
Engouement des populations pour la consultation de la liste électorale
Les populations de la zone sud (zone contrôlée par l'armée gouvernementale) et celles de la zone centre nord ouest (CNO, zone contrôlée par l'ex rébellion) font preuve d'un engouement dans la consultation de la liste électorale provisoire ivoirienne depuis l'affichage de celle-ci respectivement dimanche et lundi.
Avec l'appui de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) qui a transporté, par voie aérienne et par voie terrestre, la liste électorale provisoire, l'affichage tant attendue a débuté dimanche à Abidjan et à Yamoussoukro (centre).
L'affluence est perceptible sur le terrain, mais dans la plupart des centres de collecte, la consultation des listes se fait dans le calme et la discipline.
"Je suis venu voir mon nom et celui de ma mère. Je suis heureuse par ce que nous figurons bien sur la liste", a affimé à Xinhua l'étudiante Fatoumata Kamagaté, au centre de collecte du collège Soma Samaké d'Adjamé, un quartier populaire d'Abidjan.
"J'avais déjà vu mon nom sur internet mais pour me rassurer, je suis venu vérifier sur la liste affichée. C'est propre (c'est bon) ", a lancé pour sa part Hervé Gueu, gérant d'une station-service.
La même ambiance d'engouement était aussi observable au centre de collecte de l'école Siporex 9 à Yopougon, la plus grande commune d'Abidjan. Outre les personnes inscrites sur la liste qui exultaient, d'autres, qui n'avaient pas vu leur nom sur la liste, étaient peu bavardes mais ne cédaient pas au découragement.
Il en est de même pour des personnes dont les noms figurent sur la liste mais qui déplorent des erreurs qui se sont glissées dans les noms.
"C'est la négligence des agents d'enrôlement qui a entraîné cela. Ce n'est pas sérieux", a vitupéré Alfred Kadio, enseignant. Son collègue Mamadou Koné, plus serein, rappelle qu'ils vont user des voies de recours communiquées par la Commission électorale indépendante (CEI) pour faire des réclamations.
La Commission électorale, qui a largement informé sur les cas litigieux, avait indiqué que ceux dont le dossier était incomplet devraient présenter une requête à leur commission électorale locale.
Le règlement du contentieux durera un mois et huit jours, à compter du lendemain de l'affichage de la liste.
"Des solutions sont prévues pour chaque cas. Sachez que personne ne sera privé de ses droits. Je tiens à vous dire que tous les cas de fraude seront détectés et les fraudeurs seront mis à la disposition de la justice qui en fera ce qu'elle voudra", prévient toutefois la CEI dans un communiqué publié lundi.
Le communiqué fait aussi le constat du bon déroulement de l'affichage à Bouaké (zone CNO) où la consultation se fait également dans le calme, la discipline et la sérénité. Selon le document, l'absence est moins forte en ville dans cette localité car la quasi-totalité des populations a déjà consulté la liste par SMS et par internet.
"Cependant si dans la ville de Bouaké ce n'est pas la grande affluence, ce n'était pas le cas pour les populations issues des zones rurales qui n'ont accès ni à la connexion internet, ni au réseau téléphonique. Celles-ci attendaient avec impatience l'affichage. Ce qui explique leur forte mobilisation devant les différents centres de collecte", a expliqué le porte-parole de la CEI Bamba Yacouba, ajoutant que la mobilisation était forte et que les illettrés ont dû se faire aider par les instituteurs ou par d'autres fils du village.
La motivation des populations pour la liste électorale fait penser à plusieurs personnes qu'il en sera de même pour l'élection proprement dite, élection à laquelle prendront part 14 candidats dont la liste été récemment publiée par le Conseil constitutionnel.
Par ailleurs, il convient de souligner que l'appel de la CEI qui, dans un communiqué publié dimanche, appelait de façon solennelle l'ensemble des Ivoiriens à la sérénité, à la discipline et à l'ordre lors de l'affichage de la liste a été pour le moment entendu.
Le scrutin présidentiel pour lequel la liste électorale provisoire a été rendue publique était prévu pour le 29 novembre prochain mais est reportée à une date non encore indiquée.
Le scrutin devrait apporter une paix définitive à la Côte d'Ivoire minée depuis 2002 par une crise militaro-politique.