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INTERVIEW

Stanislas Théby à propos du désarmement : « Référez vous à l'APO »
Interview réalisée par Jack Louamy | 18/12/2008

Actualité
Stanislas Théby

La guéguerre qui a court en ce moment, entre le FPI et les forces nouvelles, autour du désarmement avant les élections présidentielles, ne laisse aucun ivoirien indifférent. Dans cet entretien, M. Stanislas THEBY, président de l'Association de la Société Civil pour l'Eveil des Consciences (ASCEC) donne son avis sur le sujet.

Rezoivoire.net: La tension est montrée d'un cran, ces jours ci, entre le FPI, parti au pouvoir, et les ex rebelles, des forces nouvelles, sur la question du désarmement avant les élections. Le président du FPI, Pascal AFFI N'GUESSAN, a exigé des ex rebelles, un dépôt des armes immédiat et sans condition, avant la tenue des élections présidentielles. A la suite de quoi, nous avons assisté à des injures, le terme est exact, proférées par KONATE SIDIKI, porte parole des ex rebelles, à l'encontre du président du FPI, l'accusant même de comploter, à l'assassinat du Premier ministre, Guillaume SORO, par ailleurs, secrétaire général des forces nouvelles. Votre appréciation ?

Stanislas Theby: Nous voulons d'emblée déplorer et regretter le fait que, les deux parties signataires des accords de OUAGA, sensé nous ramener la paix définitive, en soit arrivé là ! Mais nous voulons souligner que la question du désarmement préoccupe tous les ivoiriens. Donc, tous, sommes invités à participer, à ce débat. Il s'agit de notre sécurité présente et future. Pourquoi considérer cela comme un sujet tabou, au point de créer des frictions, chaque fois qu'on en parle ? Nous nous interrogeons et ne comprenons pas, que ce qui relève de la simple logique fasse l'objet de tant de polémiques et d'hystéries. Tous ceux qui détiennent illégalement les armes ne vont pas s'imaginer qu'ils vont les garder indéfiniment. Parlant des accusations portées par SIDIKI KONATE contre Pascal AFFI N'GUESSAN, tant qu'il n'apporte pas les preuves de son accusation, nous considérons cela comme une action d'éclat, pour détourner l'attention de tous, sur le sujet essentiel du désarmement. Et nous souhaitons, dans ce cas de figure, qu'il a la modestie de lui présenter publiquement ses excuses. De même, nous souhaitons que les uns et les autres arrête chaque fois, au stade actuel de la situation et du processus de sortie de crise, de faire peur au peuple ivoirien, par des propos qui ont des rapports avec les armes et les tueries. N'ont t-ils pas assez fait de mal aux ivoiriens ? Nous pensons, pour taire les réfractaires au désarmement, qu'il existe des solutions connues de tous.

Qu'elles sont ces solutions, pour qu'ils en soient encore là, à se chamailler et à se tirer dessus ?


Ces solutions sont contenues dans les accords politiques de OUAGA. Et ceux-ci prennent en compte, et les milices du sud et les ex rebelles, de quoi débarrasser rationnellement notre pays des armes et contenter toutes les parties.

Qu'est ce qui est exactement en rapport avec ces accords et qui règle la question préoccupante du désarmement ?


Nous voulons parler du service civique, instauré par le point 3.3 des accords politique de OUAGA et ses modalités d'exécution, en ses points 3.3.1 et 3.3.2. Où il est clairement expliqué, que les deux parties aux accords, conviennent de ce que le service civique est destiné à encadrer toute la jeunesse de notre pays et à la former, en vue d'un emploi. Il y est mentionné, pour répondre véritablement à votre question, que ce service civique accueillera également tous les jeunes qui se sont familiarisés avec le maniement des armes pour les besoins de la guerre, dans le but de les encadrer et de les former pour les futurs emplois civils et militaires. Pour une situation aussi cruciale, nous ne comprenons pas pourquoi, jusque là, ce service civique qui se présente comme la solution idoine pour nous débarrasser des armes, n'est pas encore actionné.

Peut être un problème de trésorerie ?

Si c'est cela, alors on n'aura pas des élections libres, transparentes et incontestables. Nous sommes de ceux qui réclament le désarmement avant les élections et nous restons constant sur ce sujet. Pour nous, autant on investit dans le processus électoral, autant on doit en faire pour le désarmement. Cela va de paire. On ne peut parler de scrutins libres, si on doit voter avec un fusil à la tempe ! C'est tellement logique que nous ne voyons pas où il y a débat. Il faut passer maintenant, à la phase pratique du désarmement, comme l'exige le point 5.2 des accords de OUAGA qui invite le gouvernement, à opérer le désarmement et même à l'accélérer comme indiqué au point 3.2.2, des dits accords. Nos autorités ont l'obligation de mobiliser des ressources financières pour débarrasser notre pays des armes avant les élections. Et nous pensons que ce n'est pas cela qui manque, avec les ressources qui sont, chaque jour, engrangé dans la partie nord de notre pays par ceux qu'on appelle aujourd'hui les seigneurs de la guerre, qui on le constate, refuse l'unicité des caisses de l'Etat. Chaque jour, c'est les bruits de bottes et de canons, en zone forces nouvelles, avec récemment, la libération de prisonniers, par un commando, à BOUAKE, après les affrontements meurtriers de SEGUELA, pour les mêmes causes. Après toutes ces tragédies, qui ne sont pas prêtes de s'arrêter, doit on continuer, à refuser de désarmer avant les élections ? Nous sommes conforté à soutenir, que la côte d'ivoire court un grave danger, avec des hommes qui détiennent des armes illégalement. Devront nous demeurer dans cette situation indéfiniment ?

Certainement que les forces nouvelles craignent, qu'après avoir déposé les armes, elles ne soient affaiblies, donc se pose un problème de confiance

Si c'est le cas, pourquoi avoir accepté de parapher les accords de OUAGA qui posent clairement le problème du désarmement ? D'ailleurs, le problème de sécurité dont elles doivent faire cas, à la lecture des dits accords est réglé par le centre de commandement intégré, une force mixte qui regroupe les combattants F.N et les forces régulières. Ne fuyons pas le débat et reconnaissons que dans ces accords, de nombreuses garanties de sécurité existent pour tous les ex combattants et les milices du sud, avec le service civique et le centre de commandement intégré, pourvu que chacun y mettent de la bonne foi. Nous, nous pensons que le gouvernement dans lequel siègent les forces nouvelles et le Ministre SIDIKI KONATE, avec leur secrétaire général, Guillaume SORO, en qualité de premier ministre, si ils veulent vraiment la paix, comme ils le proclament chaque jour, ils devraient songer à bonifier le centre de commandement intégré, qui se présente comme l'embryon de la nouvelle Armée et passer à la phase pratique, du service civique. A moins qu'ils n'aient fait des promesses irréalisables à leurs combattants ! La preuve, pour la sécurisation du processus d'identification et d'enrôlement des électeurs, les forces nouvelles, conjointement avec ceux de l'armée régulière sont présente au nord comme au sud, alors, que veut on d'autres au point de continuer de traumatiser le peuple avec des armes ?

Pensez vous que tout le monde gagne dans le désarmement ?

Si ce n'est la mauvaise foi, tout le monde gagne dans le désarmement. Du côté des forces nouvelles, les supposés assaillants qui ne cessent de les attaquer, de façon régulière, cesserons de troubler leurs sommeils et ici, au sud, l'indice d'insécurité va baisser, parce que quoi qu'il en soit, beaucoup d'armes circulent et les criminelles sévissent avec des armes de guerre. Notons même qu'en zone gouvernementale, beaucoup de jeunes ont appris le maniement des armes et imaginez leurs réactions, s'ils n'ont aucune activité génératrice de revenus. Ce sont de nombreuses bandes de malfaiteurs qui vont se former. Alors, nous exigeons la mise en pratique du service civique, de sorte que du nord au sud, si quelqu'un dispose par exemple de 10000 combattants ou miliciens, si 9000 sont pris en compte par le service civique, les 1000 autres pourront intégrer la nouvelle armée. De même que les nombreux jeunes ivoiriens, sans qualification, qui pourront apprendre un métier, qui puissent leur garantir la pitance quotidienne. Il faut apporter, le maximum d'oxygène à notre environnement socio politique, qui est pollué. De plus, le désarmement des esprits et des cœurs s'impose, en créant les conditions du retour de tous nos soldats en exil. Il est grand temps que l'air frais de la paix souffle sur notre pays. Mais ce qui nous chagrine durement, c'est la duplicité de la classe politique, qui observe la côte d'ivoire mourir à grand feu, sans réagir.

Mais chacun apporte son grain de sel, par des critiques. N'est ce pas le président du FPI et certains autres leaders politiques qui ne cessent de soulever chaque fois, la question du désarmement avant les élections ?

Nous devons tous être en phase, sur la question du désarmement. Mais certains leaders et non des moindres, observe un silence qui continue de nous donner froid dans le dos. Si les hommes politiques pensent avoir obtenu leur désarmement, le peuple n'en a pas encore eu. Et c'est pourquoi, nous les invitons, pour la prochaine réunion du Cadre Permanent de Concertation, qui se tiendra, au mois de janvier 2009, selon les informations distillées par la presse, que ce sujet trouve une solution définitive, avec des dates précises, qui puissent être tenues. Dans le cas contraire, le peuple les attendra, à la date des élections. Comprenez que s'il n'y a pas de désarmement, le travail qu'abat en ce moment la C.E.I, pour nous conduire à des élections libres, transparentes et indiscutables, sera vain, par la faute des hommes politiques qui n'ont pas suffisamment de cran, pour demander que ceux qui disposent illégalement des armes les déposent, pour la sécurité de leurs électeurs. Leurs agissements perturbent même les activités de la Commission Electorale Indépendante.
A cette allure, qu'adviendra t'il, si ceux qui portent ces armes, ne voient pas leurs candidats vainqueur ? Les coups de canons vont tonner, comme on en voit depuis un moment et c'est même pas sur, qu'eux même s'en sorte saint et sauf. C'est donc une nécessité absolue pour nous tous. Nous ne voulons pas d'un autre Laurent N'KUNDA, en côte d'ivoire. Au sud comme au nord, les ivoiriens risquent d'être pris entre deux feux. C'est cela que nous voulons ? Qu'on nous prédise le contraire, avec les élections sans désarmement.

 

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