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Festival arts Azimut: Butaré a vibré au rythme de la musique, de la danse et du théâtre Raymond-Alex Loukou, Envoyé spécial à Butaré [ 11/2/2008 ]
Festival arts Azimut
Réunir des troupes de huit différents pays ( Côte d'Ivoire, Togo, Belgique, Burkina Faso , U.S.A, Burundi, Sénégal, Rwanda ) dans une province du sud du Rwanda pendant 9 jours pour célébrer l'art sous divers aspects, est un pari que le Centre universitaire des Arts de Butaré a tenu à réussir et il l'a réussi de fort belle manière.
Mme Odile Gakiré Katesé, la Directrice du festival a fait mains et pieds pour rendre agréable le séjour des festivaliers. La cérémonie d'ouverture présidée par la First Lady du pays, fut une réussite totale. Le Ministre de la culture de la jeunesse et des sports a tenu à féliciter les organisateurs du festival pour avoir su montrer au monde que la culture est pilier essentiel qui doit permettre la réconstruction du pays. " Cette plate-forme est un espace qui va permettre aux différentes cultures de s'exprimer " a t-il rélévé.
La représentante de la Fondation Prins Claus, principal sponsor de cet évènement, a souligné que la culture est d'une importance capitale pour un peuple car elle lui permet d'afficher son identité. Elle a poursuivi en affirmant qu'à travers cette rencontre culturelle le rwanda veut montrer au monde entier quelques aspects de sa culture.
La Première Dame à qui l'honneur est revenu de déclarer ouvert le premier festival du genre, s'est dite très heureuse de présider une telle cérémonie qui doit correspondre à la renaissance de la culture rwandaise. " Nous sommes tous des artistes à quelque niveau que ce soit. Nous devons semer les graines de la convivialité " a t-elle conclu.
Doudou Ndiaye Rose, le célèbre percussionniste sénégalais qui fêtera bientôt ses cinquante ans de présence sur la scène artistique, a dédié une chanson-prière au peuple rwandais. Cette chanson-prière a été reprise par toute la salle. Sur la demande expresse de l'artiste, le Ministre a chanté quelques paroles de cet hymne de la renaissance. C 'est dans une ambiance colorée que les officiels ont quitté la grande salle de l'Auditorium de l'Université Nationale du Rwanda.
Les jours suivants, les deux scènes retenues pour la prestation des troupes ( le Théâtre de verdue ) et l'Auditorium de l'Université ont acceuilli du beau monde pour des spectacles haut en couleurs. Pour l'art dramatique, les ivoiriens ont joué la pièce Allô l'Afrique ! du togolais Rodrigue Norman. Cette pièce qui traite de l'éternel problème de l'exil des jeunes africains vers l'Europe a suscité de l'émotion au sein du public. Les pièces Bloody Niggers, Jazz et le Destin représentées par les compagnies belges ont été chaleureusement acceuillies par le public. Surtout Bloody Niggers que le public rwandais dans sa majorité a redemandé.
Côté musique, le sénégalais Doudou Ndiaye Rose et sa troupe ont chatouillé les oreilles des festivaliers avec des airs de percussions très enlevés. L'une des attractions de ce festival fut les femmes rwandaises regroupées au sein d'un groupe dénommé Initiatives Féminines. Ces femmes qui jouent merveilleusement au tambour ont été très applaudies par le public.
Les tambourinaires venus du Burundi ont été également appréciés de même que Kidumu, la coqueluche de la musique burundaise. La prestation de la nouvelle icône de la musique burundaise n'a laissé personne indifférente. Des jeunes en passant par les adultes, tout le monde a vibré au son de sa musique langoureuse.
Le représentant du Burkina-Faso, Alif Naaba a gratifié les rwandais de son répertoire très varié. Cet artiste pétrit de talent a su communiquer aux mélomanes des mélodies de son terroir dont il a lui seul le secret. La note jazz de ce festival a été assurée par le groupe Ryan Quartet venu spécialement des USA. Ce groupe n'a pas regretté son déplacement vu l'acceuil chaleureux à lui réservé par " jazzphiles " rwandais.
Butaré pendant neuf jours n'a pas failli à sa réputation de " quatier latin ", centre intellectuel où se frottent les idées. Plate-forme d'échanges culturels, Butaré a célébré pendant neuf jours le rendez-vous du donner et du recevoir. Pendant neuf jours, Butaré a été décrétée capitale culturelle du rwanda. Le temps d'un festival, toutes les barrières linguistiques, réligieuses, sociales, intellectuelles se sont évanouies pour laisser la place à la célébration de l'art, de la Culture tout court. Vive la deuxième édition du Festival Arts Azimut !
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