Accueil   |  Contact 
Bienvenue à Réseau Ivoire
Le guide de la diaspora

Rencontre avec Kassy Assemian
Interview réalisée par Ida ZIRIGNON  [ 24/6/2007 ]


Kassy Assemian

Pour son premier article, « Portraits de la diaspora ivoirienne », la nouvelle rubrique signée par Ida ZIRIGNON, basée en France, est allé à la rencontre de l'ivoirien Kassy Assemian.

En France depuis trente ans, ce sociologue est le créateur d'Anib'wé, un espace culturel polyvalent accessible à un large public dédié à la culture afro - caribéenne en plein coeur de Paris. Un endroit où l'on peut découvrir les dernières nouveautés littéraires du monde noir, ou encore de jeunes peintres talentueux, autour d'un jus de bissap, en écoutant de la musique en live dans une ambiance conviviale… Tout un programme !

Ida ZIRIGNON: Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Kassy Assemian: Mon nom est Kassy Assemian, sociologue de formation. Je suis en France depuis 1976.

Quels sont vos rapports avec la Côte d'Ivoire, d'abord sur un plan biographique ?
Je suis né en Côte d'Ivoire. Je suis à la fois du centre et de l'est. J'y ai toute ma famille proche. Personne d'autre de ma famille ne vit ici.

Et sur un plan strictement familial, quelle est l'histoire récente de votre famille ?
Je suis originaire de la Côte d'Ivoire depuis la fondation. Mes grands parents et arrière grands parents sont ivoiriens. Je ne partage pas la thèse de ceux qui prétendent que certains groupes ethniques viendraient d'ailleurs. Je viens d'une famille de planteurs qui s'est implantée à Abidjan à la fin des années 50.

Avez vous des souvenirs de cette époque d'avant les indépendances ?
(Rires…) Oui. Je me souviens même avoir joué le match des minimes le jour de la fête de l'indépendance. On habitait Bassam. A l'époque, tout le commerce était aux mains des libanais, des syriens et des européens. Mes souvenirs d'enfance sont à Treichville, dans le quartier Apollo.

Avez-vous gardé des contacts avec des amis d'enfance ?
Oui. Je suis parti sans être parti. J'ai gardé le contact avec les amis de cette époque, à part ceux qui ont été rappelés par l'éternel. Quand je vais à Treichville, nous évoquons ensemble des souvenirs de cette époque, c'était les années 60. J'ai grandi à Abidjan mais comme mon père avait beaucoup de plantations surtout dans l'est du pays, nous voyagions beaucoup. Mes frères et sœurs eux ont grandi à Dimbokro. Quant à moi, je faisais souvent des aller et retour car avec d'autres, nous nous organisions par génération pour aller aider les parents dans les plantations. Il y avait un honneur à faire sa propre plantation quelque soit le lieu dans lequel on se trouvait. Le père disait « tu es un homme à présent mon fils, tiens cette parcelle t'appartient, cultive-la ». C'était une fierté d'aller mettre en valeur sa terre pour prouver à son père qu'on n'avait pas démérité sa confiance. Chez nous, on est planteur de père en fils quelque soit le métier qu'on exerce.

Quelles sont les circonstances qui vous ont fait quitter la Côte d'Ivoire ?
Moi je suis venu ici comme beaucoup d'autres à l'époque, pour faire des études. Mais je peux vous dire que mon voyage a été vécu comme un drame…

Pour quelle raison ?
D'abord, parce que chez les Agni, on voyage peu. Mes parents par exemple ont toujours été réticents à partir. Ils ne voyaient pas la nécessité de mon exil. Mais pour moi, indépendance ne veut pas dire rupture de relation, je reste attaché à mes racines. D'ailleurs, je me suis toujours opposé à faire venir ma famille (neveux, cousins etc.) ici parce que moi, je me suis adapté aux conditions que j'ai trouvé ici. Elles n'étaient déjà pas excellentes et elles le sont encore moins aujourd'hui pour me permettre d'arracher les miens à leur terre. Je pense que c'est par aliénation qu'on systématise l'envoi des enfants à l'étranger. La Côte d'Ivoire est un pays doté de structures capables de fournir à sa population, des raisons de rester là bas. A notre époque, ces possibilités n'existaient pas.

On vous sent très attaché à vos racines. Quelle place occupe la Côte d'Ivoire dans votre vie de tous les jours ?
L'exil rapproche. Plus l'exil se prolonge et plus l'attachement devient grand. Mon exil, qui n'a pas été obligatoirement désagréable, m'a poussé à me tourner davantage vers ma culture d'origine. Je vais très souvent en Afrique et je me considère Africain avant d'être Ivoirien. Je suis aussi à l'aise en Afrique du Nord qu'en Afrique centrale ou en Côte d'Ivoire. Je disais que je suis parti sans partir parce que je continue de m'occuper de mes plantations là-bas. Je donne de l'argent, oriente le choix des cultures, je vais surveiller la pousse. C'est ce qui m'aide à vivre ici. Et c'est un lien très fort qui me permet aussi de vivre là-bas. Comme ça, si je dois y retourner, je ne serais pas dépaysé ! J'ai gardé ma nationalité ivoirienne. Je suis tout simplement un Africain à Paris qui veut recréer son petit bout d'Afrique et le partager avec d'autres.

Qu'est-ce qui a motivé votre choix de rester en France à la fin de vos études ?
Vous savez, à la fin de mes études en sociologie urbaine, je suis retourné au pays. Alors que j'avais bien préparé mon retour, j'ai rencontré toutes les difficultés pour m'implanter. On m'a fait savoir que le poste que je sollicitais était occupé. A l'époque, ceux qui retournaient au pays n'avaient qu'une possibilité, être absorbé par les structures dirigées par l'Etat. Quand on vient d'ici avec une bonne dose de savoirs et d'expérience, on vous voit comme quelqu'un qui vient prendre un poste et non comme quelqu'un qui va apporter son concours au développement du pays. Les difficultés ne sont pas du seul fait des nationaux. Les bureaux d'étude existants étaient encore dirigés (et le sont toujours) par des expatriés, en l'occurrence les français. J'ai donc choisi de rester en France parce qu'en fin de compte, j'ai eu les mêmes diplômes ici que les amis français. S'ils vont occuper les postes chez moi, pourquoi je ne pourrais pas moi aussi occuper un poste chez eux ? On dit chez nous « Partout où on coupe le citron, on obtient son jus ». Pourquoi ne pas continuer mon travail et apporter ma contribution au pays. Je dois dire une chose : je n'ai jamais bénéficié d'aucune aide de mon pays, contrairement à ceux qui ont bénéficié de bourses d'étude. J'ai trimé, balayé les rues, mené deux activités de front y compris pendant les vacances scolaires pour payer mes études et envoyer de l'argent au pays quand c'était possible. C'est pourquoi, je pense que la question du retour au pays se pose dans des conditions différentes pour ceux qui sont redevables au pays. On ne négocie pas avec les mêmes armes.

Justement, que répondriez-vous à ceux qui continuent de penser d'un côté et de l'autre que votre travail serait plus utile là-bas qu'ici ?
Vous savez, il y a un véritable problème de mentalité dû à la corruption et au népotisme. Je refuse de me plier à ce système. J'ai une éthique et si le prix à payer est de rester ici, je resterai là. J'ai une autre notion de l'Etat et du service public. Je suis pour éradiquer cette mentalité contraire à nos structures traditionnelles. Pour parler de mon domaine, d'abord, le fait de travailler ici et de vivre dans un environnement très avancé au niveau technologique m'a certainement facilité la tâche. Ceci dit, il faut voir qu'en Afrique, il existe des maisons d'édition. Les gens se battent avec les moyens dont ils disposent. Ces maisons d'édition font du bon travail. Ensuite, mon projet à terme n'est pas de laisser ma maison d'édition éternellement ici. C'est aussi de créer une synergie entre une branche française et une branche africaine, pour essayer de développer dans les deux sens. Mais il faut savoir qu'à Abidjan, le terrain est déjà miné. Hachette, la maison d'édition française a la mainmise complète sur l'édition et sur la librairie. CEDA et NEI, sont contrôlées par Hachette. Pour les manuels scolaires, parce qu'en Afrique, l'édition marche grâce aux manuels scolaires, il y a des contrats de coopération, je ne sais pas comment ça se fait, qui donnent tout l'avantage aux éditeurs français. Si je retourne aujourd'hui en Côte d'Ivoire, je vais même être encore plus écrasé qu'ici parce qu'ici, la diversité de la concurrence me laisse encore un petit espace où je peux m'exprimer. Mais quand le moment viendra, quand l'opportunité se présentera, pour aller me battre chez moi, croyez-moi, je serais présent et là, je jouerai peut-être à armes égales avec tout le monde si le jeu est clairement établi.

Quel a été votre parcours pour en arriver à ce que vous faîtes aujourd'hui ?
Comme je vous l'ai dit, je suis sociologue de formation. J'ai d'abord exercé comme consultant spécialisé dans le développement social urbain ensuite, j'ai dû abandonner ma fonction pour me consacrer uniquement à ma passion des livres, de la littérature et de tout ce qui touche à l'histoire africaine. Une passion qui remonte à mes années d'étudiant, donc aux années 77-78. Il y a une sorte d'intermède, et puis là, j'ai repris en créant en 1998 mon premier « bar-librairie-salon ». En fait la première tentative a eu lieu en 1978 quand j'étais encore étudiant. L'idée d'un espace librairie, lieu de rencontre, m'a toujours habité. Je rêvais de récréer l'arbre à palabre comme au village. Je peux dire que c'était une aventure risquée lorsqu'on connaît le sort des librairies aujourd'hui…

Un espace culturel africain au coeur de Paris (Photo : BCDLabel.com)Justement, Anibwé est l'un des rares espaces culturels à Paris où l'on trouve des livres et ouvrages de la diaspora. Que signifie «Anibwé» ?
Anibwé signifie littéralement en langue Akan «les yeux ouverts» mais nous le prenons dans le sens de l'ouverture, vers d'autres civilisations, d'autres cultures. Le concept d'Anibwé fait écho à la fois à ma passion pour les livres et à mon désir de défendre les cultures afro caribéennes.

Que voulez-vous dire ?
Quand on regarde dans les grandes librairies, on remarque que peu de rayons sont consacrés à l'Afrique et au monde noir. De même que lorsqu'on cherche des documents qui se rapportent à l'Afrique ou au monde négro-africain, on s'aperçoit que l'offre est très réduite. Et donc mon intention était d'élargir un peu cette offre, de rassembler tout ce qui était éparse en un seul lieu pour faciliter la recherche des clients, et aussi pour développer et défendre ensemble la diversité culturelle que représente ce monde. C'est la même raison qui m'a amené à l'édition.

Vous devez être très sollicité, comment choisissez-vous vos auteurs et les artistes ?
Les auteurs et artistes sont choisis pour l'intérêt que comportent leurs œuvres. Il s'agit de faire se rencontrer un public, une œuvre et un auteur. Le choix des ouvrages s'effectue toujours selon trois critères : les fondamentaux qui sont les ouvrages jugés incontournables pour la compréhension du monde noir ; les nouveaux talents et nouvelles parutions sélectionnés ou proposés par les clients et les accessoires (beaux livres, humour, fiction). Mais il y a un autre critère : le dépôt fait par les nombreux éditeurs africains et autres petits éditeurs en mal de distributeurs. Pour les rencontres, le choix des intervenants se fait en générale en comité. Il arrive que les clients me fassent des propositions, ou des éditeurs pour la présentation de leurs nouvelles publications.

Que trouve t-on chez Anibwé ?
On y trouvera toutes sortes de livres, du best-seller comme le dernier livre de Fatou Diome ou de Safia Ottokoré, en passant par Cheikh Anta Diop ou Théophile Obenga, sans négliger les livres des "petits éditeurs". Car Anibwé c'est surtout permettre à de tous petits éditeurs d'aller à la rencontre d'un public d'afro-antillais sur des sujets aussi divers que l'esclavage, la colonisation, l'immigration, la musique, la politique africaine, la négritude et bien d'autres liés de près ou de loin au monde noir. Ainsi qu'à des écrivains, à des peintres ou à des musiciens d'aller à la rencontre d'un public de passionnés. Anibwé, c'est également un bar et une galerie où sont exposés quelques objets et des batiks. Les gens peuvent venir se rencontrer sans forcément acheter. J'ai des clients qui viennent vers 17h prendre un thé traditionnel. Ils ne m'achètent rien mais sont pleins de sagesse et nous parlons. On a toujours quelque chose à donner et à recevoir de l'autre mais les échanges ne sont possibles que si le lieu le permet… Chaque mois nous avons un programme de rencontre qui couvre le monde noir, et durant lequel on célèbre aussi bien les auteurs que des artistes noirs vivants ou disparus comme Camara Laye, Francis Bebey, Peter Tosh, etc. La Librairie s'est aussi lancée dans l'édition ou la réédition, parce que nous avons des classiques Africains qui sont en rupture de stock depuis plusieurs années et qui méritent d'être publiés. C'est une bataille de plus à mener parce que les éditeurs détenteurs des droits ne veulent pas les céder à ceux qui expriment le souhait de les rééditer.

On sait les difficultés que rencontrent les auteurs africains pour se faire diffuser et promouvoir en occident. Que pensez-vous des initiatives comme le « concours Jeunes Auteurs d'Afrique 2005 » auquel vous avez participé ?
Le problème, c'est que les auteurs africains restent souvent cantonnés dans des collections ghettos. Ils sont vus comme africains avant d'être écrivains. De plus, les choix reflètent la politique éditoriale des maisons d'édition ce qui fait que les auteurs noirs qu'on lit aujourd'hui ne représentent même pas le tiers de ceux qui ont quelque chose à dire sur le continent. Ces difficultés ne sont ni une malédiction, ni une fatalité, pour cela, il faut multiplier les initiatives et partager les talents africains avec d'autres. C'est tout le concept d'Anibwé, encourager, faire émerger, révéler d'autres talents.

Que pouvez-vous dire aux jeunes écrivains ?
Je dis ceci « Ecrivez, même si les portes sont fermées, elle ne le resteront pas indéfiniment. C'est par l'écrit qu'un jour, on va se réapproprier notre propre histoire ».

Quels sont les auteurs ivoiriens qui se vendent le mieux ici en France ?
Il y en a quelques uns : JM Adiaffi, Biton Coulibaly, Bernard B. Dadié, Véronique Tadjo et puis maintenant Tanella Bony, j'en oublie… Au niveau des essais, il y en a d'autres qui émergent…

Sur les derniers mois, quels livres d'auteurs ivoiriens vous ont marqué?
En tant que libraire ou en tant qu'ivoirien ? (rires…) Parmi les livres m'ayant marqué je citerai sans conteste « Sur la route de la liberté » de Mamadou Coulibaly. C'est un essai critique. Ce livre présente une analyse solide comme on n'en trouve pas beaucoup sur la Côte d'Ivoire et l'auteur, professeur d'économie et président de l'Assemblée Nationale prend quelque fois des positions très tranchées mais elles ont le mérite de clarifier certaines choses. Le livre n'est pas récent mais il marche toujours aussi bien. On devrait tous le lire…

On reproche souvent à ceux qui vivent ici de ne pas dire la vérité sur leurs véritables conditions de vie en Europe et d'entretenir en cela l'illusion sur le rêve européen, qu'avez-vous à répondre à cela ? Et que pouvez-vous conseiller à la jeunesse ivoirienne ?
C'est une très bonne question et vous devriez insister là-dessus. Nous les ivoiriens de la diaspora sommes responsables de cette situation et en cela, nous sommes des marchands d'illusions. Quand on va faire du m'as-tu vu au pays et que sous le soleil à 40° à l'ombre, on se promène en costard et qu'on fait croire aux gens que tout est facile en France, l'autre ne va pas nous regarder et continuer à vivre sa misère, il voudra venir ici pour aider sa famille. Quand je retourne au pays, on me dit « c'est pas possible, on dirait même pas que tu viens de France ». On dit que l'habit ne fait pas le moine mais au pays, il fait le moine. Alors, rentrer au pays les valises pleines parce qu'on a économisé toute l'année et se faire passer pour des gens importants alors qu'en réalité on balaie les rues ici. On fait croire que la France = eldorado. Qui ne veut pas partager ce bonheur ? Mais c'est aussi la responsabilité des gouvernements qui n'ont pas d'initiatives pour redonner de l'espoir à nos jeunes. Nos gouvernements devraient investir dans ces jeunes désoeuvrés. Si on ne se met pas à réfléchir à comment chacun peut apporter sa pierre à la construction du pays, on sait ce que ça donne. Les jeunes veulent partir à la recherche du bonheur dans des conditions qu'on connaît. Quand je vois ce gâchis, je suis écoeuré. Des gens vont là bas pour frimer, font venir neveux et cousins soit disant pour les aider, les familles se privent pour payer les billets d'avion et on sait les mauvais traitements qui s'en suivent une fois en France (souffrances, absence de papiers etc.).

Pensez-vous que la diaspora est acceptée et intégrée dans la construction nationale ?
Votre question appelle deux réponses : d'une part d'un point de vue de la population, d'autre part, du point de vue des structures étatiques. La diaspora espère son intégration (quoique je n'aime pas ce mot). Mais quand elle retourne avec des sous et qu'elle ne cherche pas un poste, alors tout va bien. Dans le cas contraire, il y a problème. La diaspora ne doit pas attendre qu'on l'intègre, elle y a sa place alors elle n'a pas à négocier quoi que ce soit. Elle doit s'en donner les moyens.

Mais le gouvernement a aussi une responsabilité dans l´intégration de la diaspora dans la production et le développement national…
Bien sûr ! Le pays ne pourra pas se développer seul. Une diaspora peut changer la donne. C'est pourquoi le gouvernement doit penser les moyens pour la faire participer pleinement. Compter sur les membres de sa diaspora, c'est considérer ceux-ci comme ses citoyens. Or, quand un citoyen ivoirien meurt ici, son gouvernement ne réagit pas. Tandis que si un français meurt à l'étranger, la France réagit. On singe les européens en installant des institutions comme le haut commissariat des ivoiriens à Paris mais sans aucun impact sur la vie des gens, ça ne sert qu'à aligner les gens sur les bords de la voie pour saluer le président en visite officielle ou organiser des cocktails. On a besoin d'organisme qui s'occupe vraiment de la diaspora. On ne peut pas continuer à organiser les gens comme on le faisait du temps du parti unique. Organiser la diaspora ce n'est pas partager le gâteau avec les gens en possession de la manne financière mais penser la diversité d'expérience pour voir comment servir le pays. D'un côté, la diaspora doit prendre sa place, de l'autre, il ne faut pas se tromper sur son rôle.

Avez vous un conseil à donner aux jeunes gens de la diaspora en fin de parcours ici et qui désirent retourner au pays ?
On peut quelque soit l'endroit où on se trouve se sentir ivoirien. On dit chez moi qu'un morceau de bois a beau séjourner dans l'eau, il ne devient pas un poisson pour autant. Ce n'est pas parce qu'on a obtenu un bout de papier qu'on ne doit plus se considérer comme ivoirien. La preuve en est que quand un ivoirien meurt, on retourne l'enterrer sur sa terre natale, ça devrait faire réfléchir les gens. On peut vivre ici et organiser sa vie là-bas. Même les français à l'étranger investissent dans leur pays. Par ailleurs, je ne crois pas du tout au discours sur l'intégration, mais ça, c'est une autre histoire… Nous sommes dans un contexte de mondialisation, on vient ici pour étudier mais ça ne fera pas de nous des français, des allemands ou des anglais.

Que mettriez-vous dans la définition du rêve Africain/Ivoirien s'il en existait un ?
Le rêve ivoirien. Je vais être simple et ce n'est pas par prétention. Le pays possède toutes les richesses pour donner un bout de bonheur à chaque ivoirien. Le rêve ivoirien, c'est faire en sorte qu'existe universités, écoles, routes etc. pour que chaque ivoirien soit fier de travailler et de vivre chez lui. Avoir cette base pour dire : « votre société est capable d'assurer le bonheur de chacun de vous ». Nous avons les bases nécessaires pour ça. Le rêve ivoirien est une réalité. Tout ivoirien doit souscrire à l'utopie sociale qui fait de la Côte d'Ivoire un pays riche où il fait bon vivre. La Côte d'Ivoire est un pays que beaucoup copient. Il y a 20 ans, nous étions un pays pionnier dans le domaine du réseau routier alors qu'aujourd'hui, tout ce départ a été anéanti par la sale guerre qu'on nous a imposée. Mais le rêve est possible.

Rendez-vous sur le site pour voir les dernières publications d'Anibwé.
Contact : Librairie Anibwé
52, rue Greneta
75002 PARIS
Tel : 01.45.08.48.33
Port : 06. 74.97.79.69
Site Internet : www.anibwe.com

Imprimez cet article
Envoyez cet article à un ami
 A lire également
   
  Condition d'utilisation | Proposer Réseau | Contactez-nous
Copyright © 2005 A.M.N Ltd - Tous Droits Réservés.
Hit-Parade