
Liberté et Criminalité transfrontalière
Il faut la saluer cette jeunesse
!
Il faut lui rendre le mérite prométhéen d'avoir volé, au foyer des dieux, le feu lumineux de la liberté et de la substantialité durable qui fonde toute conviction sociétale.
« Salut ô jeunesse prévoyante du monde nouveau. Salut ô peuple futuriste aux ambitions grandioses. Novembre 2004
ou le mai 68 ivoirien, date qui nous fait passer du triptyque union_discipline _travail au parricide colonial ; logeant ainsi au cœur de notre historicité une logique nouvelle : celle des winners de causes nobles.
Il y a des temps où il faut savoir être indiscipliné car l'histoire a ceci de particulier qu'elle ne reconnait que les suppliciés de son édification ; les autres prenant le manteau de la couardise et de l'indifférence, préfigurent ainsi Epiméthée (où celui qui voit après coup) le frère de Prométhée, martyr de l'histoire.
Si le droit à la liberté est une exigence chantée par les grands courants du droit positif, alors la liberté doit s'arracher. Et son arrachement doit se constituer non comme une logique, mais comme un destin : ce qui est de l'ordre de l'inévitable.
L'histoire de l'humanité se reconnait en tant que n'étant pas bâtie par des grands hommes ou des hommes grands, il n'y a pas de grands hommes antérieures à son édification : C'est l'histoire même qui, pour déployer sa logique, se saisit des grands hommes pour se laisser aller dans le lit de sa logique. Cela nous emmène. Et Franz FANON, qui n'est pas trop loin de notre génération et de notre cause nous apprend ceci « Chaque génération, dans une relative opacité, reçoit une mission de l'histoire qu'elle se doit de trahir ou de remplir » La jeunesse ivoirienne a su remplir la sienne.
Ils sont nombreux, ceux d'entre nous qui y ont laissé leur plumes : mais c'est la vie et le Professeur MEMEL FOTE, grand combattant des libertés n'a pas manqué de le dire : « la vie, cette vie, celle que nous vivons gratuitement, a un prix : son prix, c'est le combat » le combat pour la liberté des esprits, des corps, des sociétés, des peuples, de l'humanité : celle (l'humanité) au procès de qui tous intègrent.
Novembre 2004 ou la barbarie de la France moderne nostalgique de son époque coloniale. Novembre 2004 ou la traîtrise d'une certaine génération moins douée (suivez mon regard). Sous d'autres cieux, cette résistance serait érigée en critère d'éligibilité aux présidentielles ; nous n'en sommes pas encore à ce point (Dieu merci).
Si pour les ivoiriens, la lutte menée, soit par des moyens ostentatoires, soit par des moyens diplomatiques, ne comporte aucune équivoque puisqu'il s'agissait d'une guerre d'indépendance nationale et de libération ; pour les Français, et pour la France, quelle en est la nature ? Ce n'est pas une guerre étrangère. Jamais le territoire de la France n'a été menacé : cela s'appelle alors une criminalité transfrontalière impunie.