
Gbagbo et Soro sur le chemin de la paix
La cérémonie de lancement du démantèlement de la zone de confiance dans le centre du pays a pris l'allure d"une fête de célébration de la paix retrouvée par le président ivoirien Laurent Gbagbo et son Premier ministre Guillaume Soro.
"Il n'y a plus de frontières entre le sud et le nord", lance à Tiébissou un vendeur de jus, un large sourire aux lèvres.
Quelques minutes plus tôt, un bulldozer conduit par un élément du contingent marocain de l'ONUCI basé à Tiébissou, venait de démonter le check point des Forces impartiales suivi par la destruction des postes de contrôle des Forces de défense et de sécurité ivoiriennes.
La zone de confiance, bande démilitarisée sous contrôle des forces impartiales qui coupait le pays en deux depuis le déclenchement de la crise en septembre 2002, venait d'être officiellement supprimée.
"Au revoir à la guerre, bonne arrivée à la paix", entend-on dans la foule nombreuse sortie pour assister à la cérémonie.
"Aujourd'hui est un grand jour, tout va désormais changer, le pays est en paix", répètent en chœur de nombreux jeunes, en majorité des élèves, amassés le long de la voie principale.
"Je rends hommage à la Licorne et à l'Onuci. Ils ont partagé avec nous des jours terribles de l'histoire de notre jeune pays", déclare le président Laurent Gbagbo non sans préciser qu'il n'a jamais demandé le départ des Forces impartiales, environ 8000 casques bleus et 4000 soldats français de la Licorne.
"La mission de l'Onu n'est pas terminée", a-t-il indiqué appelant l'ONU à aider les Ivoiriens à appliquer l'accord de Ouagadougou.
Signé le 4 mars par Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, en vue de relancer le processus de paix, l'accord de Ouagadougou prévoyait, outre la formation d'un nouveau gouvernement, la suppression de la zone de confiance.
Dans le village de N'gattadolikro, (15 KM de Tiébissou) Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, accueillis par des chants et des danses traditionnelles, ont visité la brigade mixte de gendarmerie (soldats loyalistes et ex rebelles) qui va remplacer les Forces impartiales.
"La brigade de gendarmerie a un effectif de 25 éléments. 10 éléments des FDS (loyalistes), 10 éléments des FAFN (ex rébellion), quatre des Forces impartiales et un commandant de brigade issu des FDS. Sur le territoire, il y a six brigades mixtes", a indiqué le général Bakayoko Soumaïla, chef d'état-major de l'ex rébellion.
Avec l'installation de cette brigade mixte dont la mission est de veiller à la sécurité des personnes et des biens et de contribuer au retour de la confiance et de l'unité nationale, les militaires ivoiriens veulent affirmer leur volonté d'appliquer l'accord de Ouagadougou "de façon irréversible" pour la paix et le bonheur des Ivoiriens.
Dernière étape de la "randonnée de paix" : la visite du poste d'observation de l'ONUCI, situé à une centaine de mètres de la brigade mixte et tenu par les casques bleus du sixième contingent marocain.
Avant de se rendre à Tiébissou, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro ont inauguré à Yamoussoukro, le centre de commandement intégré où travailleront ensemble des officiers des FDS et des FAFN pour contribuer à l'élaboration de la politique de défense et de sécurité, mettre en œuvre le programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (PNDDR) sous la supervision des Forces impartiales, sécuriser les audiences foraines, les opérations d'identification et la sécurité du processus électoral.
"La guerre est finie", a martelé le chef de l'Etat ivoirien. "Toute idée de reprise de la guerre est désormais proscrite", a enjoint le ministre de la Défense, Michel Amani.
"Ensemble, nous posons un acte majeur du programme de sortie de crise. La réunification de la Côte d'ivoire passe par l'édification d'une armée unique. Que la guerre soit considérée comme un passé lointain. Je m'engage personnellement sur la voie de la paix", a déclaré, pour sa part, le Premier ministre Guillaume Soro, souriant, dans une ambiance détendue et conviviale.