
La justice demande une "expertise" de la liste électorale provisoire
La justice ivoirienne demande une "expertise" de la liste électorale provisoire pour y extirper les personnes inscrites frauduleusement, à l'issue d'une enquête ouverte suite à la suspicion de fraude portée contre le président de la Commission électorale indépendante (CEI).
"Il convient de faire procéder à une expertise des listes à compter de la date de mission des techniciens de la CEI sur le terrain et en tenant compte des CD incriminés pour extirper ces pétitionnaires litigieux de la liste électorale", suggère le tribunal d'Abidjan dans un communiqué dont l'agence Xinhua a reçu copie vendredi.
Selon le communiqué, certains pétitionnaires figurant sur la liste des 429 000 croisés en "interne" par la CEI ont été inscrits "directement" sur la liste électorale définitive.
L'enquête a "permis d'établir" que la CEI a procédé à un croisement "de son propre chef", en dehors des opérateurs techniques agrées, à l'initiative de son président Robert Beugré Mambé, avec la collaboration de son vice-président Jean-Baptiste Gomis, du directeur de Cabinet Antoine Adou, du secrétaire général Yapi Jacques, du responsable du service informatique, Julien Kouakou, et de 70 informaticiens.
Le président de la CEI s'est toujours défendu d'avoir commis un "crime" reconnaissant toutefois avoir fait réaliser en "interne" un croisement que des "dysfonctionnements manifestes" dans ses services ont permis de retrouver dans les commissions locales.
"L'enquête diligentée a révélé tout le contraire des thèses défendues par celui-ci", affirme le communiqué.
Selon le tribunal, M. Mambé est "coupable d'avoir fait inscrire ou tenté de faire inscrire des pétitionnaires, qui n'y avaient pas droit, sur la liste électorale, d'avoir par ailleurs fait du faux et en avoir usé", tout comme ses trois autres collaborateurs. Quant au secrétaire général, Jacques Yapi, il lui est reproché de s'être fait "complice" des premiers cités.
Les informaticiens ont été mis en mission du 5 au 14 janvier et "l'entreprise déjouée avait pour but de rajouter à la liste électorale définitive certains pétitionnaires se trouvant sur la liste des 1.033.000 cas à valider".
La liste électorale provisoire compte 5,3 millions de personnes. A la date du 9 janvier, la CEI a noté 465.000 cas traités sur quelque 500.000 réclamations.