
Stade régional de Daloa: des équipements vétustes source de danger pour les visiteurs
Le stade régional de Daloa s'écroule sous le poids des ans. Les équipements ne sont plus ce qu'ils étaient aux premières heures de sa livraison, en 1968. Les tribunes, les grilles de sécurité et le bâtiment annexe ont pris un coup, au fil des ans, au point de constituer un danger pour les spectateurs.
De l'extérieur, le stade régional de Daloa, de par sa clôture en bon état, donne envie d'être visité. Construite en parpaings et dotée de trois entrées avec des portails jaunes encore solides, cette clôture dont les alentours sont bien entretenus échappe à l'agression des badauds passés maîtres dans l'art de creuser des trous dans les murs des stades ou souvent de les estampiller d'écriteaux au gré de leurs humeurs.
Mais, l'image que l'on se fait en étant au dehors est autre avec la réalité que l'on trouve à l'intérieur des quatre murs. Créé en 1968, à la faveur de la célébration du 8ème anniversaire de l'accession de la Côte d'Ivoire à la souveraineté nationale, le stade régional de Daloa qui faisait la fierté du Centre-ouest est aujourd'hui malade de ses équipements.
A l'exception du terrain de handball et de la pelouse, à la couleur jaunâtre du fait de la persistance de la saison sèche, tous les équipements de ce stade se trouvent actuellement dans un état de vétusté avancé. Des tôles fixées jadis à l'arrière des deux tribunes (officielle et populaire) pour protéger les spectateurs contre les rayons du soleil et éviter que les spectateurs assis plus haut, ne se retrouvent à terre, suite à un geste maladroit, ont presque toutes disparu.
Pis, la toiture de la tribune officielle n'existe pratiquement plus et les quelques feuilles de tôles qui s'accrochent désespérément, attendent patiemment leur tour pour se volatiliser.
Contrairement au stade Houphouët-Boigny ou le Champroux, à Abidjan, les gradins des tribunes du stade régional de Daloa sont en bois. Le temps a eu raison de certains d'entre eux qui ont fini par s'arracher. Ceux qui sont encore fixés, ne résisteront plus pour longtemps.
"Nous ne savons pas pourquoi les tôles et les bois n'ont, jusque-là, pas été remplacés par du béton. Le jour où la tribune sera archicomble et que surviendra une alerte, c'est sûr que le bilan des victimes sera effroyable", prévient Eustache Goré Bi de la direction régionale de l'Education nationale (Dren).
Comme les tribunes, les grilles de protection séparant les spectateurs des joueurs sur l'aire de jeu n'existent aujourd'hui que de nom. De sorte qu'en cas de débordement, lors d'une rencontre, les joueurs et les arbitres seront livrés aux supporters, qui n'auront aucune difficulté à envahir l'aire de jeu.
"Chaque année, les corps habillés ont toutes les difficultés pour contenir la furia des supporters contre les arbitres lors des matchs du Réveil Club Daloa. S'ils ne faisaient pas preuve de vigilance, on aurait déjà suspendu ce stade pour des raisons d'insécurité", témoigne un sportif venu assister à l'entraînement des deux équipes de la ville.
La salle affectée aux arbitres pour l'entretien d'avant match est aussi dans un état de délabrement. Les vitres de la fenêtre sont toutes tombées en ruine, le plafond se détériore et les carreaux se sont détachés du sol. Les salamandres, les cafards et les margouillats règnent en maîtres en ces lieux.
C'est ce stade qui s'apprête à abriter les compétitions nationales de la Fédération ivoirienne de football et internationales avec, bientôt, le premier match de la Ligue 1.
La gestion de ce stade est confiée à l'Office national des sports (Ons) représenté, sur place, par M. Tra Bo Bi Irié Michel, délégué régional.
Approché, par l'AIP, M. Tra Bo Bi s'est muré derrière des procédures administratives pour éviter les questions, expliquant vouloir se référer à sa hiérarchie avant de parler.
Un reportage de Franck Michel Ougéhi