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Joëlle C: Une vie... une œuvre Morisson Kassi [ 28/5/2008 ]
Sa vie privée comme sa carrière musicale a été marquée par sa découverte de la foi. Mais aussi à la recherche de l'amour. Plusieurs de ses titres ont été dédiés à Dieu, et elle n'hésitait pas à longueur d'interview, à déclarer sa foi et à inviter tous à (re)trouver la foi.
C'est dans une atmosphère de suspicion et de méfiance que les obsèques de Joëlle C se préparent. L'insuffisance rénale évoquée par les médecins pour déterminer la cause du décès de l'artiste, ne semble pas satisfaire tout le monde.
Tandis que certains évoquent la sorcellerie comme étant la cause du décès, d'autres par contre parlent de négligence coupable de la part du pasteur de l'artiste qui, aurait décidé de soumettre l'artiste à des séances de jeûne et prières. Lesquelles séances auraient précipité sa mort alors que son état de santé était jugé critique. Que ce soit les membres de la famille, les fans, les artistes, tout le monde se pose une question : comment vont se terminer les obsèques de Joëlle C ce samedi 19 Avril à Grand-Akhoudzin. Nul ne le sait encore. Mais tous iront. Car personne ne voudra se faire conter l'évènement. Qu'à cela ne tienne ! A l'aube don de cet ultime adieu, retour sur la vie et l'œuvre de Joëlle Yaba Séka.
Une vie consacrée à la découverte de la foi
Sa rencontre avec Dieu a considérablement changé sa vie. «Joëlle Seka ne connaissait pas le Seigneur. Elle n'avait pas son soutien. Aujourd'hui, c'est une fille qui a donné sa vie à Jésus Christ de Nazareth». Affirmait-elle au cours d'une interview. Raison pour laquelle elle a décidé de changer de nom en 2002. Joëlle C, tel fut son nouveau nom. Un nom emprunt de spiritualité pour l'artiste qui ne fait plus rien sans se consacrer à l'Eternel. «Ma vie a changé, car transformée par la grâce de Dieu. C'est important. C'est une façon d'évangéliser ; de diffuser la parole de Dieu. Il nous dit de nous aimer les uns et les autres. Il est temps de se soutenir et de s'entraider en Côte d'Ivoire. Dieu m'a fait reprendre le dessus ; reprendre mes esprits et supporter la souffrance sans me briser. J'ai traversé des moments difficiles. Grâce à lui, je sais que je n'avance pas dans le vide. Surtout, dans ce milieu difficile du showbiz. Il me soutient partout où je passe, où je suis. Je suis comme marquée du sceau du Seigneur. » Paroles fortes d'une artiste touchée par l'onction divine. Depuis lors, elle ne fléchira plus. Malgré tous les soubresauts qu'elle connaîtra durant sa vie, Joëlle C ne flancha pas au grand étonnement de nombre de gens. Pour affermir davantage sa foi, elle intègre l'église du Bishop Kodja Guy Vincent : la MEGVIE (Mission Evangélique Grâce de Vie). Elle a même réussi à y conduire son fiancé d'alors, Anliou Diomandé. Une histoire qui lui a laissé des séquelles à cause de leur brusque séparation. En effet, Anliou l'a quittée en France pour une de ses danseuses. Même si elle fut abattue par cette trahison, cette situation n'a fait que raffermir la foi de Joëlle C en Dieu. Pour elle, c'était le plan de Dieu. Des années plus tard, elle a quitté l'église du Bishop Guy Vincent pour une autre église ; celle du pasteur Gnaly baptisée «la Tente de la rencontre». De Joëlle C, on retiendra aussi une œuvre inachevée.
Oeuvre inachevée : une contribution majeure à la renaissance de la musique Attié
La carrière musicale de Joëlle Yaba Séka ; son vrai nom qu'elle ne gardera pas à la demande expresse de son illustre compatriote Monique Séka, démarre au début des années 90. Elle commence dans l'orchestre de l'Armée de l'air ivoirienne (GATL) où elle est choriste. Joëlle C. fait également ses classes auprès de ses aînés du Tout-puissant Audiorama, ambassadeurs de la musique Attié (ethnie de la Côte d'Ivoire à laquelle appartient l'artiste). Elle suivait vaillamment leurs traces et avait redonné ses lettres de noblesse à une musique quelque peu tombée en désuétude. Son charme discret, son timbre vocal, son style ; un mélange de musique moderne épicée des ingrédients offerts par la tradition, faisaient de Joëlle C. un cocktail explosif sur scène. Elle avait attendu 2002, avec un opus au titre prédestiné «Prends-moi C' l'amour», pour que les ivoiriens fassent d'elle l'une des figures incontournables de la chanson ivoirienne. Un statut confirmé en 2004 par son Top d'or. Joëlle C a fini par convaincre par sa voix, son aisance sur scène et son énergie. Son 5ème album «Kita» sorti en 2007 avait confirmé l'immensité de son talent. Mais le 14 Février 2007, Joëlle C. quitte brusquement la terre des hommes. Selon le dossier médical, elle serait décédée des suites d'une insuffisance rénale. Une disparition qui laisse un goût d'inachevé aux nombreux fans de l'artiste. Elle est la 5ème artiste qui meurt en moins d'un an. Elle laisse néanmoins à ses fans, cinq albums ; un souvenir ému à ceux qui l'appréciaient et qui étaient tombés amoureux de sa voix qui faisait frémir. Quand Joëlle C. chantait, les anges n'étaient pas loin, dit-on. Maintenant, ils sont avec elle. Paix à son âme !
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