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Enseignants du privé: une vie de misère Jack Louamy [ 20/11/2006 ]
Les enseignants en Côte d'Ivoire ne sont pas logés à la même enseigne. Il y a ceux du public qui «brillent» à cause de leur position aisée, et ceux du privé qui broient du noir. Petite incursion dans leur milieu.
En principe pour pouvoir dispenser des cours dans un établissement secondaire public ou privé, il faut être titulaire d'un CAP-CEG ou un CAPES délivré par l'Ecole Normal Supérieur. Outre ces deux (2) diplômes, l'enseignant doit être au moins titulaire d'une licence. Avec le CAP-CEG, l'enseignant dispense des cours de la 6ème à la 3ème. Lorsqu'il est titulaire d'un CAPES ou d'une licence, l'enseignant peut dispenser les cours jusqu'aux classes de Tle. Quant aux enseignants du primaire, il faut avoir fait le CAFOP ou alors être titulaire d'un CAP.
Que gagnent-ils ?
Les enseignants du privé gagnent en plus de leur salaire de base, des primes de logement, de transport, et biens d'autres avantages qui cumulés, atteindre facilement les 300 000F cfa.
Dans le temps, il y avait deux (2) classes d'enseignants dans le public : les « décrochés » et les « raccrochés ». Les premiers étaient plus privilégiés que les seconds. Mais en fin de compte, un terme a été mis à cette injustice. Notons qu'en dehors de leur salaire, les enseignants du public perçoivent des primes de correction ou de surveillance des examens de fin d'année. De plus, ils sont toujours payés pendant les vacances scolaires. Ce n'est pas le cas chez leurs collègues du privé qui sont privé de tout. Ces derniers sont les propriétés privés des fondateurs égoïstes. Parfois, les enseignants du privé sont des professeurs du public qui font des « gombos » pour arrondir leurs fins du mois. Mais la plupart d'entre eux sont des étudiants n'ayant pas encore fini leurs études ou ayant échoué au concours de l'ENS ou du CAFOP. Certains fondateurs se donnent le luxe de recruter parfois des gens n'ayant même pas le niveau, juste pour ne pas les payer correctement ; parce que ces derniers son moins exigeants. Les enseignants du privé touchent généralement entre 50 000 et 80 000F cfa. Si cela leur était versé régulièrement, il n'y aurait pas de problème. Mais ils peuvent passer plusieurs mois sans percevoir quelque chose. Quelques fois, on leur tend la moitié de leur salaire, tout en leur promettant de payer le reliquat le mois suivant. Et en fin de compte, ils ne vivent que de promesses. Cette situation les rend misérable. Ces enseignants passent leur vie à rembourser des crédits.
A la vue de leurs professeurs mal vêtus, les élèves n'ont aucune considération pour eux. Certains enseignants ne se gênent même pas pour emprunter de l'argent à leurs élèves. Quelle bassesse !
La responsabilité de l'Etat
Lorsque les enseignants du privé vont demander leur paie aux fondateurs, ceux ci les renvoi à l'Etat. En effet, ils leur demandent d'attendre que l'Etat leur reverse la subvention. Or la réalité est que l'Etat peut mettre deux (2) voire trois (3) ans avant de payer la subvention ; et c'est très souvent après plusieurs grèves et soulèvement du corps enseignant.
Il se trouve parfois aussi qu'une fois la subvention payée, certains fondateurs oublient d'honorer leur part de contrat vis à vis des enseignants qui suspendent les cours, empêchant ainsi le bon déroulement de l'année scolaire.
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