|
Centre de formation de football: Rêve ou passion ? Jack Louamy [ 27/8/2008 ]
Les centres et écoles de formation de football foisonnent dans notre pays depuis quelques années. Au CFM-foot, l'un des derniers nés des centres de formation en Côte d'Ivoire, le rêve de devenir footballeur international semble le leitmotiv des pensionnaires. Une journée passée dans ce centre nous a permis de voir le travail abattu par ces gamins.
Sous nos tropiques, et singulièrement en Côte d'Ivoire, le football déchaîne des passions. L'avènement des centres de formation y a ajouté le rêve : celui d'être demain une star internationale du ballon rond, à l'image de Didier Drogba, Kolo Touré, Arouna Dindané, et autres internationaux ivoiriens. Notre enquête cette semaine nous a conduit dans l'un de ces centres à Yopougon-Niangon. Son nom, le CFM-foot. Dès 8h chaque matin, les pensionnaires de ce centre prennent d'assaut le terrain de football de Niangon Lokoua, site provisoire de leurs entraînements.
Vendredi 22 août 2008. Il est un peu plus de 8h. Sur le terrain de football situé en bordure de la lagune Ebrié à Niangon Lokoua, des adolescents s'adonnent à coeur joie à des exercices footballistiques. Les cônes disposées selon les exigences de l'exercice du jour. La leçon peut donc démarrer.
Séance de préparation physique. Abdominaux, appui tendu renversé, et autres techniques gymniques sont exécutés. L'encadreur fait reprendre ces exercices plusieurs fois à ses élèves, qui semblent apprécier cette fatigue saine. A les voir se donner corps et âme à l'exécution de ces séquences pénibles, nous avouons que ces jeunes footballeurs y mettent plus que de la volonté.
Le centre de formation CFM-foot dispose de deux (2) types de formation pour pupilles, minimes, cadets, et juniors. Le programme d'initiation, à en croire le directeur technique du centre, consiste à donner aux plus jeunes, les pupilles et les minimes notamment, les premiers contacts avec le ballon. « Il s'agit en autre de savoir comment arrêter un ballon, comment le toucher, comment faire la passe etc », confie notre interlocuteur.
Toujours selon M. Amatcha Landry, la formation proprement dite avec tout ce qu'elle comporte comme exigences physiques, mentales et intellectuelles, est inculquée aux gamins.
A l'issue d'une séance de préparation physique intense, le coup de sifflet de l'encadreur retenti. Place à la leçon du jour : les vitesses. Les apprenants sont regroupés. En cinq (5) minutes, l'instructeur donne l'importance de ce chapitre dans le football. « Il y a plusieurs sortes de vitesses en football. Il y a la vitesse de course, la vitesse gestuelle, et la vitesse de réaction. Elles peuvent toutes se faire en exercice avec ou sans le ballon », explique M. Gnamba. A en croire notre instructeur, la lenteur de bon nombre d'internationaux en phase offensive peut s'expliquer par la non assimilation de ces techniques de vitesse.
La théorie assimilée, place à la pratique. Pour celui-ci, il incombe de disposer des cônes. Deux (2) haies de cônes sont disposées. Les élèves devront se faufiler entre ces cônes avec une balle, le plus rapidement possible. L'instructeur tient un chronomètre en main. Cet exercice n'est pas de tout repos pour nos jeunes apprenants. Ils réussissent tant bien que mal à accomplir des performances, sous l'oeil médusé des encadreurs. « C'est terminé pour aujourd'hui », lance M. Gnamba, après une longue mais passionnante séance d'entraînement. Sur le terrain, les élèves continuent e répéter l'exercice, mais sans pression aucune cette fois.
De nos jours, les élèves des centres de formation de football sont plus motivés par le rêve d'être une star internationale du ballon rond, plutôt que par la passion du sport roi. Plusieurs pensionnaires de ces centres ont du abandonner l'école classique et conventionnelle, pour le football. Autant dire que ces dernières années, le rêve a pris le pas sur la passion, car rien qu'à entendre les salaires faramineux de certains internationaux, la conscience des jeunes gens est aiguillée vers les centres de formation. Encore, faut il que ces derniers y mettent le coeur pour s'imposer comme de vrais espoirs du football.
|