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Interview avec Alpha Blondy
Propos recueilli au Churchill Hotel par Bamba Abdoul Karim
Le plus célèbre chanteur de reggae africain vient de fêter ses vingt ans de carrière et n'a
rien perdu de sa fougue. Alpha Blondy qui était en concert au Royal Festival Hall de Londres
le dimanche 8 juin dernier s'est confié a Réseau Ivoire. L'entretien qui suit témoigne du
patriotisme de l'artiste qui a opté pour votre site face à d'autres demandes car disait-il,
«je veux parler à mes frères et sœurs de l'étranger.»
Alpha Blondy
Réseau Ivoire: Blondy, votre opposition aux dirigeants africains est
devenue presqu'une obsession. Est-il judicieux pour un artiste de s'engager d'une telle manière dans des débats
politiques?
Alpha Blondy: Non, je ne suis pas engagé. Ils m'ont engagé. Si
des individus xénophobes décident pour des raisons de patronyme, que vous appartenez à un parti politique, vous
êtes engagé malgré vous.
C'est dire que vous êtes engagé involontairement?
Je ne fais pas de politique mais quand vous les dérangez, ils tentent de vous discréditer
et pour vous barrer la route, ils élaborent une stratégie perverse et inique.
A qui faites-vous allusion quand vous dites « ils » ?
Je ne reponds pas a ça. Je sais que vous les connaissez. Je ne fais pas de
polémique.
Avez-vous des affinités avec le RDR d'Alassane Ouattara ?
Dites ce que vous voulez ! je n'accepterai jamais en tout cas, que les politiciens utilisent
l'ethnie à des fins politiques. Et cela est valable pour MM. Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Bédié et les
autres.
M. Ouattara semble revendiqué une nationalité que la loi ivoirienne ne
lui reconnait pas. Est-il obligé de présider aux destinées d'un peuple qui ne lui a rien demandé ?
(Agacé) C'est votre opinion. Je pense quant à moi, que tous les Ivoiriens ont le droit
d'aspirer au poste de président de la république. L'argument ethnique pour éliminer un candidat ne doit jamais être
utilisé car cela met en périle le pays.
Défendez-vous la candidature de M. Ouattara ?
Je trouve vos questions trop provocatrices. Je n'ai pas dit que je soutenais une candidature.
Avant on disait qu'un Bété ne pouvait pas être président en Côte d'Ivoire. A l'époque quand M. Gbagbo était un
exilé, je me suis battu contre cela. Et le jour ou j'ai demandé sur RFI la libération de Gbagbo après les événement
de février 1992, les journalistes m'ont traité d'élément subversif.
A propos de subversion, votre nom avait été associé à la fameuse charte
du nord. N'est-ce pas un élan séparatiste ?
(Menaçant) Si vous voulez qu'on poursuive cette interview, ne dites pas que je suis un
séparatiste. Mon engagement est fonction des réalités du terrain. Je ne suis pas un séparatiste mais l'Etat ivoirien
est un état séparatiste. Je n'appartiens à aucun parti politique.
Même si vous présentez a une conférence de presse avec un T-shirt frappé
du calicot du RDR ?
Cela ne veut pas dire que je suis RDR. J'étais trop agaçé par la presse . C'était un ras-le
bol. Le ministre de la défense l'a dit il n'y a pas longtemps.
Le ministre de la défense a ajouté dans sa déclaration que vous faites
des caprices …
Je ne fais pas de caprices . J'ai lu l'article du ministre et j'étais content car il est
plus intelligent que ceux qui se sont acharnés sur moi.
Merci Alpha Blondy d'avoir répondu a nos questions.
Merci aussi cher frère. J'ai été heureux de voir mes compatriotes au concert. Dites-leur
merci de ma part et a bientôt.
8 juin 2004
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