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Le marché central de Yopougon: pourquoi les travaux sont arrêté Jack Louamy [ 4/12/2006 ]
Situé sur l'axe Siporex-Saguidiba, sur le boulevard principal, le marché central de Yopougon en construction, a vu ces travaux de construction arrêtés depuis maintenant 4 ans. Cette réalisation à polémique continue de faire grand bruit dans la cité. Qu'est ce qui s'est passé ? Les réponses dans ce dossier.
Comme il fallait s'y attendre, la livraison du marché central de Yopougon n'a pu être faite en 2000 comme prévu. L'échec prévisible vient d'un projet mal monté qui visiblement faisait croire que l'on voulait se sucrer sur le dos des commerçants. Ces derniers ont été dupés. Il leur a été demandé de payer de l'argent pour construire le marché en question. Aujourd'hui, 7ans après, les commerçants ne voient ni le marché, ni ceux qui ont pris leur argent. Alors que ces derniers ont investis des centaines de milles pour certains, et des millions pour d'autres. Et depuis, plus rien. Le chantier du marché central est en souffrance depuis 1999. Du joyau architectural de 5091 places, avec un centre commercial de 120 magasins, une banque et un poste de police qu'on leur a promis, les commerçants et les populations de Yopougon n'auront droit qu'à quelques blocs de béton sur un espace broussailleux de 3ha. L'imposante clôture qui sert désormais de sèche linge à certains riverains, résiste difficilement à l'usure et au temps. Mais qu'a t il bien pu se passer pour que les travaux de construction soient interrompus ?
L'histoire remonte a 1998. Sous la magistrature de M Doukouré Moustapha, le Consortium d'Etude et de Réalisations Immobiliers ( CERIM ) dirigé par M Doukouré Vazoumana, lance le projet de construction du grand marché de Yopougon. L'étude du projet réalisé par le Bureau National d'Etude Technique et de Développement ( BNETD ), donne un coût global de réalisation de 7,5 milliards de francs CFA. A la suite d'un appel d'offre, la Société de Gestion des Marchés ( SOGEMAR ), obtient le marché de construction et d'exploitation. La société promotrice ( SOGEMAR ) devait contribuer à hauteur de 20%, soit 1,5 milliard Fcfa, les commerçants 60%, soit 6,5 milliards de F cfa, et les structures partenaires devaient apporter les 20% restant. La mairie dirigée à l'époque par M Doukouré Moustapha, n'a donné que le terrain comme participation. Notons que la SOGEMAR devait gérer l'ouvrage durant 15 années, après sa finition, avant de le céder à la mairie.
Les commerçants ont été appelés à acheter les places dont les prix varient entre 200 000 et 1 million de F cfa selon l'espace à occuper. Ce sont au total 600 millions de nos francs qui ont été cotisés par les commerçants. Cette somme a servi de fond de garantie à la CCA ( actuelle BNI : Banque Ivoirienne d'Investissement ) qui a pu prêter 1,2 milliards à la SOGEMA pour le démarrage des travaux. Mais l'on apprendra plus tard qu'un contentieux opposait la BNI à la SOGEMA. Suite donc a l'arrêt des travaux, la mairie découvrira que le terrain a été hypothéqué depuis 2000. Soit deux (2) années seulement après la signature du contrat.
« Ce n'est que maintenant que la BNI nous sort un dossier d'hypothèque après que l'argent ait été dilapidé » expliquait M Gbamnan Djidan Jean Félicien, actuel Maire de la commune de Yopougon.
Après un procès intenté contre la BNI aux fins de récupérer son terrain hypothéqué, la mairie de Yopougon a été déboutée. Aujourd'hui, l'espace est la propriété de la BNI. La nouvelle équipe à la tête de la commune de Yopougon devra chercher un autre terrain si elle veut bâtir un marché; le site actuel ayant été hypothéqué par M Doukouré Vazoumana, aujourd'hui président de la Fédération Nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire ( FENACCI ). En hypothéquant le terrain, il voulait semble-t-il, se défaire de son créancier, la BNI.
Dans cette affaire qui frise la magouille, les commerçants doivent réclamer leur argent. Ils doivent s'organiser pour que justice leur soit rendue.
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