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Balla Keïta garde encore les secrets de sa tombe…
De Bamba A. Karim

L'actualité ivoirienne l'a pratiquement extrait de nos mémoires. Il y a trois ans pourtant qu'est mort Balla Keïta; sauvagement assassiné dans une villa de Ouagadougou(Burkina Faso) où le ministre s'était retranché et jouissait d'un statut de réfugié politique.


Dr. Balla Keïta

Le drame a lieu dans la nuit du Jeudi 1er août 2002 aux environs de 22 heures (GMT). Ceci semble être la seule vérité dans l'énigme qui enveloppe la tragédie. Le reste est une suite de rumeurs, de demi-vérités, de fantasmes et de fictions. Souvent mêmes, les explications qui accompagnent le crime sonnent comme des annecdotes.

Suivons par exemple la version livrée par M. Abdoulaye Barry, le procureur général du Burkina Faso: "Le corps portait plusieurs blessures sur le dos et à la base du cou. Le coup mortel a été porté sur l'épaule gauche vers la région du coeur." On a l'impression d'écouter les résultats d'une autopsie alors même que celle-ci n'avait pas été pratiquée sur le défunt. Restons quelques secondes encore avec M. Barry: "La dernière personne à avoir rencontré M. Keïta était une femme avec laquelle il s'était longtemps entretenu. Ce n'est qu'après le départ de cette dernière que le domestique voulant le prévenir d'une autre visite a constaté qu'il ne répondait pas."

Comme au cinéma, dans les classiques des films policiers! Mais d'où viennent ces informations que livre M. Barry en déhors de toute enquête? De la mémoire du "domestique" apparemment. Ces informations hélàs ne sont pas crédibles et ne constituent même pas un début d'explication des circonstances du crime. Il ne faut pas faire jouer à un domestique des rôles déterminants dans un crime aussi odieux. Revenons un peu sur le défunt lui-même. Balla Keïta est un politicien remuant qui pouvait avoir de nombreux ennemis. Il réside au moment des faits, à Ouagadougou, dans une maison dite "villa des hôtes". Ici, Balla est politiquement actif. Il est tout de même le secrétaire général de l'UDPCI, le parti de Robert Gueï don't il a été le conseiller spécial sous la transition militaire. La résidence de Balla Keïta, "la villa des hôtes" n'est sans doute pas un domicile ordinaire. S'il y a un domestique, celui-ci n'est pas chargé de sa sécurité. "le domicile était constamment surveillé" a reconnu le procureur burkinabé. Alors, qui a tué M. Balla Keïta et comment l'assassin a-t-il eu accès à la demeure? Ah! La fameuse femme qui selon Ouagadougou, aurait laissé la dépouille du ministre derrière elle. L'UDPCI a également sa version: les tueurs seraient venus d'Abidjan. Ils se seraient fait passer pour des journalistes à qui le défunt aurait accordé une interview. Ce serait au cours de cet entretien que Balla Keïta a été assassiné. "domestique" a-t-il vu ces journalistes?

Comme on peut le remarquer, les tentatives d'explications ne manquent pas. Ce qui manque, c'est la vérité. La saura-t-on un jour? Je propose cette piste: Balla Keïta a été assassiné dans la nuit du Jeudi 1er août 2002.

Nous sommes à 1 mois et 18 jours de la rébellion ivoirienne. Au moment où meurt Balla Keïta, le contingent rebelle est bien sur le sol burkinabé, presque prêt à attaquer la Côte d'Ivoire. Ces rebelles ne sont rien d'autres que les hommes de Alassane Ouattara, Blaise compaoré et de Chirac. Leur mission est de perpetrer un coup d'Etat et renverser le nouveau régime ivoirien.

Pour ma part, l'assassinat de Balla Keïta temoigne d'une divergence de vues sur l'ultime objectif de cette rébellion.

Bamba A. Karim

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