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Enquête

Dans l'univers des femmes chimiquement modifiées
Jack Louamy  [ 27/5/2008 ]

Littérature

Elles ne sont ni blanches, ni métisses. Elles n'ont pas également été génétiquement modifiées, mais chimiquement transformées. Elles, se sont les « go tchatchos ». Ces femmes et ces jeunes filles au teint claire, souvent même trop claire, ont les trouve désormais partout en Côte d'Ivoire.

La dépigmentation de la peau prend de l'ampleur en Côte d'Ivoire malgré tous les risques liés à cette pratique. Les campagnes de sensibilisation n'ont malheureusement pu mettre frein à l'ardeur de ces ivoiriennes qui se « blanchissent » la peau. Se décaper est devenue en quelque sorte la nouvelle mode. « Les hommes d'aujourd'hui préfèrent les femmes au teint clair. Alors nous sommes bien obligées de nous éclaircir la peau pour être aussi attirante », tente de justifier Salye, une jeune commerçante de pagne à Treichville.

En tout cas ce qu''il est donné de voir dans les magasins et autres boutiques, c'est la ruée vers les produits cosmétiques. « Aujourd'hui, les femmes n'ont d'yeux que pour les produits où il est inscrit éclaircissant », nous confie Abdul, vendeur de produits de beauté au grand marché de la Sicogi à Yopougon.

Dans cette course à la peau claire, certaines femmes se sont érigées en véritables chimistes. Elles font un mélange de plusieurs produits cosmétiques pour trouver la mixture miracle qui fera d'elles de superbes nanas lumineuses. Mais cela n'est malheureusement pas sans danger pour l'épiderme. « La toxicité de certains ingrédients présents dans ces produits tels que l'hydroquinone, les corticoïdes, les stéroïdes, nuisent gravement à la santé de la peau en franchissant la barrière cutanée. Les mélanges de différents produits sont encore plus dangereux, étant donné que certains ingrédients deviennent agressifs au contact d'autres », explique Dr Touré, dermatologue. Il faut ajouter à cela que l'individu qui e décape élimine la mélanine, et donc perd sa sécurité cutané.

Au lieu d'afficher un teint clair pour plaire aux hommes comme elles le souhaitent, certaines « go tchatcho » prennent une coloration carrément rosée, voire violacée, avec des tâches bleuâtres ou noirâtres par endroits. C''est à couper l'appétit. Rencontrer ce genre de femme sous un soleil de 38° donne la nausée, tant l'odeur qu'elles dégagent est insupportable.

Une fois le résultat recherché obtenu, ces femmes, dans leur logique de ne pas passer inaperçues, se font des dessins corporels appelés tatouages.

Le tatouage, trouve son origine à l'époque de la préhistoire. Mais l'origine de son nom vient du tahitien « Ta-Tu ». « Ta » qui signifie dessin et « Tu » qui veut dire esprit. Les indigènes marquaient leur corps afin de bénéficier de la protection de leur ange gardien. C'est un dessin à l''encre, ou autre pigment décoratif ou symbolique sur la peau. Il est devenu aujourd''hui un phénomène de mode en Côte d'Ivoire. La gent féminine s'y adonne à cœoeur joie. Seins, bras, hanche, sourcilles, bas ventre, dos… plus aucune partie de leur corps n'échappe à cette mode. « Je me tatoue parce que c'est quelque chose que j'aime. Surtout quand je vois les célébrités du showbiz américain avec des tatouages extraordinaires, je suis encore plus attirée par ce phénomène. De plus il est séduisant d'avoir un petit tatouage sur le corps. çà fait tendance », confie Nina, serveuse dans un night club à Cocody.

Il existe deux (2) sortes de tatouage : le permanent et le temporaire. Le dernier cité à une durée d'une semaine à trois (3) mois. Le permanent lui se porte à vie. Qu'ils soient indélébiles ou temporaires, les dessins à l'encre ou tout autre pigment sur la peau font désormais partie du feeling des femmes, et singulièrement des jeunes filles. Pour elles, le nouveau moyen d'attirer l'attention des hommes lorsqu'elles sont vêtues d'un décolleté, c'est le tatouage sur le sein. Lorsqu'elles sont en pantalon taille basse, un petit dessin au bas du dos fait l'affaire.

Mais comme les produits éclaircissants, ces dessins corporels peuvent également causer des conséquences graves telles que le cancer de la peau. Il est temps que ces femmes qui éprouvent certainement un complexe, prennent conscience des dangers qui les guettent. A force de vouloir paraitre belle, elles finissent non seulement par être dégoutantes, mais pire, elles s'exposent à d'énormes risques sanitaires.

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