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Robert Mugabe embarasse ses pairs BBC Afrique [ 3/7/2008 ]
Alors que l'UA est pressée par l'ONU, les Etats-Unis et l'Europe de rejeter la réélection de M. Mugabe, le chef de l'Etat zimbabwéen participe depuis hier au milieu des autres présidents africains au 11 eme sommet de L'Union Africaine.
Suspendus en début de soirée, les débats doivent reprendre mardi matin avec une session à huis clos consacrée au Zimbabwe.
"Les Africains sont capables de décider par eux-mêmes. Nous avons même accueilli Mugabe comme un héros", a déclaré à des journalistes le président gabonais et doyen des chefs d'Etat africains, Omar Bongo Ondimba.
"Il a été élu, il a prêté serment, il est là avec nous, alors il est président", a ajouté M. Bongo, jugeant les prises de positions de la communauté internationales "un peu trop grossières".
"Nous comprenons les attaques mais ce n'est pas comme ça qu'ils auraient dû agir (...) On aurait pu nous consulter d'abord, envoyer par exemple un message à la présidence de l'Union pour demander ce que nous pensons", a-t-il argumenté, affirmant que l'Afrique "leur répondra par une fin de non-recevoir".
La dénonciation de la réélection de M. Mugabe s'est poursuivie lundi pendant le sommet.
La Maison blanche a ainsi fait savoir que de nouvelles sanctionsaméricaines contre le régime Mugabe devraient être l'affaire d'une semaine ou deux.
Sans mentionner directement les Etats-Unis, le Commissaire à la paix et la sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra, a lui remarqué devant la presse à Charm el-Cheikh que "les sanctions ne sont pas le meilleur outil dont dispose la diplomatie moderne".
Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait aussi jugé que l'élection "n'avait pas (...) produit un résultat légitime". M. Ban a toutefois "encouragé les efforts des deux parties" zimbabwéennes "à négocier une solution politique", en apportant son soutien "aux efforts" de l'UA et de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) "pour promouvoir un accord acceptable pour le peuple du Zimbabwe".
Dès son ouverture, le sommet de l'UA a d'ailleurs semblé pencher pour une solution négociée entre M. Mugabe et l'opposant Morgan Tsvangirai.
"L'Afrique doit assumer pleinement les responsabilités qui sont les siennes et faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider les parties zimbabwéennes à surmonter les défis de l'heure", a lancé à la tribune le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, dans un appel indirect à un compromis entre les deux hommes.
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