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Abidjan : Le bitume a foutu le camp Jack Louamy [ 31/3/2008 ]
Les dix (10) communes d'Abidjan ont un point commun : la voirie est fortement dégradé. Le bitume se dégrade de plus en plus dans la capitale économique ivoirienne au point même où certains points ont atteint un seuil critique. Enquête !
« A Abidjan, ya plus route. Tout est gâté. L'état des routes n'est pas fait pour arranger les choses chez nous les transporteurs et même pour les propriétaires de véhicules personnels », se plaint Namory, chauffeur de wôrô-wôrô (taxi communal).
A l'instar de ce transporteur, la quasi-totalité des chauffeurs dans le district d'Abidjan, se plaignent quotidiennement du mauvais état de la route. Le bitume est en effet dans un état de délabrement très avancé. Le problème se pose avec plus d'acuité par endroits. Dans certains quartiers, la chaussée a fait place à des nids de poules béants et autres larges crevasses qui rongent progressivement la voie, sous le regard complice des autorités municipales, qui n'attendent que le pire se produise pour jouer les « médecins après la mort. »
De Yopougon à Cocody, en passant par Adjamé, Abobo, Attécoubé et toutes les autres communes du district, le constat est le même. La voirie à Abidjan s'est considérablement dégradée. Une petite ballade à travers les rues du district nous a permis de faire le constat.
Notre randonnée commence dans la cité de la joie : Yopougon. Au quartier SIDECI, il y a en endroit que l'on appelle « pont cassé ». Ceux qui empruntent cette voie ont-ils encore la notion du mot danger ? Là en effet, se trouve un semblant de pont qui manque de disparaître, menacé qu'il est de s'effondrer. Ce pont qui relit les quartiers de Niangon et de SIDECI, n'est plus que l'ombre de lui-même. Les automobilistes qui l'empruntent, retiennent leur souffle. Ils sont obligés de rouler avec prudence et délicatesse, au risque de se retrouver dans le grand caniveau voisin qui offre sa profondeur, et son contenu nauséabond.
Toujours dans la plus grande commune de Côte d'Ivoire, cette fois du côté de Andokoi, le spectacle est désolant. C'est comme s'il n'y a jamais existé de bitume dans ce quartier. L'eau qui ruisselle en permanence sur la voie, a fini par avoir raison d'elle. La voie principale d'Andokoi ressemble trait pour trait à une piste village en saison de pluie. L'état de cette voie est tout simplement effrayant.
Autre lieu, même spectacle. A Abobo, se n'est désormais un secret pour personne. Il n'y a plus de route. Du moins trouver une couche de bitume quelque part, relève d'un miracle. Les nids de poules qui se succèdent, contiennent tout le temps de l'eau. Cette situation pose un véritable problème d'hygiène à Abobo, étant donné que ces flaques d'eau sont des lits de larves de moustiques.
A Marcory, la situation n'est pas plus reluisante. Au niveau du carrefour SIB, la chaussée a subi l'effet constant des eaux usées provenant des regards. Depuis des lustres, ces eaux stagnent au milieu de la chaussée. Elles ont fini par s'infiltrer dans le sol, faisant de larges crevasses qui rendent la circulation peu aisée à cet endroit. Si rien n'est fait, dans les mois à venir, cette voie ne sera plus praticable.
Le quartier chic de Cocody, ne veut pas rester en marge de cette compétition. Elle affiche elle aussi, son tableau sombre de nid de poules et de crevasse. Le célèbre boulevard de La Corniche a finalement été réhabilité après moult dénonciation. Bravo aux autorités compétentes. Mais il reste encore beaucoup à faire. A Anono par exemple, la voie bitumée qui séparait ce village de la Riviera II, n'existe désormais que de nom. Le goudron s'est érodé en un temps record pour faire place à une piste impraticable.
Les exemples sont légions dans le district d'Abidjan, et même dans les autres viles de la Côte d'Ivoire. Si nous voulons les prendre cas par cas, une année ne nous suffirait pas. Il y a urgence à réhabiliter la voirie à Abidjan. Il faut agir, sinon réagir. Promptement. Car la dégradation de ces ouvrages ne s'est pas faite du jour au lendemain. Elle s'est faite progressivement pour atteindre finalement ces proportions alarmantes.
C'est l'occasion aussi d'attirer l'attention des populations sur certains de leurs agissements. Certaines pratiques, telles qu'incinérer des objets (pneus, tables…) à même le bitume, est l'une des causes de la dégradation de la voirie.
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