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Week-end à Bouaké: show, alcool et sexe au menu Jack Louamy [ 26/10/2006 ]
Week-end à Bouaké: show, alcool et sexe au menu
A Bouaké, il n'y a pas que la Kalachnikov. Les populations de cette ville s'amusent autant que celles vivant en zone gouvernementale. Un week end à Bouaké nous a permis de découvrir les torrides nuits en zone FAFN.
De toutes les villes sous occupations rebelles, Bouaké semble la plus chaude et la plus mouvementée. C'est également un terrain propice aux passages, aux aventures d'un soir. Certaines filles viennent de Korhogo, Yamoussoukro, des autres villes et villages environnants pour se dévergonder. Loin de l'autorité parentale.
Il est un peu plus de 22h ce Samedi 02 Septembre 2006. Nous sommes au quartier commerce. Le maquis Papa Gayo est noir de monde. La sono crache tous les airs en vogue du moment. Certains noceurs certainement grisés par l'alcool, se trémoussent tel des poulets agonisant, au son de grippe aviaire de DJ Lewis. Juste à côté de nous, un homme et une jeune dame s'arrachent mutuellement des baisés goulus. Le couple s'amourache sans tenir compte des préjugés de leurs voisins. La femme plus entreprenante, plonge la main dans l'entrecuisse de son homme. Nous contemplions ces tourtereaux quand soudain, des cris attirèrent notre attention au fond du maquis. Une bagarre venait d'éclater. Des verres et des bouteilles volaient en éclats. Un, deux, puis trois coups de feu ont été tirés en l'air. Nous avons vite fait de quitter les lieux pour ne pas prendre une balle perdu. Destination, un lieu plus calme. Le bar Acier Métal juste à côté pourrait faire notre affaire. Juste à l'entrée du bar, un jeune homme nous accoste. « Vieux père ! si c'est go vous voulez, je peux gérer çà pour vous tout de suite. »
Par curiosité, nous donnons notre accord. La méthode semble apparemment connue de tous ici. Cela ressemble à un véritable réseau de prostitution bien organisé, puisque d'autres jeunes garçons emmènent déjà des filles à plusieurs tables. Quelques minutes seulement après son départ, notre « tuteur » revient suivi de deux jeunes filles de teint clair. Elles doivent avoir la vingtaine. Plutôt jolies, pantalon taille basse laissant entrevoir le string, les filles prennent place à nos côtés. Pour le remercier, nous tendons à notre bienfaiteur, un billet de 1000F qu'il s'empresse de prendre avec un large sourire. « Vous n'avez plus besoin de parler. J'ai déjà fait tout le travail. Vous les gérez jusqu'à l'heure que vous voulez et vous leur remettez quelque chose à la fin » nous chuchote t il avant de filer.
Déjà, nos compagnes d'un soir ont passé leur commande sans qu'on ne leur ai proposé quoi que ce soit. La boisson est servi. La conversation peut commencer. Les filles semblent très détendues et le sexe n'est pas du tout un tabou pour elles. Les heures s'égrènent. Commandes sur commandes sont passées. Malgré tout l'alcool ingurgité, elles ne montrent aucun signe d'ébriété. « On est fatigué de boire de la bière. On veut de la liqueur maintenant » lancent elles. Apparemment, ces filles boivent sans se fatiguer. Elles nous proposent même un endroit beaucoup plus animé. 10 minutes plus tard, nous voici au Savana Nigth Club. Une fois installé dans cette boite de nuit, les filles nous invitent sur la piste de danse déjà pleine. Sérés contre elles au son d'une musique Zouk love, nous jouons les dragueurs l'alcool aidant. Comme pour gagner du temps, elle coupe « Tu m'aimes ? Moi je ne suis pas dans les illusions. Je ne demande pas que tu m'aimes. On se gère ce soir, et demain chacun rentre chez lui. Vous êtes toujours prêt à raconter tout pour coucher avec une fille
» L'affaire venait d'être ainsi conclu. Et ces deux filles ne savent jusque là rien de notre identité. Même pas nos prénoms.
Le lendemain matin en quittant notre hôtel, nous leur remettons 5000F chacune avant d'aller prendre le petit déjeuné. Après une bonne partie de bouffe, nous prenons congé des filles qui se prénomme M et S. Elles disent être tout deux des étudiantes. M est en 2ème année de sciences économique, et S en Gestion commerciale dans une grande école à Bouaké.
Dans cette ville, cette pratique est courante. C'est de la prostitution sauf que là, la fille ne demande pas qu' on la paye avant. De plus, elle n'impose pas un tarif. Ce phénomène serait lié à la pauvreté grandissante dans cette ville. Certaines filles se voient donc obligées de se livrer à des inconnus, espérant obtenir d'eux quelques sous pour subvenir à leurs besoins, et souvent à ceux de leur famille.
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