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L'origine de Grand-Bassam

Les versions concernant l'origine précise de Bassam sont très variées. L'étymologie même du mot demeure l'objet de discussions. Selon le Professeur Niangoran Bouah, Ethno-sociologue, BASSAM n'est pas un village qui a donné son nom à la toute première Capitale de la Côte d'Ivoire.

Culture

Pour lui, deux thèses s'affrontent, s'agissant de l'origine du mot BASSAM, celle des N'ZIMA, selon laquelle BASSAM viendrait de BAZOUAM (l'appel à l'aide qu'aurait lancé une femme N'zima en difficulté à un Européen qui, par la suite l'aurait pris pour le nom de la localité). Ensuite, celle des Abouré de MOOSSOU qui dit que BASSAM vient de ALSAM ou crépuscule, en langue locale ABOURÉ.

ALSAM devint ensuite ABASSAM puis BASSAM par commodité linguistique.

Le nom ALSAM serait donc donné par les ABOURÉ, premiers habitants de la localité au campement qu'ils auraient installé à leur arrivée à la tombée du jour à l'embouchure du fleuve Comoé. C'est en faveur de cette dernière thèse que milite le Professeur Niangoran Bouah.

Origine des autochtones Abouré et N'Zima

Les migrations en provenance de l'Est, notamment connaissent une amplitude nouvelle au XVIIe siècle, à cause des ravages du commerce négrier qui se développait sur la Côte de l'or (GHANA).

Les Abouré, premiers habitants de la Commune de GRAND-BASSAM occupèrent la région s'étendant du fleuve BIA à la lagune ABY.

Fondant entre autres les villages de DIBI, d'ABOISSO, de WESSEBO et d’AHABAKRO première Capitale du Royaume qu'avait organisée le Roi AKA AHOBA, conducteur de la migration des ABOURÉ.

Les Agni-brafé qui sont les créateurs du Royaume du SANWI, entreprennent au début du 18e siècle la conquête du pays occupé par les ABOURÉ.

Vaincus, ceux-ci abandonnent la région de la B1A pour leur habitat actuel, dans le Sud-est de la zone côtière.

Là, ils se répartissent en trois groupes: les EHE du village de MOOSSOU, les EHIVE des villages de BONOUA et ODJOWO et les OSSOUEN ou EBLAPOUE du village d'EBRAH.

Toutes les sources sont d'accord pour dire que les ABOURÉ sont une fraction d'un sous-groupe ASHANTI venue de Gold-Coast, comme les premiers occupants du territoire de Grand-Bassam.

Ils furent rejoints plus tard, soit en 1830, au début du 19e siècle, par leurs cousins, les N'ZIMA venus eux-aussi du GHANA.

Dès lors, les deux peuples nouèrent des alliances matrimoniales.

Les N'ZIMA ou Appoloniens, furent donc accueillis à leur arrivée sur le site par leurs frères ABOURÉ qui leur cédèrent des parcelles parmi lesquelles : Petit-Paris, Quartier-France etc... de sorte que de nos jours, il n'est guère surprenant de noter que la population autochtone du territoire Bassamois se compose des ABOURÉ et des N'ZIMA.

Voici donc ces populations du littoral de la Côte d’Ivoire avec lesquelles les Européens établirent à partir de 1470 les premiers contacts.

Le peuple et ses activités

Avant l'arrivée des Français, seuls quelques campements de pêcheurs et de fabricants de sel occupaient le littoral entre les cases de fétiche.

Dès lors, pendant près de quatre siècles, durant la période de «PETITE MER», (de Novembre à Mai), les navires européens : Portugais, Français, Hollandais, Anglais ancrés sous voile, pratiquèrent le troc avec les populations du littoral. Les marchandises entre les naturels du Pays et les Européens se composaient pour les premiers, d'or, d'ivoire, de gomme, de peaux de léopard, d'épices, d'huile de palme, et plus tard, des esclaves; pour les seconds, des bras de fer, de la verroterie, de vieux fusils, de l'eau de vie, du tabac, des cauris, des ustensiles divers, de la «Guinée» (étoffe de coton), ou du tissu blanc et bleu venant des Indes etc...

Au 19e siècle, le troc s'effaça devant les factoreries.

Les premiers contacts avec les Européens

A partir de 1470, les Européens établissent les premiers contacts avec les populations du littoral de la Côte d’Ivoire. Ils sont attirés pour de multiples raisons :

Raisons économiques

Ils veulent découvrir de nouvelles voies d'accès aux richesses d'Extrême Orient (épices, soie etc...)

Raisons réligieuses et culturelles

Vulgarisation du christianisme et lutte contre l'expansion de l'Islam. Les progrès des techniques de navigation (boussole, caravelle, gouvernail, astrolable) faciliteront la découverte des côtes africaines dont celles de la Côte d’Ivoire.

Qui sont ces premiers Européens qui ont foulé le sol ivoirien avant la colonisation ?

Les Portugais

En 1469, c'est DA COSTA SOEIRO, un navigateur Portugais qui découvrit le site de Grand-Bassam avant d'aller se fixer plus loin à ELMINA en COTE de l'or ou GHANA actuel. Puis entre 1470 ET 1471, les Navigateurs JOAO_DE SANTAREM et PEDRO ESCOBAR accostent pour la première fois sur le littoral ivoirien.

Des villes ivoiriennes telles que SANSSANDRA, SAN-PEDRO, FRESCO rappellent leur passage.

Hollandais et Anglais

C'est à partir du 17e siècle que les Hollandais, les Anglais et surtout les Français prennent la relève dès-Portugais et mettent en place un trafic de plus en plus intensif.

Les Français

La Côte d'Ivoire n'offrait pas grand intérêt par rapport à la Côte de l'or (GOLD COST) qui était un enjeu important en or et en esclaves. Mais Anglais et Hollandais notamment occupaient les lieux.

Les négociants Français ont donc cherché à occuper ce vide. Cette occupation était facilitée par la présence dès 1637 de prêtres capucins de Saint Malo à ASSINDE: Les pères GONZALVEZ et LOYER fondent la mission d'Assinie.

C'est seulement à partir de 1842, à la suite d'un accord passé entre le Capitaine de Vaisseau Edouard Bouet Willaumez alors Gouverneur du Sénégal et dépendance et le Régent Péter Attekeblé du Royaume de Moossou que les Abourés, premiers habitants de Grand-Bassam ont commencé à la tête du territoire du Sénégal et ses dépendances, préserve et intensifie ces rapports commerciaux.

A partir de 1883, à l'arrivée d'Arthur Verdier, premier Résident de France à Grand-Bassam, s'ouvre le premier comptoir de commerce du territoire.

Un Wharf, le premier du genre, est construit dès 1897. L'opération a des retombées favorables. Le trafic maritime s'intensifie et attire toutes les grandes maisons de commerce.

Des maisons telles que la Compagnie Française de la Côte d'Ivoire (CFCI), la Société Commerciale de l'Ouest Africain (SCOA), la Compagnie Française de l'Afrique de l'Ouest (CFAO) etc.... celles que l'on appelait alors les «géants du commerce africain» installent des comptoirs à forte capacité de stockage et de distribution qui centralisent les produits ivoiriens (ivoire, or, bois, caoutchouc, palmiste, etc...) destinés à l'exportation. C'étaient également elles qui, en retour - et bien naturel-lement - alimentaient le territoire en produits manufacturés par l'intermédiaire de leurs succursales et Agences disséminées à l'intérieur du pays.

Ce commerce était si florissant qu'en 1923 l'administration coloniale décida de renforcer la capacité initiale du port, en mettant en place un second Wharf.

Des événements fondamentaux devaient cependant réorienter l'évolution et le destin de Grand-Bassam. Il s'agit de la construction en 1931 du Wharf d'Abidjan (Port-Bouët) et de l'ouverture du nouveau port en eau profonde d'Abidjan en 1951, après le percement du canal de Vridi. Ces deux nouvelles infrastructures ont porté un coup fatal à la vie économique de cette partie du littoral. Avec elles, le centre de l'économie de traite animé par les grandes maisons de commerce, se déplace de Bassam vers Abidjan, provoquant inévitablement le déclin de la capitale économique et du premier «fief» de l'Administration coloniale.

Les activités économiques de la cité

L'on peut dire que Grand-Bassam, naguère Cité prospère, est aujourd'hui une ville économiquement faible.

Le premier constat est la conséquence de la situation qu'a connue la localité avec le transfert sur Abidjan des activités portuaires liées à la construction en 1930 du Wharf de Port-Bouët.

Malheureusement pour Grand-Bassam, la construction de ce Wharf va susciter le transfert sur Abidjan de toutes les activités commerciales et portuaires et donner ainsi un coup d'arrêt à sa prospérité. Et depuis cette époque, Grand-Bassam n'a jamais pu se relever de ce coup du sort.

Aujourd'hui, l'activité économique reste modeste avec l'existence tout de même de quelques magasins tenus par des Libanais et quelques Africains, une seule Banque commerciale (La Société Générale de Banque en Côte d'Ivoire) et le tourisme.

L'inexistence d'activités économiques importantes dans la cité pose le problème de manque de ressources fiscales pouvant permettre à la Mairie de lancer des projets de développement.

Au niveau de l'équipement, il convient de souligner que très peu d'investissements ont été réalisés ces dernières décennies dans la commune par l'Etat. Qu'il s'agisse des Etablissements scolaires ou hospitaliers, qu'il s'agisse des infrastructures routières, la ville de Grand-Bassam vit une situation préoccupante pour les élus soucieux d'apporterun mieux-être à la population.

Une seule industrie

La seule industrie véritable qui a pu s'implanter à Grand-Bassam, dans le quartier de Moossou et qui y a d'ailleurs prospéré, c'est celle du bois animée par la Compagnie des Scieries Africaines (SCAF).

Cette Compagnie qui est l'une des plus anciennes sociétés d'exploitation forestière et d'industrie du bois de Côte d'Ivoire s'est implantée à Moossou à Grand-Bassam en 1918 et s'est notamment spécialisée dans la production de contreplaqués et de divers éléments de menuiserie (maisons préfabriquées), d'ébénisterie et de décoration (placages) et une gamme étendue de divers autres travaux.

Le coprah

Comprise dans une zone sableuse et marécageuse par endroits, la circonscription n'est ni riche en terre culture, ni en réserves de forêts susceptibles de favoriser le développement d'une agriculture de type industriel ou même familial.

Aussi bien au niveau des cultures d'exportation que vivrières, le cocotier est la seule culture qui puisse convenablement pousser dans la commune.

En 1973, environ 2.200 ha de cocotiers étaient plantés qui foumisaient près de 13.000 tonnes de coprah.

La masse monétaire distribuée aux planteurs au cours de la campagne de cette même année avoisinait la somme de 590 millions Francs CFA. Il faut dire qu'à son état actuel, l'économie cocotière ne peut pas prétendre répondre aux besoins toujours croissants des populations.

Le prix du kilogramme de coprah n'est que de 90 F actuellement.

Mais, ce n'est pas là que réside l'essentiel du problème qui se pose ici et qui, au niveau national touche d'ailleurs aussi certaines de nos grandes cultures d'exportation, c'est celui de la valorisation du produit.

La pêches

L'activité principale des autochtones Abouré, N'zima et Ehotilé est la pêche. Mais, cette activité pratiquée de façon artisanale ne nourrit plus son homme.

Aujourd'hui, l'ouverture définitive de l'embouchure paraît plus que nécessaire, si l'on veut que les lagunes et le fleuve Comoé redeviennent navigables pour le bonheur des pêcheurs. Car la présence desjacinhtes sur les eaux paralyse les pêcheurs dans leurs activités quotidiennes. Et puis le poisson est devenu rare dans la lagune et dans le fleuve Comoé parce qu'ils n'en reçoivent plus de la mer qui est leur principale pourvoyeuse.

Nul doute qu'avec l'ouverture définitive de l'embouchure, la pêche sera fructueuse à Grand-Bassam, à tel enseigne qu'on pourrait envisager la construction d'un débarcadère, et même un port de pêche.

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