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Enquête

Les ivoiriens noient leurs soucis dans l'alcool
Jack Louamy  [ 17/4/2008 ]

Littérature

Le marché de l'alcool frelaté ( Koutoukou, Bangui, tchapalo ) prospère à abidjan. A tous les coins de rues, notamment dans les quartiers populaires, les bistrots de fortune foisonnent et ne désemplissent plus, malgré les conditions d'hygiène approximatives, et les nombreuses mises en garde des autorités.

Pour certains accros du koutoukou, pas besoin de petit déjeuner le matin. Une tournée de 50F et la journée est gagnée. Un régime alimentaire auquel se sont adaptés bon nombre de consommateurs de cette boisson. Les effets de ce régime se ressentent sur leur corps squelettique à première vue. Ils ont les yeux et les dents jaunes comme des rats palmistes, avec une peau qui flotte sur les os.

Une activité qui marche
Aujourd'hui à abidjan, les bistrots de fortunes prospèrent. Un véritable industrie qui se à l'abri des taxes municipales et autres impôts. D'ailleurs, on ne se cache plus. On vend l'alcool frelaté en plein air dans les quartiers populaires. Le rond point de la gendarmerie d'Abobo s'est transformé en un véritable lieu de beuverie et d'orgie. Le temps aidant, l'on y vend maintenant des aliments complémentaires à leur offre, à savoir, de la viande boucanée, du poisson frît, ou de la viande de porc.

L'endroit ne désemplit plus. Il est même devenu incontournable. A la descente du bouleau, on y fait un crochet. Et là, on assiste à une folle ambiance. Les débats de tous genres sont tenus par la meute de buveurs.

Boire et mourir à petit feu
« A consommer avec modération » ou « l'alcool nuit gravement à la santé ». Telles sont les formules utilisées par les brasseries, affichées sur les bouteilles et empaquetages. Mais le consommateur s'en soucie très peu.

L'avantage avec la brasserie est qu'en plus de ces avertissements, l'on est situé sur le degré d'alcool contenu dans chaque type de boisson. Ce qui n'est pas le cas pour l'alcool frelaté. Le degré d'alcool contenu dans le koutoukou, le tchapalo, ou le bangui, relève d'un mystère. L'on peut toutefois se rendre compte du degré de nocivité du koutoukou, au seul geste d'y jeter un morceau de viande fraîche : elle se consume. Toute chose qui donne un aperçu du ravage qu'il cause dans le corps du consommateur.

Aujourd'hui, les rapports entre certaines personnes et les boissons frelatés peuvent se résumer à : « boire et mourir à petit feu » ; quand on sait que la consommation abusive de ces boissons, c'est la porte ouverte à l'hépatite, et la cirrhose de foie. On peut assister également à une destruction des globules rouges, ce qui entraîne inévitablement l'anémie. Pis, une plaie chez l'alcoolique a des difficultés de cicatrisation. Sans oublier que le sujet à des problèmes de fertilité.

Si les boissons frelatées dans leur composition chimique restent des dangers, les conditions hygiéniques de leur fabrication demeurent approximatives.

C'est le lieu d'interpeller les municipalités et l'Institut Nationale d'Hygiène Publique (INHP), qui minimisent les risques courus par les populations qui trouvent leur « salut » dans ces beuveries.

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