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DOSSIER

A la découverte du " Forum des marchés " d'Adjamé
Jack Louamy | 1/8/2007

Actualité
Le "forum des marchés"

Livré en 2001 avec 8000 places, le « forum des marchés » compte aujourd'hui 12 000 places. Situé en face du commissariat de police du 3ème arrondissement, et jouxtant la mairie de la commune, cet imposant bâtiment comprend quatre (04) entrées principales : A, B, C, et D; Il est 10h25mn ce Vendredi au « Forum des marchés » d'Adjamé.

L'ambiance au « forum des marchés » est à l'image de l'ambiance dans la commune d'Adjamé. Le marché grouille de monde. Hommes, femmes et enfants se bousculent tous les jours aux abords, aux entrées et à l'intérieur de ce magnifique édifice. Il y a un véritable brouhaha dans ce marché. Tout le monde parle en même temps. Certains commerçants hèlent leurs clients, quand d'autres vantent les mérites de leur marchandise. On se fait des accolades par ci, on se bagarre par là.

A l'entrée principale du marché du marché, des gosses tenant des brouettes ou des bassines en main, proposent leurs services aux clients. Ces enfants sont des porteurs de bagages. Ils aident les clients, après achats, à transporter leurs marchandises moyennant une pièce de 50 ou 100F.
Le marché d'Adjamé s'élève sur trois (3) niveaux.

Au rez-de-chaussée, on trouve les vendeurs et vendeuses de vivriers. Sur leurs étals, sont exposés des régimes de bananes, de la Pâte d'arachide, de pistache, de tomate, poudre de piment, de l'huile rouge, des tubercules d'ignames, de l'oignon, du riz etc.

Plus loin, se sont les chambres froides qui conservent de la viande de porc, de bœuf, du rognon, et du poisson extra-frais.
Dans un coin du marché, se tient un garbadrôme. une baraque de fortune où l'on vend de l'attiéké au poisson. Véritable amas de planches recouvert de tôles. L'odeur apetissante des poissons qui crachouillent dans l'huile chaude ne laisse personne indifférent.

Parcourant le marché, nous marquons un arrêt devant l'étale d'une commerçante : Dame Aïssatou. Le visage rayonnant, cette vendeuse de vivriers s'affaire à sortir ses différentes marchandises des cartons en vue de les disposer sur la table . Le large sourire qui donne plus d'éclat à son visage n'est pas fortuit. Les clients se bousculent déjà devant ses marchandises. Elle se réjouit sûrement à l'idée de l'énorme bénéfice qu'elle va réaliser en cette journée qui commence bien pour elle.

Son voisin Diallo vend quant à lui des paquets de spaghetti, des boîtes de petits pois, des cubes d'assaisonnement, et bien d'autres produits alimentaires aux nombreux clients qui défilent dans ce marché.
Au grand moulin du " Forum des marchés", des cuvettes de grains d'arachide prêts à passer au moulin contiennent des corps étrangers semblables à des grains de riz trempés. A côté de ces cuvettes, sont disposées deux autres récipients remplis d'une poudre rouge. Cette poudre, qui n'est pas de la poudre de piment, a un aspect pâteux. A en croire les petites porteuses de bagages, c'est de la noix d'avocat moulue.
Au « forum des marchés » d'Adjamé, toutes les dispositions semblent avoir été prise. Rien en tout cas n'a été négligé pour le bonheur des visiteurs et des commerçants. Retirés des autres commerces, des toilettes publiques soigneusement entretenues sont à la disposition des clients et commerçants du marché.

Des fillettes dont l'âge vari entre 8 et 12ans, glacière sur la tête, errent dans le marché à la recherche de clients. Elles vendent de l'eau glacée en sachets de 5F, et des jus de fruit (Bissap, gnanmankou, Passion…) en sachets de 25 ou 50F.

A la mezzanine et au 1er étage, des commerçants de bijoux, de pagnes, de tissus, de chaussures, de produits cosmétiques, et de vêtements, assis derrière leur comptoir, attendent patiemment leurs clients. « Mon frère, vient voir ici », lancent certains commerçants à la vue des clients.

Devant un magasin de vêtements prêt à porter pour femmes, une jeunes fille discute le prix d'un pantalon jean taille basse qu'elle tient encore en main. « 7000F dernier prix », lui lance le vendeur, avant de lui tourner le dos pour s'occuper des autres clients. La jeune fille qui tient à posséder ce pantalon en vogue en ce moment, retire de son porte-monnaie la somme demandée, qu'elle tend au vendeur.
Dans le magasin d'en face, des dames essaient des chaussures « Rubi ». Le coût de ces chaussures au bout pointu très prisées des abidjanaises en ce moment vari, entre 12 000 et 15 000F.

Au 2ème étage, il n'y a rien. Sinon des bureaux et magasins inoccupés. Ce palier est resté vide parce que tout simplement les commerçants refusent de s'y installer. Pour eux, les clients de passage dans ce marché, arrivent rarement au 2ème étage. « Généralement, les clients trouvent tout ce dont ils ont besoin au rez-de-chaussée et au 1er étage. Ils n'ont donc plus besoin de monter jusqu'au 2ème étage. Comment voulez vous qu'on écoule nos marchandises en restant sur ce pallier ? », interroge dame Sanata, commerçante de lingerie féminine au « forum des marchés », et ex locatrice du palier inoccupé. Des riverains y installent leur natte pour faire une bonne sieste. D'autres ont transformer cet espace en aire de jeu. On s'adonne donc à des partie de jeu de ludo, scrabble, dame, awalé ou de cartes.

Pour régler le problème de ce palier en question, les autorités municipales et l'opérateur ont décidé de transformer une partie de cet espace en un site d'exposition d'objets d'arts (Statuettes, masques, tableaux, poterie...)

La seconde partie devra abriter quant à elle les magasins et étales des commerçants qui se trouvent aux abords du boulevard Nangui Abrogoua.
Le « forum des marché » de l'intérieur, est subdivisé en plusieurs compartiments qui portent le nom des différentes régions de la Côte d'Ivoire. Nous avons par exemple les marchés des 18 montagnes, de l'Agnéby, du Zanzan, de la Marahouet, du Sassandra...

Ses différents compartiments abritent chacun des restaurants de fortunes. Au « marché des 18 montagnes » par exemple, les restauratrices proposent à leurs clients: du riz accompagné de sauce feuille, du foutou manioc ou du placali à la sauce « slan ». Ce sont des spécialités Yacouba (Ethnie de la région des 18 montagnes). Généralement, l'on ajoute à ces mets du poisson sec, de la viande de brousse (agouti, biche, écureuil…), ou des grenouilles. Véritables délices.

Plus loin, c'est à dire au « marché de la Marahouet », on trouve des vendeurs de médicaments traditionnels. Assis à même le sol, ces médecins particuliers proposent toute sorte de médicaments aux visiteurs qui passent par là. Leurs médicaments sont constitués de plantes médicinales, de racines, de feuille, et d'écorces d'arbres, de décoctions, et de tiges thérapeutiques. « Je soigne hémorroïde, paludisme, hernie, prostate, stérilité masculine et féminine, je désenvoûte, et je guéri la faiblesse sexuelle », confie dans un français approximatif Dr Zamblé César, tradi praticien, avant de conclure « Je grossi également le sexe masculin, les seins et les fesses des femmes ». Ce tradi praticien n'a pas manqué de préciser qu'il est très sollicité par les hommes qui veulent accroître leurs performances sexuelles, et augmenter le volume de leur sexe.
Concernant le prix des denrées alimentaires dans ce marché, le constat ces derniers temps est que le coût des marchandises est légèrement en hausse. « L'offre est inférieure à la demande », explique Mme You Lou Valentine, commerçante au « Forum des marchés ». Conséquence, le coût de certaines denrées telles que la banane plantain, a grimpé. Le lot de quatre qui était vendu à 100 francs CFA est passé à 200 francs. Le tas de (quatre) piments se vend désormais à 50 francs, au lieu de 25F par le passé. Les tas d'aubergines, de gombos frais, de tomates fraîches quant à eux sont devenus plus petits pour le prix homologué de 50 francs.

Les coûts des produits importés n'ont pas échappé à cette hausse. Les prix de la pomme de terre, de l'oignon et de l'ail ont carrément doublé. Le kilogramme de pommes de terre vendu avant les fêtes de fin d'année à 350 francs, se vend maintenant à 750 francs au « Forum des marchés » . Le kilo d'oignon "rouge" est passé à 500 francs et celui du "blanc" à 350.
Si le prix de la viande de boeuf n'a pas connu une hausse au « forum des marché » d'Adjamé, les ménagères se plaignent de celui du poisson frais. Les vendeurs du « Forum des marchés » expliquent ce fait par l'augmentation du prix du carton de poissons congelés. Le carton de 20 kilogrammes de chinchard est passé de 14.500 à 16.000 francs et celui de maquereau de 14.000 à 16.000 francs, explique un grossiste Les vendeuses assurent cependant que les prix vont baisser très prochainement, étant donné que plusieurs commandes de vivriers ont été passée spécialement pour ce marché, tant fréquenté.

 

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