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Réseau Ivoire chez le président du G7: "C'est le FPI qui bloque la paix"
Interview réalisée par Bamba Abdoul Karim
Le Pr. Alphonse Djédjé Mady, Secrétaire général du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire, président du G7
(opposition coalisée) et porte parole des Houphouëtistes a reçu, Jeudi 21 juillet dernier aux environs de 16 heures, l'envoyé
spécial de Réseau Ivoire. 40 minutes ont suffi pour examiner la Côte d'Ivoire politique des 5 dernières années.
Interview réalisée par Bamba Abdoul Karim.
Le Pr. Alphonse Djédjé Mady
Réseau Ivoire: Quel est aujourd'hui l'état d'esprit du PDCI-RDA, 5 ans après la chute du président Bédié et de
son régime?
Pr. Alphonse Djédjé Mady: Un esprit conquérant. Nous devons donner à la
Côte d'Ivoire, l'occasion de
reprendre son dévéloppement après les effets catastrophiques du coup d'Etat et après cette guerre que nous traversons sous le FPI
(Front Populaire Ivoirien, au pouvoir, ndlr). Il nous faut redonner confiance aux Ivoiriens en gagnant les élections démocratiques
à venir et reprendre notre tradition de bâtisseur de la Côte d'Ivoire moderne depuis
Houphouët Boigny en passant par Konan Bédié.
Le PDCI se sent-il responsable de ce qui s'est passé ce jour fatidique du 24 décembre 1999? Aurait-il pu faire
quelque chose pour éviter la dégringolade du régime?
Le forum de réconciliation nationale n'était pas fait pour s'entendre.
C'était un forum de monologues"
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Ecoutez, tous les Ivoiriens doivent se sentir responsables de ce qui est arrivé. Puisqu'il s'agit d'une crise sociale, chacun doit
se demander ce qu'il aurait pu faire et qu'il n'a pas fait pour que la crise adviennent. Aucune société ne vit sans crise; mais c'est
la manière dont on gère les crises qui conduit la société à sombrer dans le chaos ou à rester débout. De tout temps, dans toutes les
sociétés il y a des crises, des incompréhensions, des situations qui, si elles sont mal gérées aboutissent à la catastrophe. Des
crises existaient au moment où le PDCI était au pouvoir; mais à force de savoir les gérer, la Côte d'Ivoire n'a pas connu la
situation que nous vivons en ce moment.
Cette chute du PDCI a tout de même été trop facile eu égard au temps de règne de votre parti
Le coup d'Etat s'est passé avec des gens qui étaient eux-mêmes militants du PDCI-RDA. C'est peut-être un coup d'Etat contre le
PDCI avec ses propres acteurs…
Peut-être? Pourquoi dites-vous "peut-être"?
(Quelques secondes de reflexion) Parce que… tout le monde ne peut pas reclamer le suicide. Je ne peux pas dire que le PDCI
était suicidaire; mais qu'on prenne tous les acteurs du coup d'Etat et on verra que ce sont des gens qui ont travaillé dans le
système du PDCI-RDA. Est-ce qu'ils y étaient avec le coeur ou de pure forme? À eux de répondre. C'est pourquoi je dis "peut-être".
Mais si ça s'est passé aussi facilement c'est parcequ'on s'est retrouvé avec un homme qui n'a pas voulu donner l'ordre à l'armée de
réagir et qui a laissé faire le coup d'Etat. Il suffisait que le président Bédié demande à l'armée d'intervenir au début du coup
d'Etat, mais il a voulu éviter des affrontements entre loyalistes et puschistes et la situation a évolué comme on le sait.
Revenons maintenant à l'actualité. Vous êtes secrétaire général du PDCI-RDA, président du G7 et porte parole des
Houphouétistes. Avec autant de casquettes Professeur, vous pourriez peut-être nous reveler votre diagnostic de l'état de la Côte
d'Ivoire. Comment va-t-elle?
On signe de bons accords et après, il y a quelqu'un qui ne veut plus respecter sa signature
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La Côte d'Ivoire va toujours mal puisque la guerre n'est pas terminée. La paix n'est pas encore revenue. Le pays est toujours malade.
Il n'est même pas convalescent, il est toujours malade puisque nous recherchons toujours des voies de l'apaisement général et de la
réconciliation. Tous les accords que nous signons s'appliquent avec beaucoup de difficulté. Vous avez vu que la semaine dernière, le
président de la république a dû utiliser l'article 48 parceque l'assemblée nationale a refusé de voter les textes. Ce n'est ni un
signe de bonne volonté ni un signe de bonne santé.
Ce que je trouve risible, c'est lorsque vous vous battez après un forum de "réconciliation nationale…"
Mais est-ce que vous pensez que c'était vraiment un forum de réconciliation nationale?
Ce n'est pas mon travail d'en juger, le PDCI-RDA y était et s'est exprimé…
Non mais, il faut en juger. Ce n'était pas un vrai forum de réconciliation nationale. Il y a eu des monologues. La nation a écouté.
Chacun venait dire ce qu'il avait à dire et il s'en allait. Pourqu'il y ait forum de réconciliation, les intervenants doivent
s'écouter et trouver une solution. Mais quand chacun vient, fait son numéro et va s'asseoir sans même écouter ce que dit l'autre,
on ne peut pas parler de forum de réconciliation nationale. Il y a une différence entre s'écouter parler et parler pour s'entendre.
Ce forum n'avait pas été fait pour s'écouter et s'entendre.
Le forum était-il vérouillé ?
Je ne dis pas qu'il était vérouillé. Il faudrait que cet entretien atteigne l'objectif qui doit l'être. Le forum s'est déroulé dans
un contexte qui n'a pas permis aux intervenants de se comprendre. Vous venez aujourd'hui et vous dites ce que vous pensez. Un autre
vient demain et dit ce qu'il pense et quand chacun a fini de parler, on dit le forum est terminé. Est-ce que cela veut dire que vous
vous êtes entendus? Il s'agissait peut-être d'un forum de monologue. Ce forum était mal conçu et c'est pour cela qu'il n'a pas donné
de résultats probants.
Est-ce parce que vous ne pouvez pas vous entendre en Côte d'Ivoire que vous vous retrouvez partout ailleurs à des
forums ou à des sommets? N'est-ce pas là un échec de la classe politique ivoirienne?
Les députés du FPI ne veulent même pas examiner les textes issus de Pretoria
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Je pense que la presse dans sa recherche de
compréhension doit aller dans le sens de l'existant et non du fictif. Lorsque des responsables se mettent autour d'une table,
discutent et trouvent un accord, on se dit à priorie qu'ils sont de bonne foi et qu'ils ont trouvé un accord qu'ils ont signé.
Quand ils reviennent, il faut se demander pourquoi l'accord ainsi signé ne s'applique pas. Ce à quoi nous assistons est que nous
signons de bons accords mais une fois de retour, il y a des difficultés à appliquer ces accords. Ce blocage est lié à la volonté d'un
ou de plusieurs de ces acteurs. Et c'est ici qu'il faut situer les responsabilités. Je viens de vous dire qu'au dernier sommet de
Pretoria il a été dit que les textes doivent passer à l'Assemblée nationale; mais les députés du FPI refusent de voter la loi. Le
président de la république a été obligé de prendre des mesures exceptionnelles. Qui bloque le processus? Le régime au pouvoir ou les
autres? Nous sommes des citoyens du monde. Et il faut que le monde apprécie. Autrement on dira: “qu'est-ce qu'il allait dire. Il ne
peut qu'accuser le pouvoir". Mais je n'accuse pas le pouvoir en place; je fais un constat. Les députés du
PDCI de l'UDPCI (opposition), les députés
indépendents (groupe parlementaire solidarité) sont pour l'application des accords et étaient prêts à
voter les textes. Les députés du FPI refusent même d'examiner les textes. A qui la faute ? Je ne parle
pas en tant qu'opposant mais plûtot comme quelqu'un analysant des faits. Pourquoi y a-t-il blocage dans l'application des accords
qui eux-mêmes sont bons sur papier et qui ont été signés par tout le monde? Personne ne peut préjuger de la bonne foi de quelqu'un
tant que cette personne n'a pas agit. On discute, on tombe d'accord sur une solution, on signe et quand on arrive, il y a quelqu'un
qui ne veut plus respecter sa signature, qui ne veut plus respecter son engagement. Je n'accuse pas le FPI parce que je suis de
l'opposition. Je note simplement des faits.
(A suivre)
Ndlr: Ne manquez pas la suite de cet entretien. Dans le second volet, en ligne vendredi prochain sur
reseauivoire.net, le président du G7 parle de la rébellion, d'Alassane Ouattara, de Konan Bédié et de la plate-forme des
Houphouëtistes. M. Djédjé Mady marque aussi un arrêt sur l'échéance du 30 octobre prochain. Honorez ce rendez-vous sur Réseau
Ivoire.
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