|
La Charge Des Eléphants
1992 : Les Eléphants Retrouvent leur Défense
C'est à Ziguinchor (en Casamence) que les Ivoiriens débutent leur tournoi. Dans ce groupe (C) composé de trois équipes, ils sont
opposés à L'Algérie, tenante du titre, et au Congo dont c'est le grand retour depuis Accra en 1978. D'entrée la Côte d'Ivoire
annonce la couleur : trois buts à zéro face à l'Algérie. Abdoulaye Traoré, Youssouf Fofana, et Jöel Tiéhi sont les buteurs.
Qu'importe le nul qu'elle concède le 15 janvier face au Congo (0 - 0), car c'est une équipe soudée,à la défense de fer que la Zambie
retrouve en quarts de finale à Dakar le 20 janvier . Un petit but de l'ailier Sié Donald Olivier durant les prolongations envoient
Gadji Celi le capitaine et les siens en demi-finale où les attend le Cameroun, tombeur du Sénégal. Des Camerounais qui baignent
toujours dans l'euphorie de leur "Mondiale" réussi deux ans auparavant en Italie. Après avoir contenu les assauts des lions
Camerounais, grâce à Alain Gouamené qui stoppe un penalty d'Emmanuel Kundé, les Ivoiriens l'emportent à l'issue de l' épreuve des
tirs aux buts. Dans cet exercice, le portier Ivoirien sur un nuage, se montre particulièrement inspiré en bloquant les tentatives
de Omam Biyick, Cyril Makanaky ainsi que celle de son vis à vis Joseph Antoine Bell. En finale, les "Eléphants" retrouvent le Ghana,
une vieille connaissance. Cette fois, ils résistent aux assauts de leurs adversaires. Dans un match tendu, où l'absence pour
suspension de Abédi Pelé, se fait sentir, les Ivoiriens vont tenir jusqu'à l'épreuve des tirs aux buts, non s'en s'être procurer une
occasion en or par Tiéhi, en toute fin de rencontre. Et, c'est à l'issue d'un suspens insoutenable qu'ils vont finalement l'emporter
par onze tirs à dix! L'accueille réservé à Abidjan aux Traoré, Tiéhi, Sékana, Sam Abouo, Hobou Arsène, Magui, Ben Salah, Kassi
Kouadio, Aka Kouamé, Gouaméné, Otokoré, Sié Donald, Youssouf Fofana, et Yéo Martial est digne des joies qui ont suivi l'annonce des
indépendances. Ce Dimanche 26 janvier, ces "héros" ont remporté la coupe après la quelle le pays courait depuis 27 ans! Deux ans
après le sacre, les "Eléphants" remettent leur titre en jeu à Tunis. A leur tête, le Franco-Polonais Henrick Kasperczack a remplacé
Yéo Martial. Mais l'ossature de l'équipe est restée la même, avec ce pendant l'arrivée de quelques nouveaux, comme Guel Tchiressoua
et Michel Bassolé tous deux de l'ASEC mimosas (D1 Ivoirienne).
1994 : Encore Une Demi-Finale
Dans le Groupe C à Sousse, la Côte d'ivoire se retrouve en compagnie de la Zambie et de la Sierra Leone, dont c'est la première
participation en phase finale. Face au champion en titre, les inexpérimentés joueurs Sierra Léonais ne pèsent pas lourd. (4-0).
Tiéhi à trois reprises et Guel trompent l'infortuné Marah. La courte défaite devant à la Zambie de l'opportuniste Kenneth Malitoli
n'empêche pas les "Eléphants" d'accéder aux quarts de finale. Le 3 avril, au Stade Olympique de Sousse, les Ivoiriens retrouvent
leurs rivaux de toujours, le "Black Star" du Ghana. Décomplexés depuis la victoire de Dakar en 1992, ils ne laissent pas passer la
chance de disputer la cinquième demi-finale de leur histoire. Ce duel mené à un train d'enfer, reste l'un des plus beaux matchs de
l'histoire de la CAN. Tiéhi après avoir manqué un pénalty se reprend (30'). Alors qu'on se dirige vers les prolongations suite à
l'égalisation du Ghana par Charles Akunnor (78'), Abdoulaye Traoré d'une tête plongeante délivre son équipe (82'). Trois jours
après ce succès, les Ivoiriens affrontent les Nigérians, favoris de la compétition en demi-finale. Les "Aigles" à l'image de
Amokachi, Finidi, Oliseh et Yékini ont jusque là tout dévorer sur leur passage. Les hommes de Kasperczak n'en ont cure. D'entrée de
jeu ils bousculent les futurs mondialistes, et mènent à deux reprises par Michel Bassolé, avant que Bénédict Iroha, puis Rashidi
Yékini ne rétablissent l'équilibre. Les ivoiriens sont déstabilisés par les sorties sur blessures de Traoré et Tiéhi, leur deux
buteurs. Un malheur n'arrivant jamais seul, la séance des tirs aux but ne leur est pas favorable cette fois. Et c'est par quatre
tirs contre deux qu'ils s'inclinent. Pour la troisième place, le sélectionneur ivoirien fait tourner son effectif et permet à Koné
Adama, Ahmed Ouattara, et Sié Donald, de donner la victoire aux "Eléphants," devant la surprenante équipe du Mali et son stratège
Pathé Diallo.(3 - 1).
1996 : Les Eléphants piétinés
Le Kenya qui devait organiser la 20ème édition de la CAN se désiste au dernier moment. Et, c'est l'Afrique du Sud qui le remplace au
pied levé. Le pays a rompu avec la politique d'Apartheid. Et c'est donc naturellement qu'il réintègre la CAF dont il a été un des
membres fondateurs en 1957. Premier supporter des" Bafana Bafana" l'équipe nationale, Nelson Mandela alors Président de la
République, accueille les 16 équipes qualifiées:" ...Le sport a le pouvoir de guérir les blessures et d'unifier les nations....
Ce tournoi renforcera les liens que l'Afrique du Sud noue avec le reste du continent...." Le 14 janvier, la Côte d'Ivoire retrouve
le Ghana au Stade Boet Erasmus de Port Elisabeth. Cette fois les Ghanéens ne laissent aucune chance à leurs adversaires. Yéboah et
Abédi Pélé concrétisent la nette domination du "Black Star ". Une semaine plus tard, Les ivoiriens et Joël Tiéhi se reprennent face
aux Mozambique (1-0). Mais l'aventure tourne court. Le 25 janvier, les joueurs du français Pierre Pleimelding tombent sur une équipe
Tunisienne désireuse de se rattraper de ses déboires à domicile, lors de l'édition précédante. Le futur finaliste s'impose facilement
sur le score de trois buts à un. Ben Younès (2) et Ben Hassan marquent pour les "Aigles de Carthage," contre un but de Moussa
Traoré. La Côte d'Ivoire quitte la compétition sans brio. Deux ans après, les Ivoiriens sont présents au Burkina Faso, avec à
leur tête, un autre sélectionneur français, Robert Nouzaret.
1998 : Quel Gâchis !
Jamais peut être la Côte d'Ivoire n'a disposée d'une équipe aussi forte que celle qui prend part à la 21ème édition de la CAN. La
formation est équilibrée sur toutes ses lignes, et dispose de joueurs professionnels confirmés. Saliou Lassissi, Lassina Diabaté,
Cyril Domoraud, Ibrahima Bakayoko, Joël Tiéhi pour ne citer que ceux- là. Le 8 février, au stade de Bobo-Dioulasso dans le Groupe
C, elle remporte difficilement son premier match face à une étonnante équipe de Namibie (4-3). Tiéhi (2), Bakayoko et Diabaté
assurent le succès. Le choc face à l'Afrique du Sud tenante du titre qui a lieu le 11 février, se solde par un match nul (1-1).
Ahmed Ouattara répond dans les dernières minute à un pénalty de Helman Mkhalélé (7'). Cinq jours après, le joueurs de Nouzaret
assurent leur qualification en battant nettement l'Angola par cinq buts à deux. Guel (2), Tiéhi (2), et Bakayoko trompent tour à
tour Joao Mario, le portier des" Palancas Negras." La route des "Eléphants" s'arrête malheureusement le 21 février, à l'occasion des
quarts de finale qui les opposent aux "Pharaons" d'Egypte. Les Ivoiriens sont décevants et n'exploitent pas leur pouvoir offensif
considérable. Pire. A aucun moment de la rencontre, ils ne donnent l'impression de vouloir se qualifier. Et ce sont les Egyptiens
qui l'emportent finalement aux tirs au but.(5 à 4). Les "Eléphants" quittent le tournoi en laissant le public sur sa faim. En 2000,
à l'occasion de la CAN conjointement organisée par le Ghana et le Nigeria on attend d'eux une réhabilitation. Mais, perturbés par des
problèmes internes, les joueurs de Gbonke Tia Martin ne vont guère franchir le premier tour.
2000: Des Eléphants muselés.
La campagne de Accra commence par un demi-échec. Les Eléphants sont en effet accrochés par le Togo (1- 1). Ouadja Lantame égalise
pour les "Eperviers" Togolais après le penalty réussi par Guel. Le 28 janvier, c'est une sélection méconnaissable, qui est dominée
par le Cameroun de Mboma, Eto'o et Kalla (3- 0). Modèle de stabilité politique depuis son indépendance, le pays traverse la période
de turbulence la plus grave de son histoire. Et le comportement des joueurs déjà perturbés par l'éviction de Saliou Lassissi lors du
stage de préparation s'en ressent . Même le baroud d'honneur réussi face au Ghana (2 - 0) grâce à Bonaventure kalou et Sié Donald
ne change rien. Les esprits étaient ailleurs. De retour au pays, les joueurs sont internés dans un camp militaire, et "sermonnés"
par les autorités du pays.... Même Alain Gouaméné, géant parmi les géants et qui tirait sa révérence après sept CAN consécutive! Les
"Eléphants" continuent leur bout de chemin avec à leur tête, Lama Bamba, qui a réussi à intégrer au groupe déjà en place, de jeunes
talents comme Kader Keita, Zézéto, Dindane. L'équipe tourne et a repris sa marche en avant. Alors, attention, "Eléphant va
charger! "
Source africafoot.com
|