
DDR : Le processus de regroupement grippé au nord
Le Chef d'Etat-major des Forces de défense et de sécurité (Fds), le Général Philippe Mangou, a révélé, lors d"une conférence de presse animée vendredi au Centre de commandement intégré (CCI) de Yamoussoukro, que le processus de regroupement des ex-combattants poursuit son cours normal au sud, contrairement à la zone centre, nord et ouest (CNO) qui est confronté à des difficultés.
Le processus, lancé à Tiébissou et Djébonoua, le 22 décembre, prendra fin le 24 janvier à Sassandra, a annoncé le Général Mangou.
"Le 24 (janvier) sera la fin de notre opération. Cette opération a concerné globalement 12.000 de nos hommes", a-t-il indiqué, précisant que les FDS sont résolument engagées dans ce processus de retour à la paix.
De son côté, le Chef d'Etat-major des Forces armées des Forces nouvelles (Fafn), le Général Soumaïla Bakayoko, a soutenu que l'opération présente une autre réalité dans le nord.
"Nos réalités sont différentes de celles du sud. Il convient que toutes les conditions soient réunies par ceux qui ont la responsabilité de la sortie de crise pour que les choses puissent véritablement débuter dans le nord", a affirmé le Général Bakayoko.
Selon le patron des FAFN, des difficultés entravent le regroupement de ses éléments, notamment les attentes financières des soldats après leur entrée en casernes, le manque de logistique pour l'effectivité de l'opération et des problèmes relatifs aux capacités d'accueil des centres du service civique national et du centre du programme national de réinsertion.
"Sur les 31.150 ex-combattants appelés à être regroupés dans le nord, 20.000 sont à prendre en compte par le service civique et 8150 par le programme de réinsertion. 5000 éléments iront dans la future armée nationale et 4000 dans les services de la gendarmerie et de la police nationales", a t-il expliqué, notant que "le processus de regroupement se trouve grippé dans la zone nord par faute des moyens nécessaires à l'opération".
"La volonté des Forces nouvelles à appliquer l'Accord de Ouaga est claire et nette. Il n'y aura pas de recul à notre niveau", a toutefois rassuré le CEMA des FAFN.
Les deux généraux se sont retrouvés à Yamoussoukro pour faire le point du processus du regroupement des ex-combattants, à l'initiative du Représentant spécial du Facilitateur du dialogue direct, Bouréima Baldini.
La Côte d'Ivoire est engagée depuis mars 2007 dans un processus de sortie de la crise militaro-politique éclatée en septembre 2002, rappelle-t-on.