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Zokora: "Nous sommes surestimés"
fifa.com  [ 30/5/2008 ]



Depuis la déception ghanéenne et la déroute en demi-finale face au futur lauréat, Vahid Halilhodzic a pris les commandes d'une sélection qui doit se remettre en question. Et qui compte bien le faire, parole de Didier Zokora, au micro de FIFA.com.

Quand le mal est diagnostiqué, le médecin prescrit et le patient guérit. Appelé au chevet d' Eléphants à la trompe basse après la désillusion de la CAN, le rigoureux Halilhodzic a été plongé dans le grand bain africain. A lui de trouver les antibiotiques pour redonner une âme et une allure à une génération dorée pleine de promesses qu'elle a parfois du mal à tenir. Les éliminatoires débutent le 1er juin pour la Côte d'Ivoire, dans la chaleur d'Abidjan, contre le Mozambique. Point de départ d'une nouvelle aventure pour Didier Drogba et les siens.

"Contrairement aux sélectionneurs précédents, M. Halilhodzic a la responsabilité totale de l'équipe nationale. Il est en même temps entraîneur et manager de l'équipe", assurait récemment devant la presse le président de la Fédération Ivoirienne, Jacques Bernard Anouma. Histoire de bien préciser que l'ancien mentor du LOSC et du Paris SG a les clefs de la maison, et les pouvoirs qui vont avec. La lourde défaite devant l'Egypte en demi-finale de la CAN 2008 nécessite une remise en question. Et peut-être de nouvelles méthodes.

" Il faut se dire les choses en face. On n'est peut-être pas au niveau où les gens nous imaginent. Nous sommes peut-être surestimés", analyse Didier Zokora en exclusivité pour FIFA.com. "Pourtant, quand on réunit tous ces joueurs, sur le papier, il y a une grande équipe. Mais on n'a rien gagné. On se pose nous-mêmes la question. Dans le football, on ne retient que les vainqueurs. On a beau dire qu'on est la meilleure équipe africaine, mais si on ne ramène rien en Côte d'Ivoire, c'est zéro". Si la façade n'a pas non plus besoin d'un ravalement complet, les travaux se révèlent plus que de simples coups de pinceaux pour le nouveau coach bosniaque, à entendre le milieu défensif de Tottenham Hotspur.

"Ne rien gagner avec cette génération serait un gâchis"
Conscient du potentiel de l'effectif ivoirien, l'ancien Stéphanois y voit aussi l'une des explications de l'échec subi au Ghana. "Lorsqu'on nous surestime, ça prouve que les gens croient en nous et peut-être que ça nous rend aussi un peu prétentieux. On se dit 'Ok, on est favoris' et on se laisse aller. Avant le match contre l'Egypte, on n'avait jamais été mené au score. C'était donc quelque chose de nouveau. On a stressé et on n'a pas su réagir. Avant chaque match, on se parlait. On se motivait. On s'est peut-être mis trop de pression". Le gâchis frappe à la porte et pour les Eléphants de cette génération historique, il donne des hauts de cœur rien qu'à son évocation.

"Certains ont 28-29 ans. La prochaine CAN et la Coupe du Monde 2010 seront peut-être les dernières compétitions pour la génération Drogba, Kolo Touré et moi-même. On aimerait gagner un trophée pour finir en beauté et sortir la tête haute. ça fait presque dix ans qu'on est là et on n'a rien gagné. C'est frustrant. Si on ne gagne rien avec cette génération ça serait un immense gâchis".

En effet, difficile d'imaginer une telle génération tirer sa révérence sans avoir inscrit la moindre ligne à son palmarès international. Alors quel est exactement le problème ? "On se pose nous-mêmes la question et on n'a pas la réponse", rétorque Zokora. "C'est dur à avaler. Pourtant, tout est réuni pour gagner la Coupe d'Afrique. J'espère que 2010 sera la bonne. La Coupe du Monde 2006 nous a apporté beaucoup de maturité. On a joué contre les Pays-Bas et l'Argentine, ça va nous servir".

En trois semaines, les finalistes de la CAN 2006 vont être confrontés aux premiers choix de Halilhodzic. Les adversaires (Mozambique, Madagascar, Botswana) n'ont rien de terreurs continentales. L'occasion donc pour l'ex-attaquant du FC Nantes de prendre ses repères et dresser un premier constat. La pression montera ensuite. Doucement mais sûrement.

"Une grande fierté"
Car personne au pays n'imagine les Eléphants absents de la première Coupe du Monde de la FIFA de l'histoire sur le sol africain. Et surtout pas son milieu défensif : "La Coupe du monde c'est le sommet. Déjà, le fait de l'avoir jouée en 2006, c'était un rêve. Lorsqu'on a rencontré l'Argentine, pendant l'hymne, c'était magnifique, un moment inoubliable. Alors la jouer sur le continent africain, vous imaginez ? On ne peut pas rater ça. Non, on ne peut vraiment pas", s'emballe Zokora.

"C'est une grande fierté, la plus grande peut-être pour un footballeur africain. Quand j'étais jeune, je me disais : 'Jamais un pays africain n'organisera la Coupe du monde ?' Et là, c'est fait ! On a la chance de faire ça en Afrique du Sud, qui est un pays magnifique. Tout sera réuni pour qu'un pays africain remporte ce trophée. ça serait le plus beau des cadeaux. Peu importe le pays, ça serait une fête pour tous les Africains. Bon, j'espère que ça sera la Côte d'Ivoire" concède dans un éclat de rire l'un des chouchous de White Hart Lane. La longue route qui mène à l'Afrique du Sud commence dimanche. Une première marche à franchir sans tracas pour tirer plus de certitudes que de doutes.

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