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Reportage

Plus de 5000 enfants dans des écoles de fortune
AIP  [ 10/3/2007 ]



Des murs en banco recouverts de toit de chaume, une ribambelle d'enfants assis à même le sol ou sur des troncs d'arbres s'efforçant de répéter, à qui mieux mieux, des phrases du "maître", un recalé du cycle secondaire, c'est l'image de l'école dans une soixantaine de villages des départements de Bouna, Bondoukou, Nassian.

Le directeur régional de l'Education nationale à Bondoukou, M. Okéi Okéi, et ses collaborateurs ont fait le constat lors d'une visite récente dans la contrée. Il n'y a pas d'écoles formelles dans les villages Lobi, notamment, à Kerwridouo, Dithiédouo, Djinkparèdouo, et Flakiédougou, situés à plus de 70 KM de Bondoukou et à moins d'une trentaine de kilomètres de la zone de confiance frontalière de la ville de Bouna.

A Flakiédougou (16 000 habitants), une seule école formelle (six classes avec instituteurs de l'Etat). A côté, des écoles bénévoles dites "améliorées", avec toitures en tôle.

Les écoles bénévoles existent grâce à une ONG, Soleil levant qui revendique 107 jeunes enseignants bénévoles rétribués au prorata de leurs effectifs (500 FCFA/élève/mois, difficilement payés par les parents d'élèves).

Selon le président, M. Gnanbro Christophe, l'objectif est de précéder l'Etat dans les zones sinistrées où le taux d'alphabétisation est très bas et de permettre aux enfants de fréquenter une école, soulignant que seulement 1,58% de jeunes et d'adultes dans ces villages Lobi savent lire et écrire "correctement" en français.

Il a indiqué que son ONG, créée en juin 2005, a permis de structurer les écoles bénévoles dont la naissance remonte à 2001.

De 420 écoliers en 2001-2002, l'effectif des élèves est passé à 3141 écoliers en 2005-2006, pour atteindre en 2006-2007, 5148 enfants, dont 31 présentent pour la première fois, le Certificat d'études primaires élémentaires(CEPE), a-t-il précisé.

Les difficultés sont nombreuses, notamment, l'absence de livres didactiques, de cartes géographiques, de cantines scolaires et souvent de point d'eau pour les enfants.

Entre midi et la reprise à 14h30, les enfants sont contraints de rejoindre les parents dans leurs plantations parfois très éloignées pour espérer trouver à manger.

Dans la majorité des cas, ils ne reviennent pas et les cours de l'après-midi sont très souvent perturbés.

Les parents, eux, sont tout de même heureux d'avoir une école, fut-elle "informelle". "Nous avons compris que c'est l'école qui nous apportera l'eau et l'électricité", affirment-ils.

Le président de Soleil levant a souhaité voir inscrites ses écoles sur la carte scolaire de l'éducation nationale de Côte d'Ivoire et que l'Etat affecte des enseignants, au fur et à mesure que les écoles de fortune deviennent des écoles améliorées avec un minimum de structure exigée par le ministère.

Quant au porte-parole des enseignants bénévoles, M. Kambou Sansan, il estime qu'il est inadmissible qu'une partie de la Côte d'Ivoire soit dans "l'obscurité éducative".

Il a insisté sur l'importance de ces écoles bénévoles qui "permettent aux enfants d'intégrer l'éducation nationale officielle" et souhaité une meilleure rémunération des enseignants bénévoles.

Il a demandé aux parents d'élèves de faire des efforts, afin que cessent les cours dans des endroits de fortune, dans des églises, des hangars, des lieux de stockage d'anacarde et d'ignames ou encore sous de gros arbres.

Le directeur régional, M. Okéï Okéï, et son secrétaire général, M. David Ogoumond, ont pris l'engagement d'aider "dans la mesure du possible" les écoles bénévoles.

Ils ont exhorté les moniteurs bénévoles à présenter les concours d'entrée dans les CAFOP avant d'inviter les cadres des départements de Bondoukou, Bouna et Nassian à faire des écoles bénévoles des écoles formelles.

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