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Georges Aboké:" Je n'ai pas une âme d'assassin "
Une interview realisée par Bamba Abdoul Karim
Image Cesar Adohi

Nous vous proposons aujourd'hui le second et avant dernier volet de notre entretien avec Georges Aboké.

Georges Aboké
Georges Aboké

Rezoivoire.net: Aujourd'hui, vous êtes à la Présidence. Vous sentez-vous mieux ici qu'à la RTI ?

Georges W. Aboke: Je suis heureux la où je me trouve. Le président m'a confié un travail que j'essaie de faire sans tapage et avec la rigueur que cela exige.

Votre ascension fulgurante n'est-elle pas aussi une reconnaissance de la part du chef de l'Etat pour service rendu?

(Un peu surpris) J'avoue que je ne vous suis pas...

En octobre 2000, vous vous seriez opposés avec d'autres journalistes à la tentative du général Guéï de se saisir du pouvoir par le biais de la télévision...

C'etait une approche à la fois démocratique et nationaliste et non un soutien particulier au candidat Laurent Gbagbo. J'ai agi pour mon pays en me disant que c'est dangereux pour mon pays si des gens parviennent au pouvoir de cette facon. Les médias, notamment la télé et la radio sont les instruments sur lesquels repose generalement ce type de tentative de prise de pouvoir par la force. Je m'y suis opposé et je l'aurais fait dans n'importe quelle circonstance et quelque soit les candidats en présence.

En tout cas, Laurent Gbagbo a apprecié et n'a pas oublié...

Je repète que mon action n'était pas un soutien au candidat Laurent Gbagbo mais pour mon pays. Je n'avais rien de particulier contre le général Guéï Robert.

C'est vrai ca ?

Absolument! et je vous fais une confidence: alors qu'on était encore sous la transition, on m'a promis qu'après les elections, j'occuperais le poste de ministre de la communication.

Qui était l'auteur de cette promesse et pourquoi ?

Je n'en dirai pas plus.

M.Gbagbo ou le general Guéï?

Je n'en dis pas plus (rire).

Parlons un peu de votre rôle auprès du président. Comment le conseillez-vous et vous suit-il?

Je conseille le président de manière à l'aider à prendre des décisions justes pour le pays sur un certain nombre de choses. C'est d'ailleurs le rôle de tous les autres conseillers.

Laurent Gbagbo suit-il vos conseils?

Les conseillers conseillent et le président prend les décisions après analyse. Il n'est pas obligé de faire tout ce que disent les conseillers.. N'oubliez pas aussi que le président actuel est plus politique que tout.

Décrivez-moi une situation où le président vous a suivi et une autre ou il ne l'a pas fait.

Ca c'est une cuisine intérieure (sourire).

J'ai le sentiment qu'il y a trop de cuisiniers dans cette cuisine. Trop de casseroles aussi qui font trop de bruit. Que font tous ces gens auprès du président?

Je trouve votre jugement un peu sévère. Il n'y a pas pletorie de conseillers et chacun à un travail précis. Auprès du président nous ne sommes que deux.

La Première Dame a besoin elle aussi de conseillers?

Je pense que oui surtout que la Première Dame actuelle a d'autres fonctions comme celle de député, président de groupe parlementaire etc...je pense qu'elle a besoin de conseiller pour l'aider dans ses tâches.

Que pensez-vous de la presse ivoirienne?

Je la trouve mauvaise. Regardez tous ces journaux qui écrivent n'importe quoi. C'est vraiment dommage que nos journalistes n'aient pas compris leur responsabilité. Chacun écrit en faveur de l'homme politique qui finance le journal. On voit parfois des choses extraordinaires dans cette presse.

Cette irresponsabilité des journalistes n'est-elle pas aussi liée à la nature même de la politique intérieure ivoirienne et aux condition de vie du journaliste?

Absolument. Il y a tout cela. Chacun écrit en fonction de la dictée du propriétaire du journal.

Que faut-il faire?

Je pense que la presse doit être le domaine d'hommes d'affaires qui viennent financer la création d'organes d'information et qui payent très bien les journalistes. De tels hommes qui ne sont pas interessés par la politique ne chercheront pas à influencer les écrits des journalistes qui désormais travailleront dans de bonnes conditions et ne seront pas dans le besoin.

La télévision ivoirienne est aussi médiocre. Depuis la présidence, quel regard jetez-vous sur la grille et le contenu des émissions RTI?

Je n'ai pas envie de juger la RTI ni ceux qui y travaillent. La RTI aussi a besoin d'être refondée. Il y a beaucoup à faire. Si vous interrogez les Ivoiriens sur la qualité des émissions vous vous rendrez compte qu'ils ne sont pas satisfaits des émissions proposées. C'est également le cas de l'AIP dont le rôle est de fournir des informations aux organes de presse. L'AIP fait-elle bien ce travail? Les gens vous diront que non. Tout le secteur a besoin d'être refondé.

Qu'attendez-vous pour le faire?

Nous n'attendons rien. En vérite toutes les études sur ce plan sont achevées. Toutes les recherches ont été faites et nos propositions sont prêtes. La crise actuelle n'aide pas non, il faut le reconnaitre.

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