
Stanislas Theby (président de l'ASCEC) : « Arrêtez de faire de faux procès a la C.E.I »
Le président de l'Association de la Société Civile pour l'Eveil des Consciences (ASCEC) se prononce une fois de plus sur l'actualité politique nationale en ce début d'année. Dans l'entretien qu'il nous a accordé, Théby Stanislas dénonce les attaques contre la Commission électorale indépendante (C.E.I), par la classe politique en l'accusant d'avoir mis en place, un nuage brumeux, qui ne permet pas une bonne lisibilité de la date des élections.
L'année 2009, que nous entamons, est unanimement reconnue par la classe politique ivoirienne comme celle des élections, en côte d'ivoire. Votre sentiment ?
Nous voudrions avant tout propos, présenter en ce début d'année, nos vœux les meilleurs, aux ivoiriens. Des vœux constitués essentiellement de moral et de santé de fer. Parce que tous, sont las et essoufflés, d'entendre et d'attendre ces promesses d'élections, considérées comme la porte de sortie de crise. Comme en 2008, nous reprenons notre bâton de pèlerin, pour sensibiliser nos décideurs, sur l'urgence de sortir notre pays et son peuple, du bourbier dans lequel nous sommes, depuis maintenant 07 ans et qui tend à nous emporter. Trop c'est trop, nous sommes en droit de le dire. La réaction de la classe politique sur ces élections est la même, chaque année, depuis le déclenchement de cette crise. On nourrie le peuple de faux espoirs et c'est une sauce amer, qu'on lui sert en fin de compte. Nous n'accordons aucun crédit aux dires de ces vendeurs d'illusions, qui sont insensibles, égoïstes et cyniques, devant le virage chaotique que prends leur pays et la situation désastreuse dans laquelle est installé son peuple, qu'ils aspirent tous, à gouverner.
Sur quoi repose les fondements de vos critiques qui sont acerbes, alors que du chemin a été fait, tout de même, sur la route qui mène à la paix ?
Voyez vous ? Parti au pouvoir, opposition et ex rebelles se côtoient au gouvernement et nous servent la comédie, quotidiennement. Tant que chacun d'eux, continue de bénéficier de façon égoïste et égocentrique de la manne nationale, la crise a de beaux jours devant elle et les élections peuvent être reporté à souhait. Qui vous dit qu'ils se préoccupent de nos souffrances? Chaque jour, on réfléchie, on développe de nouvelles stratégies, pour retarder le processus de sortie de crise. Maintenant, à cours d'arguments, ils se mettent tous à lyncher verbalement la C.E.I, tenu pour responsable de l'inorganisation des élections. On va même plus loin, pour traiter ses animateurs d'amorphes, d'hésitants, et d'incompétents.
C'est peut être insultant de la part de certains, mais ne croyez vous pas qu'il y a une certaine vérité qui se dégagent ? La dernière rencontre du cadre permanent de concertation (C.P.C), enjoignait à la C.E.I de donner un chronogramme clair et définitif, sur le processus électoral et une date précise des élections présidentielles, jusqu'à la fin du mois de décembre 2008. Nous expirons, la deuxième semaine du mois de janvier 2009 et c'est toujours le statu quo.
Nous vous exhortant à pousser plus loin votre compréhension de la situation dans laquelle se trouve la C.E.I. Elle a donné des raisons suffisantes qui méritent, qu'on lui accorde du crédit. Et ces motivations sont d'ordres financières, matérielles et humaines. Vous convenez avec moi, faute de salaires, que partout, on assiste à des manifestations des agents d'enrôlement. Comment comprendre, que c'est après avoir dénoncé ces handicaps, que la primature ordonne au ministre de l'économie et des finances, de débloquer plus d'un milliard, au profit de la C.E.I, pour éponger les salaires des agents d'enrôlement ? Bien avant, il a fallu que ces animateurs s'en remettent au facilitateur, le Président Blaise COMPAORE. Alors que dans le même temps, des proches du Premier Ministre avançaient officiellement, que la C.E.I avait les moyens de sa mission. N'est ce pas contradictoire ça? D'ailleurs, n'est ce pas le Premier ministre qui a annoncé, à la face de la nation, que l'argent pour les élections est disponible ? Où est donc subitement passée, cette somme ? Et si cela est, pourquoi le donner à compte goutte, aux responsables de la C.E.I ? C'est autant d'interrogations qui doivent interpeller chacun de nous, afin de comprendre que les hommes politiques doivent arrêter de faire un faux procès à la C.E.I. A les suivre, on se croirait en plein, dans une escroquerie d'esprit et que parler de l'existence de cette fameuse somme, n'était qu'une arnaque. Pour nous, la C.E.I manque de moyens financiers, matérielles et humains. Qu'on nous démontre le contraire et ce sont les ivoiriens qui seront les plus heureux.
Mais n'empêche, pour se donner suffisamment raison, la C.E.I pourrait rendre le chronogramme qui lui est exigé…
Nous ne sommes pas membre de la commission électorale indépendante, donc mal placé pour répondre, au nom de cette institution. Ce que nous faisons, c'est éclairer les uns et les autres sur certains faits, que nous jugeons intrigants et qui méritent d'être débattu par tous les ivoiriens, parce qu'il s'agit de leur pays et de son avenir, qui est train de se jouer. Maintenant, comment voulez vous, qu'une institution comme la C.E.I, à moins de paraître ridicule et peu crédible, puisse donner une date désormais et ne pas la respecter. C'est la énième fois, n'oubliez pas, que la date des élections est repoussée dans ce pays, depuis le déclenchement de la crise. Maintenant que l'euphorie est passée et les illusions mortes, tous les ivoiriens ont le regard tourné vers la C.E.I et elle sait qu'elle n'à plus droit à l'erreur. Surtout qu'elle est brandie comme bouc émissaire. Acceptez donc qu'elle voie des réponses satisfaisantes à ces préoccupations, avant de réagir et donner une date, cette fois, la dernière et définitive. Nous leur conseillons par prudence, de la placer, au dernier dimanche du mois d'octobre de cette année, pour cadrer avec la constitution, de sorte à se donner le temps, de lever tous les obstacles qui pourrais se poser sur le chemin des élections et ne pas donner de quoi à redire, à ses détracteurs, ces hommes politiques qui profitent de la crise et veulent la voir perdurer.
Vous qui défendez la C.E.I, trouvez vous normal que les enrôlements prennent fin à Abidjan, pendant que plus de la moitié des électeurs de la liste électorale de 2000 dans cette ville, ont été abandonné ?
Si vous estimez que notre position vis-à-vis de la C.E.I, mérite un commentaire particulier, c'est votre droit. Il est clair que dans le cas que vous relevez, nous allons encore vous décevoir, en prenant position pour cette institution. Nous imputons la faute à l'administration, de notre pays. Les nombreux électeurs abandonnés dont vous faites cas, sont en partie, des ivoiriens, nés en zone sous contrôle des forces nouvelles et dont les registres sont soient détruits ou soient disparus. Que voulez vous que fasse la C.E.I ? Pour nous, le redéploiement de l'administration doit être effective, afin que la reconstitution de l'état civil se fasse. Laisser l'administration judiciaire se déployé, afin de faciliter ce processus. Pourquoi, une fois ce processus engagé et terminé, la C.E.I refuserais t-elle d'inscrire ces ivoiriens sur les listes électorales. Nous estimons qu'elle travaille pour les ivoiriens et non contre elle.
Il ne faut pas perdre de vue que l'argent fait défaut…
Nous sommes de ceux qui pensent que ce pays a les moyens de financer en majorité, son processus de sortie de crise. Nous n'allons pas continuer à nous plaindre, alors qu'une partie des recettes financières de la côte d'ivoire s'accumulent dans les poches des seigneurs de la guerre, en zone sous occupation de l'ex rébellion. On cherche l'argent pour le désarmement, pour la reconstitution de l'état civil, pour la mise en place de la nouvelle armée, pour l'identification, pour les élections…etc. Réunifions les caisses de l'Etat et vous verrai que nous serons soulagés. Souvenez vous qu'un rapport de l'ONG Global WITNESS, du mois de juin 2007, relayé abondamment par la presse locale, fait état de 15 milliards, perçu par l'ex rébellion, sur le cacao. Qu'en est t-il, des autres ressources agricoles, minières, douanières…etc. Il est plus qu'impérieux, que les uns et les autres, arrêtent de bénéficier doublement des richesses de notre pays, c'est-à-dire, au nord comme au sud et nous font croire que les caisses de l'Etat, sont asséchées. D'ailleurs, des dispositions de l'accord 04 de OUAGA, que certains ont signé, une fois de plus, librement, il y a de cela quelques semaines, insistent sur la nécessité d'aller à l'unicité des caisses de l'Etat et l'ont programmé pour, le 15 janvier 2009, donc dans quelques jours. Tous les ivoiriens ont les yeux rivés vers les forces nouvelles.