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Eugène Djué, l'un des co-auteur du livre "Rencontres avec Félix Houphouët-Boigny" avoue: « Houphouët-Boigny fût un grand homme »
Entretien realisé à Abidjan par Raymond Alex Loukou

A l'occasion de la dédicace du livre de Frédéric Grah Mel, EUGENE DJUE ancien sécrétaire général de la FESCI et actuel membre de la galaxie patriotique a bien voulu répondre à nos questions.

Eugène Djué
Eugène Djué

Monsieur Eugène Djué quand on sait que vous aviez été membre de la FESCI, lequel syndicat a été opposé au régime de Feu Houphouët-Boigny. Aujourd'hui vous témoignez sur cet homme. Quel sentiment vous habite ?

Cela me fait plaisir de faire connaître l'histoire contemporaine à mes contemporains et à mes descendants. Je voudrais leur dire ma part de vérité sur ce qui s'est passé avant eux. Je crois que la satisfaction que je tire c'est d'avoir contribué à écrire cette autre page de l'histoire sur l'homme. Je tiens à dire que le combat que nous menions n'était pas dirigé contre des personnes loin s'en faut ! Nous avions des idées à exprimer. Aujourd'hui personne ne peut le retirer de l'histoire de la Côte d'Ivoire et prétendre faire l'histoire de la Côte d'Ivoire. Houphouët-Boigny est un homme que les jeunes africains doivent connaître.

Au fond n'êtes vous pas un adepte de l'houphouëtisme ?

Vous voyez je n'aime pas cette expression qui par ces temps est un peu galvaudée et que le monde utilise d'ailleurs pour faire beaucoup de choses. Mais je pense que Houphouët a été le premier Président de ce pays. Il mérite donc à juste titre l'appelation de Père de la Nation. C'est une expression bien consacrée. Houphouët fait partie de ceux qui se sont battus pour que nos parents soient, pour que nous aussi nous soyons. En temps que jeunes, nous avons un devoir de mémoire, de reconnaissance, sinon on ne peut pas faire de la politique, sinon on ne peut pas faire de l'histoire. Loin de me dire houphouëtiste, je suis pour le respect des institutions.

Quel est l'héritage qu'Houphouët vous laisse ?

Je voudrais vous faire une confidence. C'est à cause du Bélier de Yamoussoukro que j'ai fait de la politique. Je l'ai rencontré pour la première fois dans les années 90. Lors de évènements de Yopougon, les autorités nous ont conduit vers lui pour décanter la situation. Lorsque j'ai pris la parole pour parler des conditions difficiles dans lesquelles les étudiants vivaient, il fut étonné. J'ai été choqué. Je pensais que c'etait une farce. mais le lendemain quand le ministre de tutelle a été révoqué, j'ai compris que ce n'était pas une farce. Houphouët n'était pas bien informé par son entourage. Il était donc sincère quand il a marqué son étonnement. Je retiens qu'il fut un grand homme malgré les séquelles de la maladie qui le rongeait. Il est une source intarissable pour toute la jeunesse africaine.

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