
MACA: Voici comment les criminels s'évadent
La Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA), a fait ces dernières années, l'objet de multiples cas d'évasion. Comment ces cavales ont-elles pu être possible malgré la présence de gardes dans ce pénitencier? Notre équipe de reportage s'est rendue dans cet univers carcéral.
Inaugurée le 03 mai 1980, la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA) n'existe que de nom. Elle est aujourd'hui dans un état de délabrement très avancé. Les infrastructures qui s'y trouvent sont dans un état obsolète. Les grilles de protection sont soit endommagées par la rouille, soit par les détenus. L'éclairage est presque inexistant, et la faible pression de l'eau empêche l'approvisionnement normal des cellules. La literie est sommaire. Quant aux portes des 217 cellules, elles ne bénéficient d'aucun système de sécurité fiable. Pire, elles ne sont pas cadenassées. C'est d'ailleurs cette négligence qui a facilité l'évasion historique de quatre (4) gangsters en 2006.
Internés au bâtiment C de la MACA, ces récidivistes notoires bien connus des fichiers de la police, se sont évadés dans la nuit du 07 au 08 novembre 2006. Lors de la fermeture partielle consistant à procéder au décompte des prisonniers le 08 novembre 2006, ces dangereux malfaiteurs au palmarès judiciaire sombre n'ont pas répondu présents à l'appel. Et c'est seulement à ce moment que les gardes pénitenciers se sont rendus compte de leur absence. Mais comment ses sinistres individus ont-ils pu s'évader de la MACA ?
A en croire certaines sources proches du pénitencier, c'est avec la souplesse d'un chat qu'ils se sont discrètement glissés dans la niche d'électricité qui se trouve dans l'arrière cour de l'établissement. S'étant retrouvé ainsi hors des cellules, ce sinistre commando a ensuite forcé les barres de fer pour accéder à la cour de récréation. Mais avant, les quatre (4) malfaiteurs ont pris le soin de disjoncter tout le circuit électrique.
Parvenus à la cour de récréation, ils ont grimpé la première clôture avant d'atterrir dans la grande enceinte du pénitencier. Ils ont dû alors progresser vers le bâtiment des femmes, pour atteindre ensuite le centre d'observation des mineurs, et passer enfin à travers les longues grilles. Une fois la grille franchie, nos sinistres quidams se sont évanouis dans la forêt voisine du Banco.
La sécurité de la MACA est très défaillante. Avec ces graves dysfonctionnements au sein du pénitencier, est-il surprenant encore que des bandits de grand chemin se retrouvent dans la nature ?
Selon un devis approximatif réalisé par « Prisonniers Sans Frontière », il faut mobiliser la bagatelle de 510 millions de nos francs pour effectuer des travaux de réhabilitation des infrastructures et installations de la MACA. En attendant que le gouvernement se décide à mobiliser cette enveloppe, la sécurité des populations ivoiriennes est compromise.