Accueil   |  Contact 
Bienvenue à Réseau Ivoire
Actualité

Probo Koala: 2 ans après son passage, les populations souffrent toujours...
Raymond Alex Loukou  [ 21/8/2008 ]



L'Union des Victimes de Déchets Toxiques d' Abidjan et Banlieues ( UVDTAB ) a organisé le 19 août dernier dans la commune d' Abobo une cérémonie d' hommage aux victimes de cette catastrophe humanitaire, sanitaire et écologique.

Il s' est agit pour M. Ouattara Aboubakare Mavin, Président de ladite Union, d' interpeller les autorités ivoiriennes et onusiennes sur le cas de nombreuses victimes de ce drame qui n' ont pas encore été reconnues comme victimes par l'Etat ivoirien. De nombreuses personnes continuent de souffrir de ce drame sans être dédommagées par la cellule en charge des indemnisations.

Au cours de cette cérémonie que les organisateurs ont qualifié de deuil et de recueillement, quatre doléances ont été adressées au gouvernement à savoir : la dépollution totale des sites, l'indemnisation des victimes, la construction d' un centre de santé pour les, la revendication du statut de victimes pour les personnes concernées.

Le Président Ouattara Mavin s' est félicité du récent séjour du rapporteur spécial de l'Onu concernant le sujet et s' est dit optimiste quant à l'issue du dossier qui selon Mme Koffi Mensa Jeanne, de la Division des Droits de l' ONUCI présente à la cérémonie, sera bientôt débattu dans les hautes instances de l'Organisation mondiale.

Une plainte a été posée par l'UVDTAB contre la société Trafigura B.R selon M. Marvin par le biais de l'avocat français Mario Stasis qui était à Abidjan au mois de mai pour rencontrer les victimes des déchets toxiques. Une motion de soutien adressée au rapporteur spécial de l' Onu a été lue et remise à Mme Koffi Mensa.

L'UVDTAB a par ailleurs fait une adresse au Président Gbagbo lui demandant de prendre toutes les dispositions pour dédommager toutes ces victimes qui ne savent plus à quel saint se vouer et qui attendent la ...mort.
L'Union a salué la présence pour la première fois à leur côté du ministère de l'environnement.

De nombreux témoignages ont émaillés cette cérémonie qui a pris fin par l'exposition de photos de nombreuses victimes de ce déversement toxique qui a fait plus de 15 mort selon les sources officielles. Rappelons qu'au mois d' août 2006 le Probo Koala, bateau russe battant pavillon panaméen et affrété par la société Trafigura B. R a déversé à Abidjan et banlieues 528 m2 de produits hautement toxiques.
Jusqu'à présent certains sites n' ont pas encore été dépollués et les populations riveraines en souffrent énormément.

Témoignages:

Mme Ettien AMOIN : " J' habite au quartier N' Dotré. Je vis un véritable drame. Depuis deux ans, je subis les affres de ces déchets. J' ai été à l'hôpital. On m' a prescrit des médicaments. J' ai acheté et continue d' acheter les médicaments. J' ai des irruptions cutanées. Depuis que j' ai respirer ces odeurs là, des tâches sont apparues sur ma peau. J' ai le visage tuméfié. Les sachets de médicament que j' ai envoyés avec moi sont un témoignage éloquent.
Le drame dans tout ça, c' est que je n' ai pas été prise en compte dans le processus d' indemnisation. Je ne sais pas jusqu'à quand je vais continuer de payer les médicaments.

Au stade où j' en suis, je ne peux que souhaiter la construction d' un centre de santé pour traiter ces nombreuses victimes qui souffrent dans l'indifférence. Le pire c' est que nous continuons de respirer ces odeurs puisque certains sites n' ont pas encore été dépollués et lorsqu'il y a la pluie, c' est invivable ".

Mme Kouamé N' Guessan : " Je peux dire que je suis une miraculée ! Beaucoup pensaient que je n' allais pas survivre à ces déchets. Il faut dire que je travaillais à Cocody comme servante. Ma patronne venait d' être affectée en Suisse. C ' est à cette période que les déchets ont été déversés à Abidjan. Quand j' ai commencé à respirer ces odeurs, j' ai commencé à saigner du nez. Ensuite il y a eu des boutons sur mon corps. ça me démangeait tellement que ma patronne a dû acheter des médicaments pour calmer le mal mais rien n' y fit. Ces boutons ont persisté.

Par la suite j' ai eu des ballonnements de ventre. Quand j' allais aux toilettes, mes selles étaient tâchées de sang. Ma patronne ne pouvait donc pas m' envoyer avec elle puisque mon état de santé devenait inquiétant. Je n' ai pas été retenue sur la liste des personnes à indemniser et cela me crée d' énormes préjudices. Aujourd'hui je ne suis devenue une indigente. J' ai perdu mon emploi alors que j' ai trois enfants à scolariser. Ce que je demande au gouvernement c' est de se pencher sur le cas des vraies victimes qui souffrent. Beaucoup sont mortes dans l'indifférence totale.

Que l'Etat prenne en charge nos frais médicaux à défaut de nous indemniser.

Pendant combien de temps le calvaire va-t-il durer ?

Imprimez cet article
Envoyez cet article à un ami
 A lire également
   
les archives
  Condition d'utilisation | Proposer Réseau | Contactez-nous
Copyright © 2005 A.M.N Ltd - Tous Droits Réservés.
Hit-Parade