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EDITORIAL

"Bene diagnoscitur, bene curatur"
Benoît Chemali | 28/10/2008


« Bene diagnoscitur, bene curatur » nous disent les latins : c'est-à-dire, « Bien diagnostiquer, c'est bien soigner ». Si ce que nous laisse la sagesse latine est crédible et audible, il faudrait surtout ne pas omettre de s'interroger sur celui qui pose le diagnostic.

A Bouna, en face d'une population dont la naïveté a été exploitée par une doctrine obscurantiste à vocation pouvoiriste, le premier de nos ministres a tenu un discours inutile sur un fait utile : la pertinence d'une visite d'état !

Une visite d'état, aux pieds de l'analyse, renverrait à une sorte de délocalisation momentanée et circonstanciée de l'exécutif dans une localité qui n'est pas celle où il réside traditionnelle : c'est une mission de travail du chef de l'état et de tout son gouvernement.

Mais à combien de visites d'état a-t-on assisté depuis 1959 jusqu'à 2008 ? Qu'est-ce qui servait de motivation à l'effectivité de ces visites ?

Les ivoiriens auront compris que les visites d'état ne sont pas de trop, mieux l'état devrait les motiver. Cependant, un discours de légitimation d'une visite d'état au moment de ladite visite laisse transparaitre deux options : soit, celui qui s'investit dans le rôle de légitimation n'avait rien à dire au moment où l'on le conviait au pupitre et dans ce cas, il serait de trop dans le staff qui accompagne le Président ; soit il a décidé de se moquer carrément au contribuable ivoirien aux efforts de qui s'effectuent ces visites.

SORO instruit les ivoiriens sur l'importance d'une visite d'état comme s'il en était l'inventeur croyant pouvoir dissoudre toutes les souffrances qu'il a du infliger à nos parents des zones CNO.
Et comme pour montrer qu'il n'en était pas satisfait, ses hommes ont refait le portrait aux fonctionnaires et agents de l'état redéployés sur le terrain pour avoir revendiqué leur droit à l'expression : O tempora, o mores !, autres temps, autres mœurs. ça doit être difficile le métier de Premier Ministre. Shalom !

 

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