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Prostitution : Des étudiantes dans la danse
Jack Louamy | 22/1/2008

Actualité

La prostitution, de plus en plus, gagne du terrain dans notre société. Les filles de joie à la recherche de clients, arpentent les rues, les couloirs de certains établissements, les night clubs et bars privés, mais aussi les résidences et campus universitaires. Dans ce temple du savoir, les prostituées sont hélas des étudiantes. Enquête !

Ce n'est désormais un secret pour personne. Le plus vieux métier du monde gagne du terrain. Il est aujourd'hui pratiqué à grande échelle dans les cités universitaires. Du campus de Cocody, à la cité de Port-Bouët, en passant par Vridi, Abobo 1 & 2, la cité rouge, et la cité Mermoz, nombre de filles vivant en résidence universitaire, s'adonnent à la prostitution. étudiantes le jour, elles se transforment le soir venu, en racoleuses. Un réseau de prostitution bien organisé.

Ces filles livrées à elles même en cité universitaire, ont été pour la plupart victime de leurs mauvaises fréquentations. Aïcha S. nous raconte ici son histoire : « J'enviais beaucoup ma voisine de chambre qui avait toutes les commodités. Elle ne manquait de rien. Quand elle avait besoin de quelque chose, il lui suffisait d'appeler l'un de ses hommes. J'ai commencé moi aussi à faire comme elle, et je peux affirmer que depuis, ma situation s'est beaucoup améliorée. La bourse ne suffit pas donc nous sommes obligé de faire çà, sinon c'est la misère.»

D'autres par contre s'adonnent à la prostitution, parce que issues de famille pauvre. C'est le cas par exemple de B. Gisèle, étudiante en 2ème année de criminologie qui témoigne: « Mes parents sont de pauvres paysans vivant à Soubré. Ils n'arrivent même pas à avoir le minimum pour eux même, à plus forte raison s'occuper de moi. D'ailleurs, ils disent que je suis une grande fille et que je dois désormais me débrouiller pour subvenir à mes charges et aussi m'occuper de temps en temps de mes petits frères. Alors je suis obligé de coucher avec plusieurs hommes pour payer ma chambre, et assurer ma pitance quotidienne.» Ainsi se cadence la vie de nombreuses étudiantes sur le campus universitaire.

Ces étudiantes particulières d'après nos investigations, ne se livrent pas au premier venu, comme le font les autres prostituées. Pour mieux gérer la situation, elles préfèrent les hommes mariés, d'un certains âge, et qui ont une situation sociale aisée qu'elles appellent affectueusement dans leur jargon : koutrou, boss, sponsor, grotto, babatchê ?
Ses messieurs qui sont de véritables bailleurs de fonds. Tous les soirs, sur les parkings des résidences universitaires, l'on assiste à un ballet de véhicules rutilants. Certaines freschnies sortent pour une virée suivie d'une partie de plaisir dans un hôtel avec leur homme, quand d'autres préfèrent du sur-place. Elles se permettent de coucher avec leur homme en présence souvent de la voisine de chambre. D. Yvonnes logée à la cité rouge à Cocody, vit ce calvaire presque tous les soirs. « Ma voisine ne se gêne pas pour coucher avec ses nombreux copains en ma présence. Au début je me plaignais, mais elle m'a fait comprendre qu'elle est libre de faire ce qu'elle veut dans son compartiment? Je n'ai plus rien eu à dire », confie t elle.

Toutes les étudiantes s'adonnant à la prostitution ne restent pas en résidence universitaire. Certaines se comportent comme de véritables prostituées, et arpentent certains endroits de la ville d'Abidjan. Ainsi, on les retrouve aussi sur la voie qui longe l'hôtel Ivoire, aux II Plateaux en face du restaurant la La nuit du Saïgon, aux feux tricolores non loin de la cité Mermoz, mais aussi dans certains Night club branchés du district. Lorsqu'elles quittent leur chambre aux environs de 19heures, c'est pour rentrer à 5heures ou 6heures du matin. Sur la route, vêtues de spencers, assorti de pantalons moulants, de mini-jupes, qui laissent entrevoir les dessous, grillant une cigarette, elles ressemblent à tout sauf à des étudiantes. Bien triste réalité !

 

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