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VILLE ET VILLAGE DE COTE D'IVOIRE

Dikodougou
| 15/11/2006

Actualité

Comme Napieoledougou, la sous-préfecture de Dikodougou a été créée en 1961, et compterait environ 36 000 habitants sur 2 100 km2, soit l'une des densités les plus faibles du département (17 hab/km2). La sous-préfecture se compose de trois cantons et de plus de trente villages importants:

a - le canton de Dikodougou (20 villages) ;
b - Kadioha, site historique de l'islam régional (9 villages) ;
c - Boron (6 villages) dont l'actuelle implantation est située à une centaine de kilomètres au nord du bourg initial rasé lors des conflits armés de la fin du siècle passé.

A différents égards, Dikodougou bénéficie d'une position de zone intermédiaire. La souspréfecture est d'une part agricole, fortement spécialisée dans la production d'ignames, et d'autre part, pastorale, puisqu'elle accueille une partie importante du cheptel départemental ; un marché à bétail, d'un coût de 23 millions, a récemment été construit. Elle est située à égale distance de Korhogo et de Tortyia, disposant ainsi d'un double débouché pour la vente des vivriers. On doit noter que Dikodougou entretient des liens commerciaux forts avec Bouaké, tant pour son approvisionnement que pour ses débouchés, de sorte que la zone est loin d'être captive du pôle marchand korhogolais.

Ces atouts sont en partie à l'origine de la vocation urbaine de la commune, la plus importante du département en nombre de résidents, plus de 10 000 selon les estimations faites pendant l'étude10, occupant une superficie de 180 km2. Les connexions routières restent bien en-deçà de cette vocation, puisqu'aucun axe goudronné ne relie le chef-lieu aux grands centres urbains avec lesquels des relations économiques existent. La sous-préfecture dispose de 118 km de voies internes, toutes non bitumées. De même, le lotissement réalisé des huit quartiers de la ville ne suffit pas à faire émerger un tracé urbain satisfaisant.

Par rapport à sa population actuelle et aux enjeux d'urbanisation à venir, Dikodougou reste très largement sous-équipé. On dénombre dans la sous-préfecture 18 EPP de 72 classes, accueillant 2 400 élèves environ, dont un peu plus d'un tiers de filles. Des efforts considérables ont par ailleurs été déployés par les autorités locales et les populations pour créer, avec un soutien FIAU, un collège municipal comptant 473 élèves en 1997, dont moins d'un tiers de filles. En matière d'infrastructures de santé, la commune accueille un hôpital général de 10 lits et un dépôt de pharmacie. La voirie communale est défectueuse, l'accès aux villages rattachés devenant difficile en saison des pluies. L'électrification ne concerne qu'une partie du quartier Mairie, et les communications téléphoniques sont inexistantes.

De même que, les autres chefslieux du département, Dikodougou n'a pas les ressources budgétaires pour assurer son essor: son budget annuel est de l'ordre de 65 millions dont le tiers vient de la subvention d'Etat, la faiblesse des recettes propres tenant en partie aux difficultés de lever les impôts et taxes auprès des opérateurs locaux: les taxes du marché hebdomadaire de Diko procurent par exemple moins de 3 millions de recettes annuelles, soit 56 000 francs par jour de marché, sur un potentiel estimé à 4 millions.

 

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