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FAITS DIVERS

Des sorciers avouent avoir « mystiquement » dépecé et distribué entre eux le corps d'une dame à Vavoua
AIP | 14/5/2009

Des membre d'une confrérie de sorciers accusés de vouloir tuer une dame gravement malade, sont depuis le 8 mai à Vavoua, l'objet d'une séquestration de la part de l'époux et les beaux parents de leur victime, après avoir avoué à la gendarmerie locale qu'ils ont « mystiquement dépecé et distribué »entre eux le corps de cette dernière pour se venger d'elle et de son mari.

L'affaire, selon des témoins, remonte à plus de deux semaines, lorsque la victime, Gbessi Véronique, gravement malade, fait un songe dans lequel elle est attaquée par un chien qui la griffe au niveau de la poitrine et emporte une de ses côte. Et pendant qu'elle se débat contre son agresseur d'animal, poursuit-on, un chat apparaît puis la mord au niveau des fesses avant de s'enfuir.

Dans sa course, le félin, « subit une métamorphose en se transformant en une femme qui est identifiée, au vu de son visage, par Gbessi Véronique comme étant une de ses tantes du nom de Tra Lou Cécile, une des accusés. La victime aurait également été menacée de mort deux jours avant son mal, par un autre des accusés, Djéli Bertin, suite à une dispute. « C'est toi qu'on cherche, dans trois jours, on t'attachera sur un arbre », aurait-il proféré à son encontre.

L'époux de Gbessi Véronique, Kolo Réné, qui, dit-on, recoupe ces informations, finit, après maintes réflexions, par soupçonner Tra Lou Cécile et Djéli Bertin d'être à la base du mal dont souffre son femme.

Les deux présumés sorciers ainsi que leurs deux conjoints respectifs, eux aussi accusés de complicité, sont alors enlevés par M. Kolo et ses frères, qui les conduisent manu militari chez eux, au quartier Johnson. Après plusieurs heures d'interrogatoire infructueux, les quatre présumés mangeurs d'âmes qui sont rejoints par une autre complice, Gnéan Thérèse, sont traînés par leurs ravisseurs à la gendarmerie, pour s'expliquer.

Acculé par les questions des forces de l'ordre, l'un d'entre eux, Djéli Bertin, craque et avoue leur mystérieux crime. Il explique, qu'il s'agissait pour lui et ses confrères de se venger du mari de la victime qui n'aurait pas payé la main d'un de ses co-accusés, Kohé Hubert (65 ans), par ailleurs époux de Tra Lou Cécile, qui lui aurait bâti une maison en banco.

Kohé Hubert, selon Djéli Bertin, n'aurait également pas supporté que M. Kolo, sous l'influence de son épouse, ait refusé de lui céder une partie de son lot, afin qu'il puisse y construire sa propre case. Il poursuit que M. Kohé lui aurait remis un bois servant à cuisiner le 'placali', un mets local, qui sert de « fusil de chasse dans le monde invisible » des sorciers, afin d'exécuter mystiquement l'épouse de M. Kolo. Tâche qu'il reconnaît avoir exécuté avec succès.

« Nous avons déjà dépecé son corps dont nous avons distribué entre nous les différentes parties », a confessé Djéli qui affirme que lui et ses complices sont disposés à reconstituer le corps de Gbessi Véronique. Djéli a toutefois réussi à prendre la fuite avec son épouse après ses aveux, abandonnant leurs complices aux mains de Kolo et ses parents qui les tiennent enfermés dans leur cour familiale.

Mais les sorciers affirment qu'ils ne peuvent plus sauver la vie de leur victime, Gbessi véronique, expliquant que Djéli et sa femme se sont enfuis avec leur part du butin, c'est-à-dire « un pied et un bras » de Gbessi véronique. « Ils ont déjà consommé leur part et nous ne pouvons rien y faire. Véronique (Gbessi) mourra », auraient-ils avoué.

M. Kolo et ses parents décident donc de séquestrer les mangeurs d'âmes, leur sommant de soigner leur femme et belle-fille avant de retrouver leur liberté. Les accusés, qui sont contraints de s'exécuter, donnent des soins à Véronique Gbessi, à l'aide d'écorces et racines de plantes cuits dans un canari.

Un passage du correspondant de l'AIP au domicile de Kolo René a permis de constater que Gbessi Véronique commence à recouvrer la santé. Les trois sorciers restants, quant à eux, demeurent « emprisonnés » au domicile de Kolo René.

 

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