
Scandale du Probo Koala, un ans après: Les populations continuent de mourir et des sites non dépollués
Le Probo Koala, bateau hollandais battant pavillon panaméen affrété par la société TRAFIGURA, a déversé dans la nuit du 19 au 20 août 2006 dans le District d'Abidjan des tonnes de déchets toxiques causant la mort de plus de 20 personnes et faisant des milliers de victimes.
Un an après ce drame, la FENAVIDET-CI , Fédération Nationale des Victimes des Déchets Toxiques de Côte d'Ivoire présidée par Yao Pipira Dénis a initié une tournée sur les différents sites en compagnie de la presse nationale et internationale pour constater l'impact de cette de cette catastrophe et le suivi médical des victimes.
Le constat il faut le dire, a été amer. Les populations gardent toujours un mauvais souvenir de ce " bateau de la mort ". A la décharge d'Akouédo, le danger ne semble pas être encore écarté puisque des lacs n'ont pas encore été dépollués. " Lorsque les pluies surviennent, des odeurs insupportables se dégagent de ces lieux " affirment les riverrains en choeur.
A Akouédo, des jeunes ont affirmé que des femmes meurent en couche à cause de ces odeurs. Nous avons constaté sur place que certaines victimes souffraient de paralysie des membres. Les populations ont crié leur indignation face au laxisme du gouvernement qui n'arrivent toujours pas à prendre les mésures idoines pour les soulager.
A Vridi Canal 3, c'est un véritable drame humanitaire qui se joue. Au Zimbabwé, quartier précaire la famille Okoé ne sait plus à quel saint se vouer. Le fils Têtê Okoé, lutte contre la mort. Aux premières heures du déversement de ces déchets, ses amis et lui ont tenté de s'opposer.
Malheureusement, il a réçu un jet de ces produits mortels. Quatre de ses amis sont déjà morts. Il n'a pas été pris en compte par le dédommagement malgré son cas très critique. Il est paralysé incapable de tout mouvement. Sa famille attend que le gouvernement se tourne vers leur fils qui n'a rien fait pour mériter ce sort.
Comme le jeune Têtê, Mme Ali Amoin Kan, veuve depuis des années, porte encore des stigmates de ces déchets. Depuis huit mois, son état de santé va de mal en pis. Malgré les soins réçus à l'hôpital, elle assure que ses espoirs de recouvrir la santé car chaque jour, sa santé se détériore. Elle aussi n'a pas été dommagé par le gouvernement malgré son état très parlant.
Les habitants de Zimbawé vivent toujours la peur au ventre et la mort à l'horizon car tout près d'eux la société OLEATECH continue de garder des citernes remplis de ces produits mortels.
Les vigiles que nous avons rencontrés sur les lieux, nous ont confirmé l'information. " Nous-mêmes continuons de respirer ces odeurs depuis près de de cinq mois " indiquent-ils.
Comme nous avons pu le constater, les déchets toxiques continuent toujours de tuer les populations. Il temps que le gouvernement aille vers les vrais victimes pour tenter de sauver ce qui peut l'être encore sinon le drame humanitaire va poursuivre en silence et dans l'indifférence. Il n'est pas encore tard.
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