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Gnoula Edoxi Lionelle ( comédienne burkinabée ) : " Je rêve de jouer sur les plus grandes scènes du monde " Raymond Alex Loukou [ 13/6/2008 ]
Sur scène, Gnoula Edoxi Lionelle habite habilement le personnage qu'elle campe. Nous l'avons découverte au Festival des Arts pour la Jeunesse et l'Espoir de Grand-Bassam ( FAJES ) qui a eu lieu du 05 au 10 mai dernier.
Cette jeune autodidacte dans le domaine de l'art dramatique n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. Mieux avec la Compagnie" Les empreintes", elle entend faire le tour du monde avec la pièce" Germe de folie" pour exprimer son art. Découvrons là ...
Rezoivoire.net: Depuis quand êtes-vous dans le métier ?
Gnoula Edoxi Lionelle : J'ai quatre ans de vie professionnelle. Sinon cela fait huit ans que je pratique le métier. C'est depuis le Collège que j'ai piqué le virus de l'art dramatique.
Aviez-vous eu une formation adéquate ?
Je dirais que c'est au Collège que cette envie de faire du théâtre est venue. J'évoluais dans une troupe dénommée"Eclat de Sosaf". Après le Collège j'ai intégré une troupe de Ouaga.
Comment l'idée vous est venue d'en faire véritablement une profession ?
Je crois que tout est parti du Grand Prix National du Théâtre de Ouaga. Notre troupe a été classée 4 ème. A partir de là, ça été le déclic. L'idée d'en faire un métier a germé dans ma tête.
Comment les parents ont réagi face à ce choix alors que vous aviez la possibilité de faire un métier plus"juteux"?
Il faut qu'en Afrique on commence à respecter les métiers de la scène. La comédie c'est un métier comme tout autre métier. Au départ à cause des préjugés, les parents ont eu du mal à accepter mon choix, surtout ma mère. Mes sœurs ont même estimé que c'était de l'amusement et que j'allais vite me ressaisir. Des années ont passé et je suis encore là ( rires )...
Des grands moments qui vous ont marquée dans votre jeune carrière ...
En 2003, j'ai été choquée par l'attitude de mon mon metteur en scène. Je décide donc de quitter les planches. Pas pour longtemps, puisque je signe mon retour en 2004.
Je suis retenue à l'issue d'un casting par le Pr Jean-Pierre Guingane, directeur du Théâtre de la Fraternité pour jouer dans la pièce"Cendrillon". Avec cette pièce, j'ai participé au Festival des Franco à Mantes-La-Jolie. J'ai également joué à l'Institut international du Théâtre à Manille en Phillipines.
En 2006, j'ai joué dans la pièce"L'os de Mor Lâme"mise en scène par Issiaka Sawadogo. En 2007, j'ai joué dans"la bonne âme"de Brestch, mise en scène par la norvégienne Théa Sabel assistée par Ildever Méda.
Aujourd'hui par le biais de"Germe de folie"écrite et mise en scène par Abidine, je m'affirme davantage. C'est d'ailleurs cette pièce que nous avions jouée au FAJES.
Comment vivez-vous votre art au quotidien ?
Je vis comme tous les artistes sur le continent avec les joies et les peines. Nous devons faire face à des difficultés d'ordre structurel et existentiel. Nous nous battons pour faire avancer l'art en Afrique.
Les difficultés correspondent à quoi pour vous ?
Il y a le manque de contrats. Le non-respect des contrats. La politique culturelle qui ne rencontre pas souvent l'adhésion des artistes. Notre milieu est gangrénée par l'hypocrisie, l'injustice...
Si c'était à refaire ?
Peut-être que j'opterai pour la musique mais pour l'instant je demeure comédienne.
Un mot sur le Fajes.
C'est un festival qui a de l'avenir. C'est vrai que la première édition n'est pas facile. J'en profite pour féliciter les organisateurs du festival. C'est un engagement risqué mais qui vaut son pesant d'or. Nous avons joué devant un public enthousiaste même si ce public n'était pas trop porté sur le théâtre. C'était une autre expérience pour notre création de sortir du Burkina.
Un voeu.
Mon souhait le plus ardent, c'est de créer ma propre compagnie de théâtre. Rencontrer des grands metteurs en scène. Je rêve de faire les plus grandes scènes du monde. A force de travailler, j'ai foi que j'y parviendrai. Et puis, je ferai du cinéma, pourquoi pas ?
J'espère que notre prochaine tournée à Grenoble se passera bien.
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