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DOSSIER

Visite au marché du poisson d'Abobo-Doumé
Jack Louamy | 24/1/2007

Actualité

Abobo-Doumé, village Ebrié en bordure de lagune, et situé dans la commune d'Attécoubé, est réputé pour son marché de poissons. Un tour dans ce marché nous a permis de découvrir l'ambiance qui y règne.

Le poisson frais, les abidjanais en raffole. Ils en consomment d'ailleurs régulièrement. Le poisson qui « sort de l'eau ». Entendez par là le poisson qui connu aucune conservation au frigo. Tous les jours donc, tôt le matin ou à la tombée du soleil le soir, hommes et femmes se rendent au marché de poissons d'Abobo-Doumé. Ils y achètent du poisson frais, des crevettes, des crabes, et autres produits des eaux. Mais la plupart des clients s'y trouvent pour acheter du poisson.

A Abobo-Doumé, un marché spontané s'est créé en bordure de lagune. Situé à proximité du terminus des bus 36, 44, 42, et 47, de la gare lagunaire Sotra d'Abobo-Doumé, et jouxtant le quai des pinasses, ce marché de poissons ne désempli jamais. Déjà à 6 heures du matin, des femmes, munies qui de seaux, qui de cuvettes, ou de glacières, attendent l'arrivée des pêcheurs partis en mer depuis la veille.

Assises à même le sol sur des cailloux, ou sur de vieilles pirogues abandonnées sur la rive, ces femmes bavardent pour passer le temps. Elles ont toutes les yeux rivés sur la lagune, espérant voir les pêcheurs arriver.

Quand arrivent les premières pirogues, c'est la bousculade. La rive qui semblait jusque là endormie, devient brusquement agitée.

Aidés par de jeunes gens, les pêcheurs tirent les pirogues pleines de poissons frais, jusqu'au rivage. Les femmes qui s'impatientaient depuis, se ruent vers les embarcations qui ont à peine accostées. Et dans un vacarme indescriptible, elles assaillent les pêcheurs.

Les pirogues des pêcheurs contiennent différentes variétés de poissons : Carpes, Chinchards, Capitaines, Sossos, Mérous, Brochets.

Sur place, les pêcheurs vendent le poisson aux dames à raison de 10 000F la grande bassine. Cependant, certains poissons eu égard à leur poids et taille, sont vendus en détail. C'est le cas généralement des poissons capitaines, et du brochet qui peuvent peser jusqu'à 10 ou 20 kg surtout pour le brochet qui est particulièrement apprécié du peuple Ebiré.

Comme matériel de travail, les pêcheurs vont en eau avec leurs pirogues, des filets de pêches, des lignes, des lampes tempêtes et des torches.

La pêche selon des témoignages, est une activité qui nourrit son homme. « Elle permet d'avoir une recette journalière comprise entre 50 000 et 100 000F cfa. » confie Emmanuel Kwamé, pêcheur. Cependant indique t il, quand la pêche n'est pas favorable, les pêcheurs travaillent à perte.

Installées derrière des tables, des femmes placent le poisson par petits tas en vue de les revendre. Les clients de ces dames viennent de tous les quartiers d'Abidjan. « Je m'approvisionne ici parce que le poisson est frais, de très bonne qualité, et relativement moins cher », explique Angel Guidy rencontré avec un panier sur les lieux.

Notons que parallèlement au marché de poissons, il s'est développé sur le même espace un autre commerce où l'on vend de l'attiéké, des légumes, quelques fruits, et autres condiments. Ainsi le client après avoir acheté du poisson, s'approvisionne sur place pour sa cuisine.

A la tombée de la nuit, les poissons invendus sont fumés pour être vendus le lendemain en d'autres lieux.

 

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