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DOSSIER

USA-Elections/ Un Noir élu à la Maison Blanche
AIP | 5/11/2008

Actualité

Le Démocrate Barack Hussein Obama, élu mardi 44ème Président des Etats-Unis d'Amérique, après une victoire historique et incontestée sur le Républicain John Sidney McCain, représente un symbole, parce que premier Noir à accéder à la Maison Blanche.

Né le 04 août 1961 à Honolulu (Hawaii), le candidat démocrate qui avait pour slogan, entre autres, « Yes, We Can ! » (Oui, Nous le pouvons) représente, selon l'opinion, le rêve américain. Né d'une mère américaine, Ann Dunham et d'un père Kenyan, Barack Obama senior, le sénateur de l'Illinois avait des atouts fragiles qu'on pourrait toutefois qualifier de qualités : le charme, la nouveauté, la jeunesse et un air de changement.

« Change, We Can Believe in », prônant la foi au changement, est justement un autre de ses slogans. L'ancien adversaire d'Hillary Clinton -qui avait un avantage sur tous les plans : les réseaux, l'argent, l'expérience, la notoriété- à la nomination du candidat du parti Démocrate à la présidence, lance sa conquête pour la Maison Blanche un matin de février 2007, depuis les marches du Capitole de Springfield (Illinois), dans le sillage d'Abraham Lincoln.

Beaucoup d'Américains s'interrogent sur la personne du premier « Black » jamais choisi par un parti majoritaire pour le représenter à la Maison Blanche. Vient-il du Kenya, où se trouvent ses racines paternelles ? Du Kansas, berceau de sa famille maternelle blanche ? D'Hawaii, où il est né et a grandi ? De Havard, où il fut le premier président de la prestigieuse Law Review ?

Ses conseillers exaltent « un homme global à l'heure de la globalisation », capable, par la seule vertu de son histoire personnelle atypique, de réconcilier l'Amérique et le reste du monde. Mais la réponse est sans doute plus simple : Obama arrive tout droit de Chicago, connue pour ses mœurs plutôt brutales, où le jeune homme qui se faisait appeler « Barry » a trouvé son identité.

Il y a débuté dans les années 1980 comme organisateur communautaire, dans des quartiers déshérités, mais déjà mu par de hautes ambitions politiques. Il y rencontre sa femme, Michelle, qui contrairement à lui, a vécu l'expérience sociale des Noirs dans les ghettos urbains d'Amérique. Il y a choisi une église et un mentor, le révérend Wright, qui lui causera des soucis durant les élections primaires présidentielles.

Obama, candidat, prêche le changement contre l'expérience, promet de transformer la politique à Washington. Son programme est plutôt centriste, sauf sur l'engagement de rapatrier les troupes américaines d'Irak en 16 mois.

Le métis, révélé en 2004 lors de la convention démocrate de Boston lors d'un discours qui touche les Américains, se voit comme un catalyseur, même s'il n'a jamais évoqué la couleur de sa peau durant sa campagne. Son élection suffirait à faire basculer le pays dans une ère nouvelle, au-delà des clivages sociaux et raciaux. Sa génération renouerait le système politique, son visage changerait la perception de l'Amérique à l'étranger.

A propos, les réactions ne se sont pas fait attendre, dès l'annonce par les médias de sa victoire. Tant aux Etats-Unis, En Europe, qu'en Afrique.

Son adversaire, McCain, concédant sa défaite très rapidement, l'appelle pour le féliciter d'être élu Président du pays qu'ils aiment tous les deux. « Nous sommes arrivés au bout d'un long voyage, le peuple Américain s'est exprimé et il s'est exprimé clairement », lance-t-il depuis un hôtel dans son fief à Phoenix (Arizona).

Quant à Bernice King, fille du militant des droits civiques, Martin Luther King, assassiné il y a 40 ans, elle a annoncé sur la chaîne CNN, depuis Atlanta (Géorgie), que son père « aurait été fier de l'Amérique » pour l'élection d'un Noir à la présidence des USA.

Les élections présidentielles 2008 ont enregistré un taux de participation record de 66%, jamais atteint depuis 1908. En 1960, le taux était de 63,1% pour l'élection de John Fidzgerald Kennedy, et s'est établit à 55,3% en 2004 pour la réélection de George Walker Bush.

Obama remporte 52% du suffrage populaire contre 47% pour McCain, selon des résultats non définitifs. Il récolte aussi, pour l'instant, les voix de 349 Grands électeurs contre 163 pour McCain, sur un total de 538. Il suffisait d'en avoir 270 pour être élu.

Ces élections présidentielles étaient combinées avec celles du tiers des Sénateurs et de la totalité des Représentants. Les démocrates renforcent leur majorité dans ces deux institutions, avec 56 sièges sur 100 au Sénat et entre 261 et 274 sièges sur les 500 de la Chambre des représentants.

Le nouveau président des Etats-Unis a martelé depuis Chicago (Illinois), après l'annonce de sa victoire par les médias, déjà dès la fermeture des bureaux de vote sur la côte ouest, que « si quelqu'un doute encore que les USA est un pays où tout est possible, ce soir (ndlr : mardi), vous avez la réponse (…) dans les longues queues devant les bureaux de vote ».

Saluant son rival pour ses énormes sacrifices, Obama exulte : « Nous sommes et seront toujours les Etats-Unis (…) Le temps du changement est arrivé aux USA », prévenant toutefois ses compatriotes qu'il y aura des «échecs, des faux départs », qu'ils « ne seront pas toujours d'accord » avec ses décisions, mais qu'il sera « toujours honnête » avec eux.

Le 44ème Président des Etats-Unis va prêter serment le 20 janvier 2009, sur la Bible, devant le Président de la Cour Suprême, au cours d'une cérémonie de l'Inauguration. Dans son serment, le Président jure solennellement qu'il va exécuter fidèlement les charges de Président des Etats-Unis et qu'il fera de son mieux pour préserver, protéger et défendre la Constitution du pays.

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