attribué aux prostituées qui laissent découvrir leur dos, et dévoile une bonne partie de leur ventre par leur tenue vestimentaire. Les gos DVD portent généralement des tatouages au bas de l'épaule et/ou dans le bas du dos.
Leur concept : « choquer pour plaire ». Elles s'habillent donc en tenues très légères, qui laissent entrevoir les parties les plus intimes du corps. Des tenues très sexy à couper le souffle. Parfois même un soutien gorge assorti d'un pantalon taille basse, d'une petite culotte ou d'une mini jupe fait l'affaire.
Elles abordent leurs clients de jour comme de nuit, sans vergogne aucune. On les retrouve sur les trottoirs de la Bel-Air dans la commune de Yopougon, aux abords de l'hôtel Ivoire à Cocody, à certains carrefours en zone4, ou encore à la célèbre rue princesse, leur lieu de prédilection. De hauts lieux de prostitution où tous les vices sont au rendez-vous. Massées dans la pénombre la nuit tombée, elles n'hésitent pas à rivaliser de charme à la lumière des phares des voitures.
Si ce phénomène s'est amplifié dans notre pays, c'est surtout à cause de la crise économique, aggravée par ces huit (8), années de guerre. Sans emploi et sans soutien, collégiennes, lycéennes, ou mêmes étudiantes, ces filles, devant les difficultés familiales, ont choisi de vendre leur charme pour assurer la pitance quotidienne, subvenir aux charges de leurs frères et soeurs, et même de leurs parents.
D'autres par contre n'ont pas choisi ce métier. A de rares exceptions près, elles ont été contraintes d'une manière ou d'une autre. Certains individus véreux vont en effet chercher des adolescentes, ou même des mineures dans des villages, ou dans certaines villes de l'intérieur du pays, et leur promettre un travail de domestique à Abidjan. Ces pauvres filles, qui ont toujours rêvées d'aller à la capitale, sautent sur l'offre sans calculer. Une fois à Abidjan, ces proxénètes les contraignent à la prostitution.
DVD, ou VCD, ces nouvelles travailleuses du sexe ont pris le pavé. La nuit tombée, elles occupent les grandes artères de notre capitale économique. En plus des trottoirs et autres lieux habituels, on les retrouve aussi dans les maquis, restaurants, night-clubs, et aux abords des hôtels.
« çà fait deux (2) ans que je travaille ici », nous confie une jeune fille de 17ans environs, rencontrée devant un hôtel dans le quartier chic de Biétry. Sirotant un verre en compagnie d'une dizaine d'autres filles très charmante, notre interlocutrice ajoute que « lorsqu'un client arrive et qu'il a besoin d'une compagne pour la nuit, le gérant de l'hôtel nous conduit dans sa chambre, et là, le client fait son choix. » A la question de savoir combien elle perçoit après chaque ébat amoureux, Rokia nous explique ceci : « çà dépend. Quand il s'agit d'une simple passe, çà fait 5000Fcfa les week-end et jours fériés. Mais les jours ouvrables, je peux revoir ce tarif à la baisse parce qu'il n'y a pas une forte affluence ces jours là. Quand c'est toute la nuit, je prends 15 000Fcfa. »
« Il faut ajouter aussi qu'il y a des options. Certains clients par exemple veulent en plus nous sodomiser, ou demande qu'on leur fasse une fellation. Tout çà s'est payant. Chaque service ici est facturé. La fellation par exemple je la fais à 5000Fcfa. Quant à la sodomie, c'est 10 000Fcfa ou rien » renchérie Sonia, une autre jeune fille rencontré sur place. Habillée de façon provocante, elle nous fait une révélation assez grave : « Les prix que je viens de donner (plus haut) excepté celui de la fellation, sont les prix de rapports protégés. Mais il y a des clients qui veulent du live (Ndlr : rapport non protégé). Quand c'est sans capote, je prend 15 000Fcfa la passe, et 30 000Fcfa la nuit. » Sans commentaire !
Les temps sont durs, a-t-on coutume de dire. Cette situation d'indigence a engendré chez certaines jeunes filles, des comportements à risque. Et le pire, elles ignorent, sinon elles négligent les conséquences de leurs actes. Gagner de l'argent quelqu'en soi le prix, est le choix qu'ont fait ces gos VCD te DVD. Triste réalité !
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