
L'opposition dénonce les "manoeuvres dilatoires"
L'opposition politique ivoirienne relève des menaces sur l'accord de paix inter-ivoirien du fait des "manoeuvres dilatoires" des partisans du président Laurent Gbagbo visant à retarder l'élection présidentielle.
L'accord politique de Ouagadougou signé en mars 2007 "n'a jamais été autant menacé du fait des manoeuvres dilatoires du camp présidentiel", estime le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) dans un communiqué publié vendredi.
Le RHDP dénonce, entre autres, l'exigence du clan présidentiel de voir le président de la Commission électorale indépendante (CEI) démis de ses fonctions et l'institution réorganisée, la tentative du ministère de l'Intérieur de transférer les attributions de la CEI au corps préfectoral, de même que les missions de magistrats et avocats du Front populaire (FPI, parti présidentiel) dans les tribunaux pour demander la radiation des électeurs présentés comme des étrangers.
Des heurts ont éclaté dans les localités de Divo (centre-ouest, 203 km d'Abidjan), Katiola (434 km au nord d'Abidjan) et Man ( ouest, 578 km d'Abidjan) entre forces de l'ordre et populations qui protestent contre des décisions de justice visant à radier des personnes de la liste électorale pour fraude sur la nationalité ivoirienne.
"Cette situation est créée et entretenue par le clan présidentiel qui ne veut pas aller aux élections", affirme le communiqué.
"La confection de la liste électorale, étape cruciale du processus électoral connaît actuellement un fort ralentissement qui peut conduire à un blocage préjudiciable et dangereux pour l'ensemble du processus de sortie de crise", prévient le RHDP qui demande que l'élection présidentielle se tienne "fin février-début mars" comme prévu.Le RHDP appelle tous ses militants à "empêcher les tribunaux d'opérer des radiations arbitraires, partisanes et illégales".
La liste électorale provisoire compte 5,3 millions de personnes. Au total 1.033.000 cas litigieux restent à valider lors du contentieux électoral prévu pour s'achever le 14 février après deux prolongations.
Au 9 janvier, à l'expiration du dernier délai, 465.000 dossiers avaient été traités "de façon consensuelle" sur un peu plus de 500. 000 requêtes reçues, selon la CEI.
Le RHDP appelle "à la vigilance et à la détermination de tous" pour "préserver impérativement ces acquis pour ne pas retarder l'élection présidentielle", conclut le RHDP.