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La Charge Des Eléphants
1984 : Trop tendres, les Eléphants
Devant tout un peuple acquis à leur cause, les jeunes ivoiriens doués, à l'image de leur fer de lance Youssouf
Fofana tout juste 17 ans , vont craquer. Trop de pression sans doute sur leurs frêles épaules.
Youssouf Fofana
Pourtant tout commence bien, le 4 mars face au Togo, par une victoire sans appel (3 - 0). Tia Koffi, Youssouf Fofana et Michel
Goba, se chargent de concrétiser la nette domination des locaux.
Deux jours après ce succès qui a mis le pays en transe, les Eléphants et leur coach brésilien David Péreira Duque redescendent
sur terre face à l'Egypte de Abou Zeid, auteur des deux buts du succès des "Pharaons" (2 -1). Le 10 mars, pour le match du quitte
ou double, les jeunes ivoiriens affrontent les "lions Indomptables" du Cameroun. Ces derniers sortent d'une coupe du monde en
Espagne (1982) où ils ont tenu en échec l'Italie future championne du monde .Forts de cette expérience, les Camerounais par Milla
et Djonkep s'imposent assez facilement. Le pays tout entier plonge dans le désarrois. Mais, le président Félix Houphouet-Boigny,
tout en saluant la victoire de l'équipe Camerounaise, a ces mots pour les joueurs. "L'avenir vous appartient. Un jour vous
deviendrez des Eléphants."
En 1986, l'équipe de Côte d'Ivoire se qualifie sans peine pour la phase finale de la CAN qui se déroule pour la deuxième fois en
Egypte, après l'édition de 1974. Gadji Celi, Monguéhi Guéhi, Youssouf Fofana déjà présents en 1984, se sont affirmés. L'équipe
paraît mieux armée avec les renforts du jeune Abdoulaye Traoré de l'ASEC, ainsi que des professionnels Boris Diecket (Tours), Omar
Ben Salah (Avignon) et François Zahoui (Ascoli en Italie).
1986 : Les Eléphants sur le podium
Le 7 mars, au stade international du Caire, devant 22.000 spectateurs, les Ivoiriens réussissent leur entame de CAN en disposant
facilement de l' équipe du Mozambique par trois buts à zéro. Kouassi-Ndri en fin de rencontre parachève le festival de Abdoulaye
Traoré (2 buts). Deux jours après ce succès, les Ivoiriens ne peuvent rien face à la "furia" Egyptienne. Et, Zagoli Gbolie s'incline
à deux reprises devant Gharib (72') et Abdel Hamid (84'). Contre toute attente le 13 mars, la Côte d'Ivoire bat le Sénégal de Jules
Bocandé, qu'on annonçait comme un des favoris à la victoire finale. Après le pénalty manqué par Emile Gnaoré (62'), c'est Abdoulaye
Traoré, qui se charge à la 71èmeminute d'envoyer les siens en demi-finale. Le 17 mars, les joueurs du Franco-Argentin Pancho Gonzales,
qui est assisté de Yéo Martial retrouvent le Cameroun, à Alexandrie. Et, c'est sur un petit but de Roger Milla en début de deuxième
période qu'ils s'inclinent, non sans avoir donné des sueurs froides à Thomas Nkono, le gardien Camerounais et à sa défense. Pour la
troisième place, les "Eléphants" affrontent le Maroc des Dolmy, Bouderbala, Zaki, qui prépare sa Coupe du Monde mexicaine. Nullement
impressionnés, ils se défont des "Lions de l'Atlas" sur le score étriqué de trois buts à deux, grâce à Omar Ben Salah et Kassi Kouadio
Lucien "Diégo" (2 buts). Après 1965, et 1968 les "Eléphants" retrouvent la troisième marche du podium.
1988: Une formation sans âme
En Mars 1988, c'est le Maroc qui reçoit le gratin du football Africain. La Côte d'Ivoire se retrouve dans le groupe de Casablanca en
compagnie du Maroc, de l'Algérie et du Zaïre (RD.Congo). On attend beaucoup (trop sans doute) de la bande à Youssouf Fofana. On croit
les "Eléphants" capables de tout écraser sur leur passage. Mais, il n'en sera rien, et les joueurs entraîné par Yéo Martial vont faire
trois petites sorties, avant de rentrer au bercail . Deux matchs nuls (1 - 1) face à l'Algérie de Belloumi, puis au R.D.Congo de Kabongo,
vont permettre à Abdoulaye Traoré de confirmer ses talents de buteurs. Avec deux réalisations à son compteur, "Ben Badi" termine
meilleur buteur du tournoi, à égalité avec le Camerounais Roger Milla. Quant à la troisième rencontre vierge de but, face au Maroc, elle
est insipide, malgré les raids de Youssouf Fofana, désormais sociétaire de l' A.S. Monaco en France. Seul l'arrivée dans les buts de
Alain Gouaméné élu meilleur gardien du tournoi est à mettre au crédit de cette équipe ivoirienne sans âme.
A 22ans, le jeune gardien de l'Africa Sports ne sait pas encore qu'il vient de signer pour un long bail avec la Coupe d'Afrique des
Nations (CAN).
1990 : Nouvelle Génération
Comme lors de l'édition précédente, les ivoiriens ne vont guère briller en Algérie. Pourtant l'équipe désormais dirigée par le yougoslave
Rade Ognanovic ne manque pas d'atouts. Ben Salah, désormais au Havre (France), Serge Alain Maguy de l'Africa Sport (D1 Ivoirienne) et
Gadji Celi de l'ASEC constituent un des milieux de terrain les plus enviés du continent. Devant Gouaméné le dernier rempart, Monguéhi,
Aka Kouamé, Hobou Arsène et Sékana Diaby montent la garde. En attaque, Fofana et Traoré constituent un duo explosif. Mais la belle
machine va une nouvelle fois dérailler, faute de cohésion entre les éléments. Dans le groupe d'Alger ou elle est aux prises avec
l'Algérie, l'Egypte, et le Nigéria, la formation des "Eléphants" ne va pas peser lourd. Malgré la large victoire face à l'Egypte (3 - 0)
grâce à Abdoulaye Traoré (2) et Magui. Les deux autres sorties seront des défaites, face à L'Algérie de Menad, Ouazzani, et Oudjani
(3 - 0), puis devant le Nigéria de Rashidi Yékini (1- 0).De retour à Abidjan, l'entraîneur yougoslave cède sa place au "Pompier de
Service ", Yéo Martial. C'est ce dernier qui va conduire les "Eléphants" en phase finale de la CAN, en janvier 1992 au Sénégal. La
dixième participation des Ivoiriens sera la bonne.
Source africafoot.com
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