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DOSSIER

Attentat de Bouaké: Sur les traces des auteurs
Jack Louamy | 18/7/2007

Actualité

Plus de deux (2) semaines après l'attentat de Bouaké, voici comment les terroristes tapis dans l'ombre ont voulu faire exploser le Fokker 100 qui transportait le premier ministre Guillaume Soro. Notre dossier.

L'épaisse couche qui recouvrait l'attentat contre l'avion du premier ministre Guillaume Soro est en train de se dissiper peu à peu. De nombreux indices aujourd'hui nous permettent d'être plus ou moins situé sur les instigateurs de cet acte inique et cynique.

Les tireurs

D'après les informations recueillies auprès de l'état major des forces nouvelles, les assaillants étaient embusqués dans la broussaille qui borde la piste d'atterrissage de l'aéroport de Bouaké. Et selon des estimations, le 1er tir qui a touché la seconde cabine de l'avion serait parti de 60 mètres, le 2nd tir qui a touché l'arrière du Fokker 100 serait quant à lui parti de 80 mètres. La provenance du 3ème tir qui a raté l'avion n'a pu être évalué. Il aurait pu provenir du troisième tireur qui dans la débandade, n'a pu bien ajuster son tir. Le 4ème tireur lui, tireur à la mitrailleuse lourde, était chargé de faire la couverture pour permettre à ses acolytes de rejoindre en toute sécurité le véhicule qui les attendait sur la voie non bitumée menant à Diabo. En tout cas, toutes les conditions étaient réunies pour que l'attaque réussisse.

Après leur forfait, les assaillants ont profité du désordre créé par leurs actions pour prendre la poudre d'escampette, oubliant ou laissant derrière eux des minutions, des restes de repas froids (de la sardines et des morceaux de pain) qui leur a permis de se nourrir durant leur planque jusqu'à l'arrivée du Fokker100.

Les auteurs et complices

Le drame qui a failli emporter le premier ministre Guillaume Soro le vendredi 29 Juin dernier aurait il été planifié depuis Abidjan ?

En tout cas, cette hypothèse n'est pas à exclure pour diverses raisons. On pourrait également croire en une complicité d'un membre de l'entourage immédiat du Chef de Gouvernement. Les éléments d'information en notre possession font état de ce que les terroristes qui ont agi ce jour là à Bouaké, auraient bénéficié de l'appui d'un indicateur à bord du Fokker100. Cet informateur aurait sans nul doute donné des informations sur la position exacte de Guillaume Soro à l'intérieur de l'engin. C'est d'ailleurs ce qui justifie le fait que la seconde cabine du Fokker 100 ait été littéralement réduite en bouillie par les éclats d'obus. Et pour cause, le premier ministre ivoirien se trouvait dans cette cabine dès l'embarquement au GATL et même jusqu'à la fermeture de la portière de l'avion. Guillaume Soro s'y serait longuement entretenu avec quelque uns de ses collaborateurs avant de regagner la cabine présidentielle. Et comme il est strictement interdit d'utiliser le téléphone cellulaire en vol, et surtout parce qu'il n'y a pas de réseau dans les airs, l'éventuel espion n'aurait pas eu l'occasion de communiquer à ses acolytes la nouvelle position du « gibier ». Dans l'entendement donc des tireurs, Guillaume Soro se trouve bel et bien dans la cabine ministérielle à l'atterrissage.

Indices troublants

La piste de complicité d'un passager de l'avion avec les assaillants est à prendre au sérieux pour diverses autres raisons. Tenez ici quelques indices troublants :

1/ Ce jour là, plusieurs personnalités qui devaient prendre place à bord du Fokker100 afin d'accompagner le premier ministre pour l'installation des magistrats à Bouaké, ont finalement désisté, préférant le trajet routier. Enfin de compte, indique notre source, aucune de ces personnalités n'a été aperçue à Bouaké. Etaient elles informées de ce qui allait se passer ce jour là ?
2/ Le vol a pris un retard de 1h40mn.
3/ Au décollage d'Abidjan, l'équipage de l'avion a été changé a seulement 1h du vol pour des raisons qu'on ignore encore.
4/ Sur la piste d'atterrissage à Bouaké, nos sources nous indiquent que l'avion a amorcé un tournant juste au moment où le premier tir de roquette a détourné l'angle du projectile, mettant hors de danger les membres de l'équipage qui pilotait le Fokker100.

Que visait réellement cet attentat, au moment où la Côte d'Ivoire est engagée dans un processus de paix ?
Que se serait il passé si le premier ministre périssait dans cet attentat ?
Pourquoi cette passiveté des forces impartiales pourtant présentes sur les lieux ?
Pourquoi l'avion a-t-il été rapidement ramené sur Abidjan ?

Autant de questions qui demeurent encore sans réponses. La suite des enquêtes permettra certainement d'élucider toutes ces zones d'ombres.

 

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