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Laurent Dona Fologo: "La crise passera"
Propos recueillis par Bamba A. Karim
Le président ivoirien du Conseil Economique et Social, M. Laurent Dona Fologo a animé le
Dimanche 8 juin dernier à Londres, une conférence publique sur la crise qui secoue son pays.
Avant de partir pour la France où il devrait également prononcer une conférence analogue, M.
Fologo s'est entretenu avec Réseau Ivoire.
Laurent Dona Fologo
Réseau Ivoire: Monsieur le président, comment va la Côte d'Ivoire ?
Laurent Dona Fologo: La Côte d'Ivoire va bien et elle continuera de bien se porter.
vous parlez avec un brin d'hésitation...
Pas du tout! Notre pays a traversé une crise profonde mais a su se ressaisir grâce à la bravoure des
Ivoiriens. Il n'y a aucune hésitation dans mes propos.
La situation sur le terrain ne semble pas traduire votre optimisme.
Quelle situation ?
Les incursions intempestives des forces libériennes dans l'ouest de votre pays par
exemple.
Cela n'est pas une catastrophe et il ne faut pas utiliser cela pour parler de chaos en Côte d'Ivoire. Vous
avez d'ailleurs pu remarquer qu'en ce moment même, les forces françaises et ivoiriennes y sont stationnées pour retablir l'ordre et
la stabilité. Il ne faut donc pas alarmer l'opinion sur cette question.
Justement, cette opinion ne comprend pas l'attaque du Libéria contre la Côte d'Ivoire.
Pouvez-vous nous en dire un mot ?
Ecoutez, seuls les libériens eux-mêmes peuvent expliquer leurs comportements vis à vis de la Côte d'Ivoire.
Je pense en ce qui me concerne, que la rébellion ivoirienne a sans doute des alliances dans ce pays et peut-être aussi des interêts.
Notre rôle à nous est de défendre notre patrie contre toute aggression extérieure et c'est ce que nous faisons.
Avez-vous une armée pour ça ?
(Rire) Bien sûr que nous avons une armée en Côte d'Ivoire et elle fait un excellent travail depuis le
début de cette crise. C'est d'ailleurs l'occasion pour moi de rendre homage au courage des FANCI ( Force Armées Nationale de Côte
d'Ivoire ndlr).
Ce courage n'est-il pas suffisant pour réconquerir les zones occupées par la rebellion ?
Nous n'avons jamais opté pour les armes dans la résolution de la crise ivoirienne. La situation actuelle n'est
pas le fait d'un manque de courage. On ne peut pas faire cette insulte à nos forces armées. Le président Gbagbo a préferé une solution
négociée à cette crise.
Et c'est vous qui avez conduit ces négociations à Lomé. De quoi parliez-vous exactement avec
des interlocuteurs en armes?
De telles rencontres ne sont jamais faciles. Nous savions par contre ce que nous voulions au Togo.
De quoi s'agissait-il ?
Il s'agissait pour nous de dire à la rébellion qu'elle se trompe de combat. Il fallait qu'elle dépose les armes
et respecter les institutions du pays.
L'ombre de M. Alassane Ouattara a-t-elle plané sur ces discussions ?
Comme je le disais tantôt, nous savions pourquoi nous étions au Togo. C'est vrai que les revendications de la
rébellions ressemblaient bien à celles du RDR mais nous avons discuté avec ceux qui étaient devant nous.
L'assaut du 19 septembre était-il selon vous une tentative de renversement du
régime en place ?
Je ne voudrais pas répondre à cette question. Vous les journalistes savez bien ce qui s'est passé. Mais le plus
important pour le moment c'est la paix et c'est dans ce cadre que je suis à Londres.
Monsieur le président nous achevons cet cet entertien...
Je voudrais vous remercier et vous encourager. Je suis moi-même journaliste et je pense que c'est le plus beau
métier au monde. Je souhaite que vous autres journalistes qui êtes la conscience des peuples aidiez notre pays. Nous comptons sur
votre courage. J'irai prochainement sur votre site pour voir et je vous écrirai pour donnez mon avis.
Le président Fologo a effectivement relevé l'adresse de réseau Ivoire au soir de cette interview.
Juin 2004
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