
Le Mariage chez les Bété
Les Bété pratique l'échange généralisé, allant chercher leur femme "le plus loin possible". Le problème posé par le mariage est celui de l'argent: traditionnellement le mariage était à peu près la seule occasion de dépenses, rendant ainsi l'union d'une fille nécessaire et préalable au mariage d'un fils.
Deux circuits d'échange apparaissent: le premier est constitué par l'échange des filles, le seconde par celui des dots (défenses d'éléphants, bandes de coton, morceaux de fer allongés servant à la fabrication des armes et des outils). Ainsi existe pour chaque fille un lien étroit qui l'unit à ses frères; par mariage et son exil, elle leur permet d'acquérir une épouse. Très consciente de cela, la fille fait de son frère son obligé: les meilleurs moments pour une femme mariée sont, sans conteste, les retours au village paternel, chez un frère dont elle gouvernera le ménage en despote; la sœur en visite chez son cadet ne travaille pas, donne ses ordres à l'épouse ("notre épouse") qui prépare seule la nourriture et doit obéissance à sa redoutable alliée.
En droit, l'interdiction du mariage est limitée, pour un homme, aux filles qui ont même ancêtre que lui, c'est-à-dire qui sont membres du même kosu; pour une femme, aux descendants de cet ancêtre unique; les relations sexuelles sont interdites avec la fille de l'oncle utérin. En fait, cette exogamie en ligne paternelle n'est pas l'unique interdit: toute alliance avec les cousines croisées et parallèles est prohibée, donc avec toutes les filles appartenant au kosu de l'un de quatre grands-parents. Par ailleurs, un homme n'épouse jamais la veuve du frère de sa femme. Les filles sont très tôt "retenues" en vue de mariage, vers trois ou quatre ans, parfois à la naissance; un versement d'acompte est alors effectué. Actuellement, pour pallier des difficultés concernant le paiement des dots, le mariage par rapt, avec consentement de la fille, est fréquemment pratiqué.